Je cumulais ainsi deux journées à ne rien faire, ce qui n'était absolument pas ce que j'imaginais de cette formation. Toutefois, je me consolais en imaginant que Bino allait sans doute vivre la même chose que Malé, la veille. De ce fait, il serait peut être possible, en m'égarant devant les portes, de croiser Lior dans les tunnels souterrains. Et puis, rester avec Malé me semblait moins difficile, question discussions probables entre nous. D'ailleurs, je n'eus pas besoin de lancer la conversation pour qu'il m'interroge sur ce qu'il s'était passé, durant son absence. Je pris soin de ne pas lui révéler que j'avais croisé la formatrice, là où je n'aurais pas dû être, mais je ne cachais rien de nos étranges et froides relations avec Bino. Malé semblait surpris que l'alchimie ne passe pas mieux entre nous. J'avais beau lui expliquer combien je ne pouvais concevoir de laisser, à l'abandon le plus total, nos disparus, je m'attendais à ce qu'il ne réagisse pas plus que les fois précédente. Mais, contre toute attente, en l'absence du trouble fait, Malé semblait plus curieux qu'il n'y paraissait. Il développa plusieurs théories sur le sujet en l'absence de Bino.
Malé avait visiblement réfléchit à la question et, après l'épreuve qu'il avait passé la veille, il me semblait soudainement différent. Il m'expliqua que, selon lui, il existait une possibilité pour que l'absence de nos binômes ne soit en fait qu'une ruse mise en place par notre formatrice, afin de jauger nos réactions. L'idée me paraissait saugrenue, mais pas totalement inconcevable, je devais bien le reconnaître. Toutefois, j'avais du mal à envisager que Lior puisse être à l'origine de toute cette mascarade, si c'en était vraiment une. Mais, pour Malé, il ne faisait aucun doute que notre formatrice était décisionnaire de ce qui se déroulait sous les tunnels. Je pris sa théorie comme excuse à mon besoin de réflexion, en solitaire. Nous approchions du même horaire où j'avais pu la croiser, la veille. Il fallait donc que je sorte, et que je vois si j'allais, une nouvelle fois, faire la rencontre de l'autre Lior, celle qui n'était pas ma formatrice, mais une jeune femme, tout simplement.
En toute discrétion, je me faufilais du dortoir, sans avoir éveillé le moindre soupçon chez Malé, qui décida de s'accorder une petite sieste. Arrivé dehors, je scrutais, sous mes pieds, la possible présence de Lior, qui ne semblait pourtant pas au rendez vous. J'attendai plusieurs minutes, autant que je pu avant que l'on ne remarque ma trop longue absence. Et c'est au moment où j'allais abandonner mes espoirs de rencontres, à l'instant même où ma main se posa sur la poignée de la porte, que j'entendis mon prénom. Je me retournai pour vérifier que le chuchottement qui venait d'arriver jusqu'à mes oreilles, provenait bien de la délicate bouche de Lior. Elle était là, sous la grille, prête à remonter. J'ôtais celle ci, afin de l'aider, comme je l'avais fait la veille. Cette fois, je ne lui tendis pas ma main, conscient qu'elle savait se débrouiller par ses propres moyens.
- Tu m'attendais ? M'interrogea le jeune femme.
Je me confondais en excuses totalement fausses, afin de ne pas lui faire entendre que oui, je n'attendais que son arrivée. Après avoir noyé le poisson, j'imaginais pouvoir reprendre notre discussion de la veille, mais Lior me répondit.
- Ah, et bien tant pis alors. Tu devrais retourner dans le dortoir. Tu sais que tu n'as pas le droit d'être ici.
Puis, elle remit la grille, et ouvra la porte, me faisant signe d'y entrer avant elle. J'étais un peu déçu qu'elle ne m'accorde pas quelques minutes, alors je tentais de la retenir quelques instants, par des questions sans trop d'intérêt.
- Demain, ce sera mon tour ? Lui demandais-je.
- Comment ça ?
- Et bien, hier, tu es partie avec Malé, aujourd'hui, avec Bino. J'imagine que demain, tu partiras avec moi.
Je la vis pouffer un peu, avant de me lancer.
- Tu es pressé ?
- Disons que je ne suis pas venu me tourner les pouces.
- Tu ne te tournes pas les pouces.
- Ces deux derniers jours, si.
- Non !
Lior insistait pour me convaincre, alors que je n'avais fait aucune visite des tunnels depuis 48h, et que je n'avais rien appris des conditions de vie d'un rapporteur depuis la première étape. Je la vis sourire et souligner mon impatience. Je n'étais pas impatient, mais je voulais que les événements me donne raison quant au fait d'avoir toujours voulu être rapporteur.
- Ne t'en fais pas Khalek, tout vient à point à qui sait attendre. Et l'attente est déjà une forme d'apprentissage.
Elle clôtura ainsi la discussion, et je retournais à ma chambre, où Malé semblait encore dormir. Je m'assis sur mon lit, et débuta l'attente de son réveil. Plus d'une heure après, je le vis surpris de me voir, comme si sa sieste avait durée quelques secondes, et qu'il s'attendait à ce que je sois toujours en pleine réflexion solitaire, ailleurs. Les heures passèrent ainsi, et nous discutions de tout et de rien. J'avais bien trop de mal à entrer dans une discussion profonde, tant mon esprit était focalisé sur Lior. Pourquoi avait elle fait en sorte de ne pas me parler aujourd'hui, tandis que la veille, elle semblait totalement ouverte à passer un peu de temps avec moi. Et alors que je m'enfonçais ainsi dans mes pensées, Bino arriva bien plus tôt qu'on ne le pensait. C'en était troublant de différence. A se demander si Malé n'avait pas tout simplement eu du mal à aller au bout de son objectif, ou si Bino était un surdoué de ce genre de situation. Toutefois, j'imaginais que, dès le lendemain, j'aurais enfin mes réponses à ce sujet. Je ne m'encombrais donc pas de questionner mon compagnon, tant je savais déjà qu'il ferait en sorte d'éluder les réponses. Je finis par aller me coucher, dans l'attente d'un demain qui m'éclairerait, enfin.
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DILLERMO
Science-Fiction"Dillermo, c'est une sorte d'immense cuve, bien entourée par de grands rochers, nous permettant de nous terrer dans cet endroit, devenu le seul lieu de vie n'étant pas encore tombé dans un état totalement sauvage, à notre connaissance." Dillermo est...
