Winter
— Ouais, je dois aller récupérer mon frère à l'aéroport. Il vient avec sa nouvelle copine, dis-je en levant les yeux au ciel.
J'inhale la nicotine de ma cigarette avant de la relâcher, puis je tends le tabac à Riley, adossé au muret sur lequel j'étais assise.
La journée était passée rapidement, et il me restait encore quelques minutes à tuer avant que mon bus arrive. J'avais trois options pour les tuer.
Continuer à me bécoter avec Blondie en prenant le risque de vraiment céder à la tentation.
Me bourrer la gueule et arriver à l'aéroport à moitié debout.
Ou bien fumer une cigarette, ce qui ne me donnerait qu'une mauvaise odeur que je pourrais camoufler avec du parfum et d'autres vêtements.
J'ai opté pour la troisième option, et me voilà assise sur un mur en hauteur, les pieds se balançant dans le vide, à côté d'un de mon ancien ami le plus proches.
— Liam ? Je me souviens de lui, il était sympa, répond Riley en me rendant ma cigarette.
Son entraînement ne commençait pas tout de suite, alors il avait accepté de passer un peu de temps avec moi.
— Arrête de mentir, c'était un snob arrogant qui passait sa vie à travailler à la bibliothèque.
— Je me souviens qu'il s'était inscrit à l'équipe de hockey mais je ne l'ai vu à aucun entraînement.
— C'est parce que s'inscrire à un club rapportait des points bonus dans son dossier, rien de plus, haussé-je les épaules. Il est beaucoup trop bien pour le hockey, je marmonne.
— Ne sois pas jalouse juste parce qu'il est beaucoup plus intelligent que toi. T'es plutôt une tête, toi aussi.
Je ne suis pas jalouse de lui, ni même énervée. À vrai dire, je n'ai pas vraiment de sentiments à son égard, parce que je le comprends.
Même s'il a toujours mis une distance avec chaque membre de la famille, c'est celui dont j'ai été le plus proche. Nous avions des peines différentes et à la fois similaires.
On arrivait parfois à se comprendre dans la douleur.
— Merci, Riley. Je ne suis pas habituée à ce que tu me fasses des compliments ! Je le taquine en lui donnant un coup de pied sur l'épaule, portant ma cigarette à mes lèvres.
Il rit en repoussant ma jambe loin de lui.
Autrefois, nous étions encore plus proches que ça. C'était mon meilleur ami. Mais je suis sortie avec Aaron, et j'ai traversé de mauvaises périodes qui nous ont fait nous éloigner.
Je sais que je suis en partie responsable, et parfois notre amitié me manque. Même si nous nous reparlions, ça ne serait plus jamais comme avant.
Il y a toujours ce mur entre nous, et je pense qu'il ne s'effondrera jamais. Je l'ai accepté au fil du temps. De toute façon, les hommes ne restent jamais.
Je lui tends ma cigarette, qu'il accepte, et je me penche en arrière, appuyée sur mes mains, observant le match de basket qui se disputait devant nous. Blondie jouait, torse nu, comme si nous n'étions pas en hiver, avec une température capable de le faire tomber en hypothermie.
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SPRING BLOSSOM
RomansaDans les couloirs d'un établissement où tout semble déjà joué par les rôles, les regards, les réputations , certains cherchent encore leur voix. À l'âge où l'on devrait se construire, ils vacillent entre pression sociale et désirs inavoués, entre c...
