57 - Winter

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Winter



— Donc je vais peut-être bientôt venir pour le lancement de la franchise à New York, on pourra donc se voir.

— Quand ça ? je demande.

— Vers fin janvier, ou début février. On n'est pas encore sûrs de la date à vrai dire.

Assise sur mon matelas au sol dans la chambre de Nina, je me peignais de blanc les ongles de pied tout en faisant semblant de m'intéresser à l'appel de mon père.

— Wahou, trop génial ! je dis en feignant la joie.

— J'aurais aimé pouvoir passer les fêtes de fin d'année avec toi, tu le sais ma chérie, mais avec les enfants et Marie c'est compliqué de me déplacer, et ta mère...

— Elle ne veut pas que je parte et je ne peux pas la laisser seule, je sais papa. Ce n'est pas grave, février c'est bientôt, je hausse les épaules.

— Désolé... j'aurais aimé qu'on se voie plus...

De mon côté, je n'en avais totalement rien à faire. Il n'avait jamais vraiment été présent. Je sais qu'il essaie, mais il n'est juste pas là.

C'est comme grandir sans père.

Mais je ne lui en veux pas énormément, je sais qu'avec maman c'est très compliqué. Et puis il a des enfants avec sa femme, et je doute qu'ils aient très envie de voyager pour les fêtes de Noël qu'il devraient fêter avec sa famille, et non la femme qu'il a mis enceinte à dix-sept ans et qui s'est enfuie avec le bébé alors qu'on lui avait proposé le gîte et le pain.

En plus, je crois que ça ne se passait pas très bien avec sa femme, alors si j'avais le caprice de vouloir le voir, ça allait juste empirer les choses.

Au début j'étais énervée à cause de ça, mais maintenant je me suis habituée.

— Comment ça va avec Marie et les autres gosses ? je demande pour alimenter la conversation.

— Eh bien tu sais déjà qu'avec Marie c'est un peu compliqué en ce moment. Les enfants vont bien.  Maxence devient encore plus turbulent qu'il ne l'est déjà, et Mathis commence enfin à lire. Il a des difficultés mais ça va.

Je grimace après avoir fait dépasser mon vernis sur mon épiderme.

— Et comment va mon chouchou Maël ?

— Bien ! J'ai complètement oublié de te le dire mais il commence enfin à marcher ! On s'inquiétait à cause de son retard mais finalement  il a réussis !

— Vraiment ? C'est trop bien ! C'est le seul qui me manque, il est tellement chou. C'est un vrai prince avec ses cheveux blond,  il te ressemble trop.

Maël est le seule des enfants de mon père que j'apprécie. Surtout parce que c'est encore un bébé et qu'il a donc l'amabilité de fermer la plupart du temps sa bouche.

Maxence et Mathis, c'est autre chose. Ils sont juste insupportables, en plus d'être méchants avec moi. Tout l'été je suis obligée de supporter les attaques au Nerf et leurs farces à base de coussins péteurs sous ma chaise.

Ils sont aussi complètement pourris gâtés et capricieux, et ça ne m'étonne pas vu comment Marie les traite. Elle les traite comme des princes comparé à moi, pour qui elle a du mépris. Elle déteste que je vienne l'été et elle ne se cache pas de me le faire comprendre.

Je parle du fait qu'elle a fait exprès d'acheter à ses diables un Nerf mitraillette, sachant très bien qu'ils me prendraient pour cible.

— Eh bien c'est le seule qui a hérité de mes cheveux blonds en tout cas, il sourit en caressant sa barbe.

SPRING BLOSSOMOù les histoires vivent. Découvrez maintenant