Pas à pas je viens vers toi, j'approche et plus tu es loin...

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Quelques jours, c'était vraiment trop long... Je ne pouvais me résoudre à rien faire pendant tout ce temps, sans savoir comment il allait, sans le voir.

Et puis qu'est ce qui m'en empêchais ? Jonethann n'avait rien à me dire, qu'il m'ait vraiment ou non sauvé la vie, et j'étais il me semble la seule personne capable de décider si j'étais en assez bonne forme pour supporter cette épreuve. Krys avait presque failli y rester pour moi, je ne pouvais pas faire ma fille sensible et l'abandonner.

Toute la journée (ou dû moins ce que je considérais comme la journée, puisque ma chambre n'était pas pourvu de fenêtre, ni d'horloge) je ruminait mon projet. Je devais le voir coûte que coûte.


Jonethann passa m'amener un plateau repas le matin, le midi, et le soir, restant quelques instants pour discuter et savoir comment j'allais, et changeant un pansement que j'avais sur mon tibia (qui était finalement bien cassé). Petit à petit, je commençais à m'habituer à lui, mais cela n'excluais pas totalement le manque de confiance que j'avais pour lui. Tant que je n'aurais pas vu Krystopher, je ne pourrais pas me fier à cet étrange personnage. Après tout, peut être qu'il me mentait, et qu'il ne voulait pas que je vois Krystopher juste parce qu'il le retenait prisonnier ?

Faisant comme si de rien n'était, sage petit fille qui acceptait les réprimandes de son papa, je ne lui réclamait pas la permission de sortir lors de sa dernière visite de la journée. Bien entendu, je n'en pensais pas moins.

Attendant ce qui me semblait une demi-heure après qu'il m'ai souhaité bonne nuit, je décidais de mettre mon plan à exécution.

Tout doucement, (non pas pour le bruit mais surtout pour me ménager), je repliais sagement les draps sur mon lit, mes jambes tombant dans le vide, et d'un petit effort je me mis sur mes deux pieds. Malgré un léger petit tremblement et une sensation étrange de déséquilibre, ça allait plutôt bien. Dû moins, j'avais imaginé bien pire.

Cependant, à peine arrivée à la porte, les douleurs commençaient à s'intensifier. Fixant mon esprit sur mon objectif, je me forçais à ne pas y faire attention. Je verrais Krystopher, et j'étais bien décider à en payer le prix s'il le fallait.

Encore quelques pas, et je jurais entre mes dents. Aveugler par ma détermination, je n'avais même pas pris en compte le fait que j'étais dans une nouvelle maison. Je ne connaissais donc pas les lieux, et cela me rendait la tâche beaucoup plus complexe pour trouver la chambre de mon partenaire. D'autant que je n'étais pas d'humeur à faire une petite balade...

Des larmes de colère contre moi même et de fatigue, voire de découragement me montèrent aux yeux. Je n'allais jamais y arriver...

Ne me laissant pas submerger par mes sentiments, je les essuyais d'une main rageuse, mais plein de conviction. Non, je n'abandonnerais pas.

Faisant confiance à mon instinct, je laissais mon coeur guider mes pas. Un léger sourire s'étira alors sur mon visage. J'avais déjà vécu ce moment. Perdue après la mort de mon Vallorien, je m'étais réveiller dans une maison inconnue. J'avais marché au hasard, avant de tomber sur la chambre de Krystopher. C'est également là qu'il m'avait appris que Catania n'était pas ma mère, mais plutôt la sienne et qu'il avait pris soin de moi après mon malaise.                                                 Je chassais vite ce flash-back de mon esprit juste avant de passer à la journée d'après, où il m'avait étrangement et douloureusement rejeté pour la première fois (et malheureusement pour moi, pas la dernière, voire même le début d'une longue série...).

Sans trop savoir depuis combien de temps je jouais l'explorateur, je tombais alors sur un long couloir aux murs plutôt sombres, avec quatre portes blanches de chaque côté. Comme un pressentiment, je savais que celui que je voulais voir se trouvait derrière une de ces huit portes.

Gardiens des Panthéons : Ahauréliane LorélysOù les histoires vivent. Découvrez maintenant