Paride arriva dans la pièce, et je me préparais déjà à répondre aux éternelles questions qu'il allait me posait. Mais ce jour là, Paride referma doucement la porte, et pris le temps de se mettre assis en face de moi.
- J'ai une mauvaise nouvelle pour toi Khalek.
Je levais les yeux, comme pour l'inviter à me dire ce qu'il avait à me dire, épuisé de la situation. Qu'est ce qui aurait bien pu être pire que ce que j'étais en train de vivre depuis des jours et des jours.
- Nous avons retrouvé Bino.
Soudain, mes espoirs revenaient. Enfin, Paride allait me croire quand au fait que je n'avais pas touché le moindre cheveu de Bino.
- Il est mort. Que lui as tu fait ?
Mes espoirs à peine naissant n'eurent d'autres choix que de mourir instantanément. Bino était mort ? Qu'avait il bien pu lui arriver ? Un homme sauvage avait il réussi à pénétrer par delà la cloison ? Avait il réussi à en sortir sans prendre en compte les dangers extérieurs ?
- Comment est il mort ? Demandais je à Paride.
- Il me semble que tu es le mieux placé pour me le dire. Me répondit il.
- Non. Je n'ai rien fait à Bino. Il n'a pas voulu revenir aux tunnels. Il avait peur de ce que vous alliez lui faire. Mais je ne lui ai rien fait.
- Comment veux tu que je te crois à présent Khalek ? Dans ta première version, tu ne savais pas où était Bino, et soudainement, voilà que tu te souviens qu'il avait peur de revenir ?
Il m'était devenu impossible de m'expliquer tant Paride remettait en question tous les mots qui pouvaient sortir de ma bouche. J'étais tout simplement piégé.
- Tu es notre seul suspect. Je suis obligé de te le dire. Me lança t il.
- Mais vous savez que je ne l'ai pas tué, n'est ce pas ? Lui demandais je, comme pour me rassurer.
- Je ne sais rien Khalek. Je n'y étais pas. Pas plus que je n'étais dans les tunnels quand Lior et toi y étaient.
- Je n'ai rien fait à Lior.
- Je n'en suis pas si sûr. Mais bonne nouvelle, nous l'avons retrouvé également. Me répondit il.
- Vraiment ? Elle va bien ?
- Cela t'embêterait n'est ce pas ? Me demanda t il.
- Mais non. J'espère qu'elle va bien.
- Disons qu'elle se remet Khalek. Après ce qu'elle a subi.
- Qu'a t elle subi ?
- Et bien ça, il n'y a que deux personnes qui le savent, elle et toi. Et comme elle n'a pas été en mesure de répondre à nos questions, à cause de son état traumatique, je comptais sur toi pour m'éclairer.
- Je n'ai rien fait à Lior. Je voudrais la voir.
- Pour le moment, tu n'es pas en position de vouloir quoi que ce soit jeune homme.
Paride se leva, et quitta la pièce. Sauf que, pour la première fois, il laissa la porte ouverte. J'ignorai si c'était une nouvelle technique pour me tester ou me permettre de sortir, mais je ne pouvais laisser cette occasion me passer sous le nez.
Je quittais la pièce discrètement, tout en sachant que l'on remarquerait vite mon absence, si elle n'était pas voulu. Je longeais les couloirs, et tentais désespérément de retrouver Lior. Si elle était revenue, il fallait absolument que je lui parle, que je sache ce qui lui était arrivé en son absence. Contrairement à ce que pouvait s'imaginer Paride, je n'étais pas responsable de celle ci, et je ne pouvais me résoudre à faire des hypothèses sur la question. Il fallait que je sache ce qu'elle avait à en dire.
J'imaginais que, si personne n'avait rien à lui reprocher, Lior serait dans sa chambre. Je me dirigeai donc tout naturellement vers elle, en évitant de croiser qui que ce soit sur mon chemin. Enfin, j'étais arrivé jusqu'à sa porte. Je vis qu'elle était bien là, à ne rien faire, par le trou de la serrure. Je me permis d'entrer sans y avoir été invité, dans l'espoir qu'elle serait heureuse de me retrouver.
Elle avait forcément entendu que quelqu'un venait de pénétrer dans sa chambre. Pourtant, Lior ne se retourna pas. J'avais presque le sentiment qu'elle m'attendait. Je contournais la table qui se trouvait au milieu de la pièce, pour enfin me retrouver en face d'elle.
- Lior ?
Celle ci me regarda, presque sans me voir. Je comprenais que Paride n'avait pas menti. Ma formatrice avait bien vécu quelque chose. Quelque chose qui l'avait visiblement marqué dans sa chair. Elle n'était plus du tout celle qui n'avait peur de rien, et qui n'hésitait pas à trop m'en dire pour me prévenir de cette chose que je n'avais toujours pas découverte.
- Khalek ! Je ne pensais pas te revoir un jour. Me répondit elle finalement.
- Que t'est il arrivé ? Lui demandais je.
- Je ne peux pas t'en parler. Je suis désolée.
Je compris que Lior n'allait pas me parler plus qu'à Paride. Et comme avec Réro, j'avais fait le choix de ne pas insister. Pourtant, je savais que cette attitude ne m'avait pas réussi avec mon ami. Je tentais de m'approcher de Lior, dans l'espoir qu'elle retrouve ce petit lien spécial que j'étais convaincu d'avoir construit avec elle.
- Tu te souviens dans les tunnels ? Quand tu m'as parlé ?
- Non, je suis désolée.
- Mais si, tu m'as parlé de deux réalités, la mienne et celle des autres. Je n'ai rien compris et tu as refusé de m'en dire plus. Tu te souviens de ça ?
- Je te dis que non.
Lior se leva brusquement, agacée par mes questions. Je la sentais si différente alors qu'elle, contrairement à Réro, avait déjà vu l'extérieur en tant que rapporteuse. Rien ne justifiait sa nouvelle attitude.
- Donc tu ne vas pas m'aider ? Lui demandais je.
- T'aider à quoi ?
- A rien. Laisse tomber.
Je compris que Lior n'était plus une alliée. Mais alors que j'allais quitter la pièce, Lior m'interrompit.
- Tu as traversé la porte ? Me demanda t elle.
- La porte ? Quelle porte ?
- Celle que tu devras traverser quand tu seras prêt !
- Alors tu te souviens. Insistais je.
- L'as tu traversé ?
- Non. Lui répondis je
- Alors tu n'es pas prêt !
Je voulais savoir de quoi Lior me parlait, mais sur ce point, elle n'avait pas changé. Elle continuait de me parler en énigme sans que je ne comprenne jamais rien.
- Prêt à quoi Lior ? Lui demandais je.
- Je ne sais pas. On m'a demandé de te poser cette question, alors je l'ai fait. Je ne me souviens pas de cette rencontre entre nous.
J'étais d'autant plus troublé à l'idée que quelqu'un ai pu lui soumettre l'idée de me poser cette question, sans qu'elle même n'en sache le pourquoi. Je quittais enfin les lieux et je décidais qu'il était temps de passer à l'action. Peut être n'allais je jamais devenir rapporteur, mais il fallait que le peuple sache les choses étranges qu'on leur cachait depuis si longtemps. Je décidais donc de quitter les tunnels, pour retourner voir ma famille, celle de Réro, et tous ces gens qui comptaient sur nous.
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DILLERMO
Ciencia Ficción"Dillermo, c'est une sorte d'immense cuve, bien entourée par de grands rochers, nous permettant de nous terrer dans cet endroit, devenu le seul lieu de vie n'étant pas encore tombé dans un état totalement sauvage, à notre connaissance." Dillermo est...