Chapitre 36

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    Le soleil décline lentement, projetant une lumière orangée sur le ranch

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Le soleil décline lentement, projetant une lumière orangée sur le ranch. La journée touche à sa fin, et je reste dans la carrière avec Thunder. Je passe une main sur sa crinière noire, écoutant sa respiration lente et régulière. J'ai évité ce cheval pendant des mois. C'était trop lourd; un rappel constant de mon père, de ses attentes, de ses échecs et des miens. Mais depuis quelques semaines, Thunder est devenu mon exutoire. Les heures passées à ses côtés ne guérissent pas, mais elles apaisent.

Elisabeth passe dans mon champ de vision, une casquette vissée sur la tête. Elle traverse la cour, un seau dans chaque main. Son pas est décidé, mais je vois les épaules un peu basses, une fatigue qu'elle ne laisse jamais paraître totalement. Je m'approche de la petite américaine, Thunder me suivant d'un pas lourd. Elle lève les yeux, essuie la sueur de son front, et esquisse un sourire timide.

— Je croyais que tu n'avais pas besoin d'aide, lancé-je en m'arrêtant à quelques mètres.

    Elle plisse les yeux, me jaugeant comme si elle cherchait à deviner mes intentions.

    — Je me débrouille, répond-elle simplement.

Elle n'est ni froide ni agressive. Juste honnête. C'est ça qui m'étonne toujours chez elle : cette simplicité. Elle ne joue pas de rôle.

— Tu vas travailler encore longtemps avec lui ?

Je hausse les épaules, caressant l'encolure de l'étalon.

— Aussi souvent que nécessaire. Ça l'aide à garder la forme et moi, à me vider la tête.

Elle hoche la tête, visiblement intriguée. Ses yeux se posent sur Thunder, et je devine la question avant qu'elle ne la pose. Son regard s'adoucit en observant le cheval, comme si elle comprenait déjà une partie de ce que je n'ai pas encore dit.

— Pourquoi tu ne le montes pas ?

Je détourne les yeux, prenant une inspiration lente.

— Disons qu'on n'en est pas encore là. Pour l'instant, on travaille ensemble comme ça, et c'est suffisant.

Elle ne semble pas convaincue, mais elle n'insiste pas. Ses yeux restent fixés sur Thunder, comme si elle cherchait à le comprendre, à saisir ce qui rend ce cheval si particulier. Et je la laisse faire, étrangement curieux de ce qu'elle peut deviner. Cette fille a cette capacité à sentir quand il ne faut pas insister, et je ne sais pas si c'est un trait naturel ou une manière de se protéger elle-même.

— Il est impressionnant, finit-elle par dire. On dirait qu'il a... quelque chose en plus. Je ne sais pas comment l'expliquer.

Je hoche la tête, partagé entre l'envie de lui répondre et celle de changer de sujet. Thunder a ce quelque chose, un éclat brut, une force qui me renvoie au meilleur comme au pire de mon passé.

    Pas maintenant.

— Il a vécu pas mal de choses, dis-je finalement. Ce n'est pas un cheval comme les autres.

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