Chapitre 46

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    Le mois d'avril a tardé à arriver, et apporte avec lui un vent de changement

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    Le mois d'avril a tardé à arriver, et apporte avec lui un vent de changement. Le ranch tourne à plein régime, les nouvelles terres sont prêtes, les enclos tiennent bon, et le troupeau a pris ses marques.

    Quatre mois que je me lève avant l'aube et que je m'endors après minuit, que je tiens ce ranch à bout de bras, sans relâche. Nos terres s'étendent à perte de vue, une mer d'ocre et de jaune sous le ciel immense. Ce paysage n'a rien de facile, mais il est mien, et il me rappelle chaque jour pourquoi je me bats. Il faut que tout soit prêt d'ici quelques semaines. Tout est sous contrôle. En apparence.

    Moi, en revanche, je suis à bout.

    Je pose mon pied sur la clôture fraîchement installée, siffle pour appeler Lexi, qui trotte vers moi, le regard fixé sur le troupeau qui paît tranquillement. Ces trois cent nouvelles têtes, je suis allé les chercher à quelques centaines de kilomètres d'ici, à un prix que d'autres auraient trouvé déraisonnable. Pas moi. C'était un pari osé, mais je savais qu'il fallait investir. Ce ranch a besoin d'évoluer, de s'agrandir. Chaque tâche en entraîne une autre, et c'est exactement ce que je veux. Les enclos ne vont pas se réparer seuls, et le système d'irrigation que j'ai installé a besoin d'un entretien constant pour s'assurer que tout fonctionne avant la haute saison.

    Du mouvement, pas de place pour le vide. Travailler jusqu'à l'épuisement, c'est la seule façon de ne pas penser à ce qui me manque.

    À elle.

    La maison est silencieuse quand je rentre. Pas la maison principale où ma mère et Cassie vivent toujours, mais la mienne. Je l'ai achetée mi janvier, sur une plaine à quelques kilomètres du ranch. Elle est suffisamment éloignée pour avoir un peu d'espace. Ce n'est pas grand, mais ça fait le travail. Un salon ouvert sur une cuisine, une salle de bain et une chambre avec une grande fenêtre qui laisse entrer la lumière du matin.

    Je me pose sur le canapé, juste pour souffler, et me demande ce qu'elle fait, là-bas, à New York. Si elle a retrouvé cette vie qui lui manquait tant.

    Si elle pense à moi.

    Je secoue la tête et me redresse, mais ça revient quand même, chaque soir. Et à chaque fois, je me bats pour ne pas céder. Parce qu'au fond, je sais qu'elle est mieux là-bas. Et que moi, je suis fait pour être ici.

***

    Le lendemain matin, je suis déjà sur le terrain. Nicholas arrive un peu plus tard, accompagné de Cassie, qui descend du pick-up avec son éternel sourire en coin.

    — Tu passes manger tout à l'heure ? me demande-t-elle.

    Je hoche la tête sans répondre, et elle soupire, clairement agacée par mon silence. Elle me suit du regard tandis que je m'approche de Nicholas pour vérifier les chiffres du troupeau.

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