44- Winter

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                                       Winter

Quelques années avant....



J'ai toujours été belle.

Non, magnifique. D'une beauté sans égal. Une beauté d'Aphrodite.

Je sais que je le suis, du moins, de l'extérieur. En même temps, c'est ce qu'ils disaient tous. Autant de personnes pouvaient-elles mentir ?

On m'a toujours dit que je n'aurais pas de mal à vivre sur cette terre avec ce visage d'ange. Et en plus de cela, s'ajoutaient mon intelligence, ma personnalité plutôt extravertie, et ma soi-disant gentillesse.

Une vieille dame, un jour, m'a dit : « Ce monde est un monde d'hommes, mais si tous les hommes sont à tes pieds, alors il est tiens. »

J'étais jeune, alors au début, je l'ai trouvée stupide, une pauvre conne au bord de la mort qui osait, une fois de plus, me déranger dans la rue pour me dire que j'étais magnifique, comme si je ne le savais pas déjà.

Mais en grandissant, je me suis rendu compte qu'elle avait raison. Tous les garçons ont toujours été à mes pieds. En même temps, pas étonnant vu l'école et l'entourage dans lesquels j'ai grandi, parmi tous ces visages banals, ce n'était pas difficile de se démarquer.

Ce qui était une bonne comme une mauvaise chose.

Je n'étais pas tellement aimée par les filles en général. Leurs vieux mecs ne se gênaient pas pour venir me draguer. C'était insupportable, mais parfois, il y avait quelques avantages : je pouvais tricher sur les intellos, gratter à manger à certains, ou encore me faire payer des parties aux arcades ou au fast-food.

Mais ce n'était pas moi qui demandais, c'était eux qui me proposaient. Face à ça, comment aurais-je pu dire non, alors que j'étais complètement pauvre ? Je ne refuse rien de gratuit.

Pourtant, malgré le fait que je n'initiais rien, les filles me prenaient pour cible et s'énervaient souvent sur moi, m'accusant de vouloir leur piquer leur mec.

Comme si c'était sur moi qu'elles devaient s'énerver.

Si ton chien pisse sur les draps, tu engueules le drap ou le chien ?

Bref.

Je n'avais rien fait de mal, alors je ne me sentais absolument pas coupable. Et puis, de toute façon, je n'ai jamais été intéressée par les garçons, ni par une relation, ni par l'amour.

Ce sont tous des cons influençables et inutiles. Et les relations ? J'en avais rien à faire. Ça se finit toujours mal, de toute manière, et on n'en retire rien.

C'était peut-être à cause du fait que ma mère enchaînait les relations chaotiques ? Ou parce que mon père l'a engrossée, puis est allé se marier avec une autre femme ?

Ou bien je suis juste trop bien pour eux.

J'ai toujours eu cette mentalité, et personne n'avait encore réussi à me faire changer d'avis.

Jusqu'à ce que je le voie.

Lui.

Aaron Mayres.

Je m'en souviens très bien, du jour de notre rencontre. C'était peut-être le jour le plus heureux de ma vie.

Celui qui m'a rendue la plus heureuse. Comme la plus triste.

C'était lors du troisième jour du printemps de mon année de quatrième. La dernière année du collège. Je n'avais que treize ans. Mais depuis ce jour, le printemps est devenu ma saison préférée.

SPRING BLOSSOMOù les histoires vivent. Découvrez maintenant