Krystopher :
J'avais passé une assez bonne nuit. L'avantage quand vous n'aviez plus aucun souvenirs, c'est que votre passé ne pouvais pas vous hanter.
Sans grande motivation, je rejetais les couvertures et me levais sans précipitation. Chaque jour, c'était le même rituel. Je me posais mentalement les mêmes questions. Malgré les éclaircissements de Jonethann, je n'arrivais toujours pas à comprendre. J'avais écouté son récit, le récit de ma vie, en étant totalement détaché. Cela aurait me paraissait aussi concret qu'un roman.
Qui suis-je ? Qu'est-ce qui m'étais arrivé ? Pourquoi étais-je là ?
Mais la plus importante à mes yeux, celle dont mon esprit et tout mon corps réclamaient la réponse, c'était de loin le sujet Annabelle.
Pourquoi ressentais-je autant de choses -contradictoires parfois- au fond de moi, pour une personne dont je ne me souvenais même pas ?
Et chaque matin, la même déception. Aucun souvenirs. Rien d'autres sinon des interrogations supplémentaires.
Alors je pensais à autre chose, je me lançais à corps perdu dans une journée encore plus morose que la précédente, et moins que celle du lendemain.
Une partie de moi restait vide, terne, attiré par l'aura de cette terrible inconnue.
Je me forçais à l'oublier. Mais à chacune de mes distractions, elle revenait, omniprésente, dans mon esprit. Chaque centimètre qui me séparait d'elle me tuais littéralement, chaque seconde s'écoulant sans pouvoir la toucher me semblait être de la torture.
C'était comme si je n'avais plus d'oxygène, que je m'asphyxiais peu à peu sans le précieux élément.
J'avais besoin d'elle pour vivre, j'avais besoin de la toucher, la sentir contre moi, sentir son souffle, le contact de sa peau sur la mienne, de l'embrasser...
Mon coeur se déchirait en petit morceaux. Elle me piétinait le coeur, tenant l'organe le plus important dans ses mains, décidant seule s'il pouvait encore battre, lui insuffler la force de se contracter.
Idiot, me dis-je. Comment pouvais-je aimé ou avoir une quelconque attirance envers une personne dont je ne connaissais rien ? C'était stupide. Un simple ressentiment de mon passé. Peut-être même que c'était la cause de mon accident, peut-être que je devrais seulement me focaliser sur mon futur, et oublié mon ancienne vie. Profiter de évènements pour commencer un nouveau départ.
- Idiot, arrête d'y penser ! Me réprimandais-je.
- Es tu devenu fou au point de te disputer avec toi même ? Lança une voix masculine derrière mon dos.
Je me retournai, et vis Jonethann apportant un plateau repas.
J'avais eu des réticences à propos de ce dernier au début, mais il c'était avéré qu'elles avaient disparues rapidement.
Bon d'accord, son côté mauvais garçon, son air dragueur et son humour plus que pathétique parfois pouvait en agacer plus d'un, mais pourtant il était sympas. C'était pas l'amour fou, mais je n'avais pas envie de le poignarder dès que je le voyais, ce qui était pour moi un bon début.
J'arrivais plutôt facilement à le déchiffrer. Même s'il pensait être impassible, je voyais dans ses yeux une lueur d'inquiétude, derrière sa carapace de mec à qui rien ne fait peur, quand il voyait que je n'allais pas vraiment mieux que le jour précédent, ou que ma mémoire manquait toujours à l'appel.
Je n'aimais pas voir la pitié dans les yeux des gens. Ca me faisait me sentir faible.
Comme la première fois où je m'étais réveiller, et que la petite amie de Jonethann me regardais, semblant soutenir toute la peine du monde.
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Gardiens des Panthéons : Ahauréliane Lorélys
FantasyLa vie d'un adolescent n'est déjà pas facile : devoir déménager, changer de lycée, quitter ses amis.... Pourtant, Annabelle va bien vite comprendre que sa vie n'est pas comme toutes les autres. Tout va changer le jour où elle découvre un étrange méd...