46- Winter

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Winter

C'est à 2h57 du matin que je fus réveillée par le bruit d'un vomissement. Les murs de cette maison étaient très fins, alors, étant donné que la chambre était à côté de la salle de bain, j'avais la joie de tout entendre.

Comment Liam faisait à l'époque ?

Quand il est parti, je me suis permise de prendre sa chambre. Je savais, de toute manière, qu'il ne reviendrait presque jamais.

Malgré moi, ses vomissements incessants m'inquiétaient. Si un Meï ou Tayron avait la gastro, je devrais rester à la maison m'occuper d'eux pendant que maman travaille, et c'est la dernière chose que je veux, rester dans cette maison.

J'avais besoin de voir mes amies, sinon j'allais péter un câble.

Je regarde l'heure sur mon téléphone puis me redresse en position assise sur le lit afin de glisser mes pieds dans mes chaussons à fourrure rose.

Je traîne des pieds, les yeux encore mi-clos, hors de ma chambre pour voir lequel de mes sœurs ou frères j'allais devoir m'occuper demain.

Je parie que c'est Meï, vu la manière dont elle s'est goinfrée de bonbons avant le dîner.

— Meï, qu'est-ce que je t'avais dit à propos des bonbons ? je murmure en entrant dans la salle de bain.

Mon cœur tomba lorsque ce n'était pas la petite version de Meï, mais la plus âgée, que je voyais au sol, la tête dans la cuvette.

Ma mère.

Qui était enceinte.

Nous ne nous étions pas adressé la parole depuis la dernière fois. Elle ne sort plus de sa chambre, à part si c'est pour aller travailler, et ne prend même plus la peine de faire le dîner pour ses plus jeunes enfants quand Nina et moi étions encore en cours ou de sortie.

Je mentirais si je disais que je ne regrettais rien de ce que j'ai dit. Peut-être que je le pensais, mais je n'aurais pas dû le dire comme ça.

C'est une mauvaise mère, mais c'est quand même ma mère.

Elle reniflait et tremblait toujours, agrippée à la cuvette, prête à tout sortir une nouvelle fois. À ce moment-là, elle semblait tellement vulnérable et je lui en voulais de s'infliger ça encore une fois. Elle n'avait pas la force physique ni mentale pour accueillir un nouvel enfant.

En fait, elle n'a jamais eu aucune force mentale pour nous accueillir tous.

Je prends un gant de douche dans le tiroir de l'armoire de la salle de bain que j'humidifie à l'eau du robinet. Une fois fait, je m'agenouille derrière elle, ramène ses cheveux blonds en une queue de cheval, puis passe le gant chaud contre sa bouche.

— Est-ce que vous allez bien ? je demande.

J'avais seulement ses tremblements et ses larmes comme réponse. Elle avait une phobie de vomir et détestait ça, alors je ne suis pas étonnée qu'elle soit en train de pleurer.

Maman était encore plutôt jeune, et malgré le fait que son visage soit marqué par la fatigue et la déprime, elle était toujours belle et rentrait, en quelque sorte, dans la majorité des standards de beauté américains.

Si elle n'avait eu aucun de nous aussi jeune, je suis sûre qu'elle aurait eu un meilleur avenir. À chaque fois, je me demande pourquoi elle était tombée enceinte aussi jeune. Elle nous a toujours dit que chacun de nous était un enfant voulu, mais quelle personne censée voudrait être enceinte à quinze ans ?

Même si parfois ma mère pouvait être assez stupide, je ne l'imagine pas à ce point.

— Pourquoi vous vous infligez ça ? je soupire en nettoyant sa bouche.

SPRING BLOSSOMOù les histoires vivent. Découvrez maintenant