Chapitre 1

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	Une odeur étrange flotte dans l'air

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Une odeur étrange flotte dans l'air. Pas désagréable. Juste... inhabituelle. Un mélange de bougie boisée, de linge propre...

Quand je referme la porte de notre loft, le silence est feutré, à peine troublé par un morceau de jazz discret venu de l'étage. Derrière les immenses baies vitrées qui donnent sur Central Park, les phares des voitures dessinent des lignes blanches et rouges sur les murs clairs.

C'est ma petite bulle, un morceau de calme au cœur de la ville qui ne dort jamais. C'est chez moi.

J'étais d'astreinte ce soir — privilège des derniers embauchés — avec au programme deux chats, un golden qui a gobé une chaussette, et une perruche qui chantait l'hymne américain en boucle à qui il a fallu tailler les griffes. Mais heureusement, j'ai terminé plus tôt. Et j'ai une seule idée en tête : me glisser dans ses bras.

Je retire mes chaussures, pose mon sac dans l'entrée et monte le rejoindre dans notre chambre. En passant le couloir, un frisson me traverse. Je continue, le pas plus lent, les sens en alerte. La porte est entrouverte et dans le demi-jour... je les vois.

Les draps défaits, les corps emmêlés. La chevelure rousse d'une femme que je ne connais que trop bien.

Je ne bouge pas. Je crois que je ne respire même plus.

— Lilly ?

Nathan se redresse d'un coup, le visage figé dans une expression que je ne lui connaissais pas : la peur. Pas la peur de me perdre, plutôt celle d'avoir été pris en flagrant délit. Joyce bondit hors du lit, empoigne le drap pour couvrir sa nudité et recule, comme si je représentais la moindre menace pour elle. Ses joues rougissent et ses gestes sont maladroits. Elle ramasse ses vêtements dans un silence tendu.

— Tu... tu n'étais pas censée rentrer maintenant, balbutie Nathan, en tentant d'attraper ses vêtements à l'aveugle.

Il trébuche presque en enfilant son t-shirt à l'envers, les gestes saccadés, persuadé d'effacer l'évidence à coups de tissu. Autour de moi, tout se rétrécit, se tasse, se concentre dans quelques détails qui me frappent plus violemment que n'importe quelle explication : la lumière dorée de la lampe sur les draps défaits, les plis encore creusés là où leurs corps se touchaient, l'odeur étrangère d'un parfum sucré qui n'est pas le mien – et son visage à elle, à moitié tourné que je reconnaîtrais entre mille.

Joyce. Son assistante, impeccable en toutes circonstances.
Le genre de femme qui s'installe dans les silences et qui s'insinue dans les failles.
Je l'ai vue approcher, lentement mais sûrement. Et cet idiot n'a rien fait pour l'arrêter.

La vérité s'abat sur moi comme une vitre qui se brise d'un coup sec, laissant des éclats invisibles jusque dans ma poitrine.

— Je peux tout t'expliquer, commence-t-il en faisant un pas vers moi.

Un rire m'échappe, un réflexe nerveux qui me surprend autant que lui. Je sursaute à ma propre voix, incapable de dire si je suis à deux doigts de m'effondrer ou de hurler.

Australian CrushOù les histoires vivent. Découvrez maintenant