Chapitre 18 : Marilyn

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Avant même que je puisse réagir, elle s'en était allée. Je ne pensais pas qu'elle le prendrait aussi mal... Certes, ce n'était pas la meilleure idée du monde, mais elle aurait dû s'y attendre. Finalement, elle n'aurait peut-être pas dû nous rejoindre. Ça n'aurait pas pu bien se terminer.

Jeordie s'approcha alors de moi, je ne l'avais même pas entendu venir, il avait été discret pour une fois.

— Où est Ashley ? demanda-t-il, assez inquiet.

— Partie.

— Où ça ? Ne me dis pas qu'on l'a choquée quand même !

J'aurais pu lui révéler ce qu'elle m'avait dit, mais elle me l'avait confié sous le coup de la colère, elle n'y avait sûrement pas réfléchi. De toute manière, ce fut rapidement impossible lorsque le gérant s'approcha de nous.

— Alors vous ! Je ne veux plus jamais vous voir ici ! Allez vous faire foutre les Spooky Kids ! vociféra-t-il.

— Le public avait l'air d'apprécier pourtant, tenta vainement Jeordie de se défendre.

Je posai ma main sur son épaule pour lui indiquer que c'était inutile d'argumenter, au contraire. Pour une fois, je n'avais pas envie d'envenimer les choses, je pensais juste à Ashley... Étrangement, je pensais à elle en ce moment. C'était comme si je m'étais habitué à sa présence...

— Vous ne pourrez plus jamais mettre les pieds dans le moindre bar de Los Angeles ! Votre carrière sera foutue à tout jamais !

Jeordie sembla s'en inquiéter bien trop rapidement, contrairement à moi, je savais que ce n'était qu'une menace en l'air.

— Quand on sera des stars, vous le regretterez ! reprit de plus belle Jeordie.

Ne pouvait-il pas se taire ? Surtout quand c'était inutile ! De toute manière, le gérant nous abandonna, retournant à l'intérieur.

— C'est vraiment n'importe quoi, soupira Jeordie.

— On s'en fiche...

*

Malgré cette nuit de sommeil, les récents évènements étaient encore ancrés dans mon esprit, en particulier Ashley. Elle avait été clairement déçue et finalement, on devait peut-être mettre les choses au clair... À moins que ce ne soit bien trop tôt...

Peut-être que c'était une mauvaise idée, mais voilà que j'étais devant sa maison et attendais sa réponse après avoir sonné. Elle jeta un bref regard par la fenêtre et sembla hésitante quant à l'idée de m'ouvrir. C'était logique après tout, pourquoi voudrait-elle me parler ?

Heureusement, elle finit par m'ouvrir et je pus constater qu'elle était à peine réveillée.

— Est-ce que je peux te parler ? lui demandai-je faiblement.

— Bien sûr...

Elle m'invita à entrer, timidement. Elle n'allait certainement pas engager la conversation, j'allais devoir me débrouiller de moi-même.

Elle se rendit compte que Spooky traînait par terre et l'attrapa aussitôt, le gardant dans les mains.

— Il se balade vraiment partout, lança-t-elle, presque gênée.

— Je suis désolée hier... Je ne voulais vraiment pas que tu le prennes comme ça... et je ne savais pas que...

— En même temps, tu ne pouvais pas savoir, rétorqua-t-elle aussitôt.

Je savais que j'étais sur la bonne voie d'une réconciliation. Du moins, je l'espérais.

— Et comment ça s'est fini la soirée ? s'enquit-elle d'une voix faiblarde.

— Comme d'habitude. On a été virés et apparemment, on serait sur une liste noire, ça ne change pas de d'habitude...

Elle laissa échapper un petit rire bien que celui-ci soit légèrement retenu.

— Tu comptes refaire ça ? m'interrogea-t-elle, un air contrit sur le visage. Pitié, dis-moi que tu ne le feras plus !

— Ce n'était pas prévu. En théorie, ça ne devrait plus se reproduire...

Elle sembla soulagée, affichant un sincère sourire. Pourtant, ça ne voulait absolument rien dire. Je pouvais très bien le faire, rien ne m'en empêchait.

— J'espère vraiment que tu ne le referas plus, déclara-t-elle avec enthousiasme.

Je lui adressai un léger sourire. J'étais encore assez sceptique face à cette idée. Nous n'avions aucune limite sur scène, quitte à perdre toute éthique. Nous voulions choquer et nous n'allons pas le faire de main morte.

— Alors, pour quand est le prochain concert ? me demanda-t-elle, plus joyeuse que jamais.

Par cette question, je compris que tout était pardonné et nous pouvions aller de l'avant...



Villains With The Scabbed WingsOù les histoires vivent. Découvrez maintenant