Nina
À cause de lui, j'ai dû sécher un cours d'histoire entier. Il a fait tomber tous mes designs, tous mes futurs créations et maintenant elles sont toutes trempé.
À cause de lui je me suis pris un ballon dans la tête et j'ai perdu mon pantalon ET mon haut.
À cause de lui, j'ai dû me nettoyer aux toilettes devant le regard des filles jugeur.
À cause de lui, j'ai lavé mes cheveux au savon du lycée et maintenant, j'ai les cheveux sec et mouillé.
À cause de lui, j'ai une grosse tache marron sur mon jean.
À cause de lui, je me suis tapé la honte de ma vie.
J'ai passé la matinée à essayer de les sauver, mes dessins, et a essayé d'oublier. Je les ai suspendus sur une des cordes de la salle que j'ai réussi à avoir. Je ne savais pas que c'était aussi facile de faire un faux club. Juste écrire des noms et des faux numéros et voilà, j'ai eu une salle pour moi toute seule.
Je dors, je mange, et je dessine.
Pour devenir styliste, il faut inventer, et pour inventer, j'ai besoin de temps et de concentration. Je n'ai pas besoin de distraction de gens qui pense qu'en sachant dessiner une robe rouge, ils peuvent travailler dans la mode.
Je suis mieux seule.
Bon ça joue aussi sur le fait que là, je n'ai clairement aucune amie, mais c'est pas grave.
Le lycée est bien différent que le collège. Je suis libre et tout le monde s'en fou de moi. Je préfère ça.
Ici, personne ne me connaît.
Et ça me va.
J'étais au sol au-dessus d'une tonne de feuille éparpillé en train de dessiner une de mes futures créations.
Elle m'était venu sur un coup de tête.
C'était une longue robe bleu ciel, la forme d'une robe sirène. Mais les matériaux de cette robe seraient faits d'un voile très fin et recouverts de cristal ou du moins de matériaux qui y ressemble. Je l'imagine féerique et à chaque mouvement elle émettra un son enchanteur.
Pour l'accompagner, j'ajouterai une écharpe qui se mettra sur les coudes. Une écharpe en fausse plume et tellement douce qu'on aura l'impression d'être sur un nuage.
Magnifique !
J'arrête de dessiner lorsque mon ventre gargouille de faim. Il n'est que onze heures, la cafet n'est pas encore ouverte.
Ce n'est pas vraiment grave de toute façon, je ne vais jamais manger la bas. Je me contente juste d'aller chercher un sandwich au deli à 5 minute du lycée puis je reviens.
Je reviens avec un sandwich au poulet. De base, je prends toujours jambon fromage, mais il n'y en avait plus.
Ça m'a encore mis plus en mauvaise humeur que je ne l'étais déjà.
Je rentre dans la pièce et pose mon sandwich puis enlève mon manteau. Je le reprends et reviens dans le coin à l'endroit où j'étais.
— Putain t'es qui ! Je crie.
Je suis pris d'une frayeur en voyant un gars allongé sur toutes mes feuilles.
Il n'allait pas bien ou quoi !
Il semblait même dormir.
Sans pitié, je lui balance violemment mon sandwich sur son crâne. J'ai même très bien visé.
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SPRING BLOSSOM
RomanceDans les couloirs d'un établissement où tout semble déjà joué par les rôles, les regards, les réputations , certains cherchent encore leur voix. À l'âge où l'on devrait se construire, ils vacillent entre pression sociale et désirs inavoués, entre c...
