La journée avait filé comme du sable dans un sablier, il était déjà vingt heures et je n'avais pas vu le soleil se coucher. Arthur peut rajouter "distrayant" sur son curriculum vitae. Je cherchais via Google les taxis disponibles dans la région, sans résultat probant. Cette après-midi chez Kaminski s'était tellement bien passé que j'en avais oublié mon train. J'en suis maintenant persuadée... Mon second prénom doit être "tête en l'air" pensais-je en passant l'une de mes mains sur ma frange rideau. Alors que j'étais en pleine réflection, fouillant Lyft et Carta, Charlie m'attrapa maladroitement mon smartphone avec ses mains dégoulinantes de caramel. Une moue dégoûtée arbora mon visage pâle.
- Mais ?! Heu ! Mon téléphone ! Il va être tout collant ! Dégueu... Arthur ne résista plus et se plia de rire, les mains sur son ventre, le tenant comme si ce dernier allait rompre sous le choc tandis que Charlie se léchait les doigts.
- Archou peut te conduire chez toi. Pas vrai ? Demanda-t-il ou plutôt imposa-t-il sans demander si Arthur était d'accord.
- Archou ? Demandais-je étonnée avant d'arborer un rictus amusé. L'intéressé cacha son visage avec sa coupe, vide.
- Je te tue quand Charlie ?! Grogna Arthur, le visage toujours caché par son récipient en verre. C'était drôle de voir qu'il pouvait être si vulnérable, touché par une simple phrase. L'arrogante tignasse blonde était-elle humaine ? Il releva la tête légèrement, ce qui me permit de voir ses yeux. Je les adorais autant que je les méprisais. Ses prunelles me sondèrent silencieusement. Grâce à la lampe suspendue juste au-dessus de notre table, j'ai pu réellement voir ses yeux pour la première fois. Pas de spot trop fort ou d'halo coloré. Je pouvais enfin voir ses joyaux qui m'affectent tant. J'avais l'impression de confronter deux blocs de glace, deux falaises de quartz ayant été frappées par la foudre. Deux orbes bleus gris. Je pouvais dire au revoir au rouge. Le bleu avait d'or et déjà fait fondre mon cœur.
- Je vous dérange ? Dit Charlie, posant mon téléphone sur la table. Je sortis de ma transe et remarquai qu'Arthur avait également les yeux ancrés dans les miens. Aussitôt, j'évite son regard et observe mon téléphone. Je grimaçais une énième fois.
Après un bref passage aux toilettes, une tonne de savon au miel, d'eau et de papier essuie-tout mon téléphone retrouva sa splendeur originelle, mais il sentait le caramel à plein nez. Je sortis des sanitaires et rejoignis Arthur et Charlie devant la devanture du glacier. Charlie m'afficha un sourire qu'un enfant fier d'avoir commis une bêtise. Je soupirai face à sa connerie et m'approchai d'eux. L'air était chargé. Le ciel était maintenant sombre, le soleil allait se coucher et une masse nuageuse avait surplombé les abords du lac Cooper.
- Il risque de pleuvoir... Dis-je en tenant la paume de ma main vers le ciel.
- Je ne savais pas que tu t'appelais Dylan Dreyer ? Se moqua Charlie.
- Elle n'est pas blonde imbécile... Soupira Arthur.
- Roux et blond vénitien, c'est la même chose ! S'écria Charlie.
- CE N'EST PAS LA MÊME COULEUR DÉBILE ! Haussa le ton Arthur.
- En plus, ils sont auburns ducon, tu as eu tes notions de colorimétrie dans un paquet de twinkies ? Nargua Arthur. Ayant les cheveux blonds, il devrait sûrement avoir eu l'habitude de recevoir ce genre de remarques pensais-je malgré le fait que sa tignasse était dépourvue de reflets cuivrés. Les siens étaient blonds foncés avec des reflets dorés comme les blés et les quelques mèches encadrant son visage commencent à onduler, signe que l'humidité ambiante avait augmenté.
Ma main toujours tendue vers le ciel, quelques gouttes tombèrent au creux de ma paume, noyant petit à petit chacune des lignes habillant ma main. Il pleuvait. Un sourire naïf et enfantin habitait mon visage. J'ai toujours adoré la pluie, surtout son bruit. J'eus le sentiment d'être la seule à aimer ce changement de temps. De nombreuses personnes coururent dans la rue commerçante, ayant pour mission de se mettre à l'abri. Même les personnes munies d'un parapluie semblèrent pressées de se couvrir. L'affluence eut l'air de mettre Charlie en alerte. Il grogna, semblant se maudire lui-même pour son étourderie. Il est vrai que Charlie et moi n'avons pas encore de permis. J'étais actuellement en train de le potasser, quant à Charlie... Il avait carrément délaissé la chose après avoir failli écraser une vieille dame. C'était déjà une faute grave en sois, mais son monologue pour expliquer sa faute l'on rayer de la liste de plusieurs auto-écoles locale : "Une personne portant du léopard doit être soit atteinte de cécité, soit cherche à se faire rouler dessus pour excès de faute de goût sur la voie publique."
J'aurais aimé être une petite souris lors de cet interrogatoire. D'un air faussement gêné, Charlie nous offre un sourire étriqué et court lorsqu'il voit son bus tourner dans notre direction, moins de cent mètres plus loin.
J'étais à nouveau seule en tête à tête avec Arthur. Ses joues étaient encore légèrement rouges de par la gêne vécue il y a quinze minutes. Son nez quant à lui tournait au cramoisi. J'en connais un qui va avoir un rhume demain matin.
- Donc... Tu comptes rentrer comment ? Demande t-il pour écraser ce blanc qui pesait sur nos épaules.
- Je pensais prendre le bus... Le dix en direction de river avenue pour arrivée à la gare et de là, je vais improviser et prendre un Lyft.
- Hors de question. Cracha-t-il sans animosité dans la voix. Il me toisa et d'un vif geste de tête, il m'invita à le suivre.
Je suivis rapidement ses pas, sautillant comme je le pus entre les flaques d'eau naissantes. Je commence à regretter que l'on soit venu à pied jusqu'au glacier. Dix minutes, à plein, quand la météo est clémente, c'est agréable, mais là ? Je sentais déjà que mon haut se faisait de plus en plus humide et que le tissu n'allait pas tarder à fusionner avec ma peau.
Seules nos respirations, le bruit de nos pas et le clapotis des gouttes sur le bitume animèrent le quartier commerçant de Charleston. J'eus du mal à suivre Arthur, ce dernier sembla le comprendre et ralentissant son allure. Ce petit jeu sembla le fatiguer et je pris les devants. J'agrippe l'une de ses manches, me permettant de ne pas le perdre dans cette foule de gens, désireux eux aussi de retrouver le réconfort de leurs foyers. Malgré le fait que sa veste était trempée par le torrent d'eau s'écoulant sur nous, cette dernière était chaude, imprégnée de la chaleur corporelle de mon futur conducteur. Ma prise sur son avant-bras n'était pas agressive, elle était assez forte pour qu'il sache que je suivais ses pas. Après ce qui me sembla être des heures durant, je vis au loin Waterfront Park. Un attroupement s'était organisé non loin. Interloquée, je jetai un regard à Arthur qui quant à lui, semblait savoir exactement ce qu'il se passait. Il attrapa ma main et me tira vers le Palmetto lobby bar et ses lumières.
***
Après un long moment sans écrire (Faux, je ne postais pas mais je suis rester active hehe). J'espère sur mon histoire vous plais autant que j'aime l'écrire. Je sais que les gens lisent beaucoup de Dark Romance et j'espère que ma Slow Romance vous redonnera envie de lire des romans tel que le mien. N'oublier pas qu'une playlist ce trouve au début du livre avec toutes les musiques qui m'ont inspirer et les chapitre conseillers pour leurs écoutes.
XoXo
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Ink and Paper
RomanceEt si l'amour ne se trouvait pas sur un trottoir mais sur un ticket de cinéma et derrière de multiples clichés provenant d'un photomaton ? Et bien, c'est comme ça que l'amour frappa à la porte d'April, une jeune fille travaillant chez un photographe...
