Bino et moi n'échangions rien de spécial durant notre trajet. Nous étions, à l'évidence, très angoissés de ce que nous réservait cette journée. Du moins, je l'étais. Les paroles de Paride résonnaient dans mon esprit, sans fin. "Vous ne serez plus que trois". L'étau se resserrait sur nous, mais à la fin de cette journée, pour les restants, il n'y aurait plus qu'une chance sur trois de finir chez les sacrifiés. C'était, en soi, la seule bonne nouvelle du jour. Encore fallait il arriver jusqu'au bout. Nous marchions longuement, jusqu'à ce que nous arrivions enfin à cette fameuse porte que j'avais traversé deux jours plus tôt.
- C'est par ici que tu es sorti et que tu as croisé ce sauvage dont tu m'as parlé ? Lui demandais je.
- Oui. Me répondit il, sans le moindre tremblement de peur.
J'éprouvais un profond respect pour lui qui avait vécu un événement qui aurait pu s'avérer tragique, et qui, avait fait de lui quelqu'un de plus fort, tandis que je ne m'étais confronté qu'à des arbres, qui avaient nourrit une peur immense de l'extérieur, en moi.
Bino ouvrit la porte, et je découvrais le même paysage que j'avais déjà vu. Avant même que je ne pu profiter du fait de ne pas être seul à ce moment précis, j'entendis Bino m'appeler. Il venait de trouver une malle.
- Elle est ouverte ? Lui demandai je, un peu traumatisé de celle qui aurait dû m'être utile lors de l'étape précédente.
- Oui, bien sûr. Regarde.
Bino ouvrit le coffre, dans lequel se trouvait visiblement beaucoup de choses. Il en tira une feuille, sur laquelle un message plus que clair était inscrit. Nous avions pour mission de ne pas rentrer, sans qu'un des membres du binôme adverse ne soit tombé. Nous comprenions par là que nous devions mettre à mort Malé, ou son complice. Au fond de la boîte, nous trouvions des armes à feu, des couteaux, de quoi boire, et un sac à dos pour transporter le tout. Nous redoutions l'idée même de devoir passer à l'action, autant que le fait d'imaginer qu'ils devaient en faire autant à notre égard. Bino se ressaisit vite, et pris les choses en main.
- Il faut que l'on se cache.
Il avait raison. Nous ignorions par quel côté l'autre binôme était sorti, et donc à quelle distance ceux ci pouvaient se trouver de nous. Il ne restait qu'une option pour nous, en ces premières minutes d'épreuve, nous rendre invisible aux autres. Bino courait, et je le suivais de très près. Il s'arrêtait de temps en temps, afin de s'assurer que la voie était libre. Et alors que j'avais le sentiment de tourner en rond, je décidais de faire confiance à mon équipier, qui semblait savoir ce qu'il faisait. Je comprenais mieux pourquoi il avait été celui qui était rentré le plus tôt de son épreuve en solitaire. Il était doué, vraiment doué. Tous ses gestes, toutes ses idées, lui venaient presque instinctivement. Il était bien meilleur que moi, et cela ne faisait aucun doute. Et pendant que je constatais les prouesses de Bino, celui ci me fit me stopper net. Un doigt sur la bouche pour me faire comprendre que je devais me rendre totalement silencieux, il me fit me coucher sur le sol.
Ensemble, allongés dans les herbes hautes, nous entendîmes du mouvement non loin de nous. Etait ce nos concurrents ? Ou des sauvages ? Impossible à dire tant nos visages étaient proches de la terre. Nous restions ainsi durant de très longues minutes, le temps que le danger donne l'air de s'éloigner.
- On a eu chaud. Me chuchotta Bino.
- Tu as vu qui c'était ?
- Je ne suis pas sûr de ce que j'ai vu.
Les incertitudes de Bino n'avaient pas pour but de me rassurer, mais il était clair que, qu'importe qui venait de passer près de nous, il représentait un danger, dans tous les cas. Après avoir fait ce constat, nous reprîmes la route, toujours discrètement, jusqu'à trouver un endroit stratégiquement bien placé pour nous arrêter. Les feuillages, à cet endroit, semblaient avoir poussés par milliers. Bino, à l'aide d'un couteau, coupa ce qu'il put, comme pour fabriquer une cabane très sommaire. Nous rentrions à l'intérieur, et tandis que Bino tentait de masquer notre entrée, je relisais le mot qui nous avait été laissé.
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DILLERMO
Ciencia Ficción"Dillermo, c'est une sorte d'immense cuve, bien entourée par de grands rochers, nous permettant de nous terrer dans cet endroit, devenu le seul lieu de vie n'étant pas encore tombé dans un état totalement sauvage, à notre connaissance." Dillermo est...
