Nina
Quatre-vingt-seize
Quatre-vingt-dix-sept
Quatre-vingt-dix-huit
Quatre-vingt-dix-neuf
Cent.
J'expire de douleur, puis, me laisse tomber au sol sur le dos après avoir fait mon centième crunch.
Comme tous les autres soirs, j'avais les abdos en feu et j'arrivais à peine à respirer tellement mon corps brûlait tout entier. Je me retenais de reprendre ma respiration en mettant ma main devant ma bouche pour éviter de faire trop de bruit. Tout le monde dormait et la dernière chose que je voulais était de les réveiller.
Tremblante, je tente de me relever mais même mon bras n'arrivait pas à supporter mon poids. Preuve que je devais encore continuer.
Je me laisse tomber et m'allonge sur le tapis de ma chambre, le temps de reprendre des forces et que ma vision redevienne nette.
Je détestais faire ça, mais je n'avais pas le choix.
Après un moment, j'ai enfin la force de me relever même si les douleurs ne cessaient pas. Je les ignore comme toujours, puis j'ouvre le plus discrètement possible la porte de ma chambre pour me faufiler dans la cuisine et me préparer une tasse de thé minceur.
Je traverse le couloir et m'oblige à m'arrêter lorsque Camembert se redresse en sentant ma présence, puis miaule.
Ce stupide chat.
Je lui fais signe de se taire en m'accroupissant devant son habitacle, le prenant dans mes bras tout en le caressant pour qu'il sache que ce n'est que moi. C'est le seul à qui je montre un peu d'affection physique. En même temps, ce n'est qu'un chat, comment veux-tu communiquer avec lui ?
Même si je sais que je ne suis pas sa préférée, car il préfère clairement Win, il a parfois l'amabilité de m'écouter me plaindre tout en se prélassant sur mon lit. En même temps, j'avais le lit le plus confortable de la baraque.
Lorsqu'il bâille, je me dis que c'est assez pour qu'il ne fasse plus aucun bruit et le repose sur son petit lit.
Pourquoi il faisait aussi froid ?
Certes, nous n'avions toujours pas activé le chauffage en plein mois de décembre, mais là j'avais vraiment l'impression qu'il y avait un courant d'air. Et puis il y avait cette odeur...
J'ouvre la porte de la cuisine puis allume la lumière.
— C'est quoi ce putain de bordel ?!
J'ai cru halluciner. Oui, ça devait être une hallucination.
Car pourquoi il y avait ma putain de sœur assise sur le balcon en train de fumer une cigarette et de se saouler à la vodka à deux heures et demie du matin ?
Elle sursaute puis se retourne, déboussolée.
Oh purée.
Je remarquai le rouge dans ses yeux puis je m'attardai sur la cigarette. Ou plutôt le joint, sûrement celui de maman.
Qu'est-ce que je fais ? Je retourne me coucher et fais comme si de rien n'était ?
— Mon Dieu, éteins la lumière et ferme la porte ! Tu vas réveiller toute la baraque ! s'exclame-t-elle d'une voix cassée et traînante.
Putain.
Je ferme la porte derrière moi et éteins la lumière. Il ne faisait pas noir, nous étions faiblement éclairées par les lampadaires de la ville qui ne dormait jamais.
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SPRING BLOSSOM
RomanceDans les couloirs d'un établissement où tout semble déjà joué par les rôles, les regards, les réputations , certains cherchent encore leur voix. À l'âge où l'on devrait se construire, ils vacillent entre pression sociale et désirs inavoués, entre c...
