Chapitre 30 - L'usine

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Je tentais de m'éloigner de Lior pour reprendre ma route, mais celle ci s'acharnait à me suivre inlassablement, malgré mes demandes incessantes de solitude.

- S'il te plait, laisse moi seul. Je ne supporterais pas que tu sois considérée comme une traître juste pour m'avoir suivit. La suppliais je.

- Je ne peux pas Khalek, je suis désolée.

Ma formatrice continuait de marcher dans mes pas, tandis que je ne pouvais abandonner l'idée de me rendre à l'usine. Si Réro n'était pas mort, il était forcément là bas. J'avais beau avoir été présent durant la scène, je me nourrissais stupidement de l'espoir que ce soit ses parents qui avaient vu juste. Après tout, je n'avais vu que ses pieds et ses jambes étendues sur le sol. Il aurait été difficile de penser que ce soit quelqu'un d'autre, mais s'il avait été seulement blessé, et que l'on avait usé de cet événement pour le sortir de la course ? Cela me semblait fou, mais pas totalement improbable.

- Que crois tu trouver là bas Khalek ? Me demanda Lior, sur le chemin.

- Je ne sais pas.

- Tu crois que tu vas y croiser Réro ?

Lior avait ceci d'étonnant, qu'elle semblait toujours savoir, parfois avant moi, ce que je pensais intérieurement. Mais je ne pouvais lui révéler que cet espoir vivait dans une infime partie de moi.

- Non, je veux seulement savoir ce qu'il s'y passe.

- Mais si Paride décide que tu n'as plus ta place dans la formation, tu finiras par le savoir de toute façon.

- Peut être. Mais nous ne sommes plus que deux. Il peut très bien choisir de faire de moi un second qui restera toujours aux tunnels, sans jamais aller à l'extérieur ou autre part.

- ça n'a rien de dégradant que d'être second.

- ça ne fait pas partie de mes objectifs Lior.

- Tu sais que je suis une seconde ?

Je n'avais même jamais réfléchit à la question jusqu'à ce jour. Mais à l'entendre me l'avouer, cela ne faisait aucun doute. Si Lior était devenue formatrice, ce n'était que parce qu'elle ne pouvait être première, sans quoi, elle serait à l'extérieur, au delà des parois, le plus clair de son temps. Je me rendis soudainement compte que c'était d'une logique implacable. Nous n'avions vu, jusque là, aucun premier rapporteur, jamais. Du moins pas dans le cadre de leur fonction. Mon père avait été un premier, j'en étais sûr, il me l'avait dit. C'était ma naissance qui avait accéléré sa chute, pourtant, je compris à cet instant qu'il était tout simplement impossible qu'il ait suivit les régles comme il se devait.

- A quoi penses tu Khalek ? Me demanda Lior.

- A mes parents.

- Et bien quoi tes parents ?

- Ils n'auraient pas dû se retrouver. Ma mère était ouvrière, et mon père était premier rapporteur.

- Et qu'est ce que cela te fait conclure ?

- Qu'il n'a pas suivit les règles à l'époque. Que peut être, il l'a rencontré avant de devenir rapporteur, mais qu'une fois qu'il est entré dans sa formation, il n'a pas su y rester indéfiniment, par besoin de la retrouver sans doute.

- Ou alors, ton père n'a jamais été rapporteur. Me lança t elle.

Je regardais Lior, tentant de voir si elle essayait de me faire passer un quelconque message, ou si ces mots n'étaient que des idées lancées en l'air, pour tenter de m'aider à trouver de meilleures théories. Je n'arrivais pas vraiment à déceler quoi que ce soit qui puisse me mettre sur la voie.

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