Lune d'ange et iris de terre (partie 2)

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Allez, je sais que ces deux semaines étaient longues (pas de ma faute, j'avais pas de connexion !! si si, c'est vrai, demandé à Sept_Lys !!) Alors deux chapitres d'un coup !

j'attends vos pronostics... Bonne lecture, et s'il vous plait... pas de tentative de meurtre.. On a déjà un Krys bien réveillé, ne l'énervé pas plus !


Krystopher :


- Doucement ! Je te rappelles que tu n'as pas marché depuis deux semaines mon gars !grommela Jonethann sous l'effort.

Malgré toute ma bonne volonté, je dus avouer que c'étais en grande partie lui qui me tenait debout.

Un bras derrière son épaule, et le sien à ma taille, je me « baladais » dans les couloirs de la maison (faute de pouvoir aller plus loin pour l'instant) depuis environ une demi heure.

Il me tenait en partie seulement... Bon ok totalement.

Tout mes muscles me brûlaient, semblant se consumer dans mon corps. Chaque articulation, chaque millimètre de peau, chaque os me faisaient souffrir, manquant de me faire tourner de l'oeil tellement la douleur était puissante.

Pourtant je ne dis rien, serrant les dents et essayant de contrôler mes tremblements de faiblesses. Je m'étais mis dans le pétrin, et quoi qu'il se soit passé, je devais en assumer les conséquences.

Jonethann était bien au courant de mon état (vu le poids d'âne mort qu'il devait soutenir depuis un petit bout de temps, de plus en plus lourd à force que je m'épuisais), pas besoin de me plaindre comme un bébé.

- J'espère qu'on ne croisera pas ta petite amie, dis-je dans un souffle entre deux grimaces, elle risquerait de se méprendre sur mes intentions sur toi, le taquinais-je au vu de notre position.

- Ma petite amie... répéta t-il comme s'il le prononçait pour la première fois, et qu'il découvrait la sonorité.

Au bout de quelques rapides secondes, il se reprit :

- Ah oui ! Non t'inquiète pas, elle comprendra, elle sait combien j'aime aider les gens.

Bizarrement, je ne décelais pas sa pointe d'humour habituel, mais seulement un semblant d'inquiétude. Trop épuiser par mon effort, et puisque j'avais décider de ne plus me poser de question sur ce couple improbable, je laissais couler.

Mais mon cerveau ne lâcha pas facilement l'affaire. Dans un coin de ma tête, c'était presque comme si j'étais déçu, comme si j'attendais qu'il me détrompe, qu'il me dise que ce n'était pas sa petite amie. Qu'est ce que j'en avais à faire, qu'il soit ensemble ou pas ? Ca n'allait pas changer grand-chose à ma vie. Cette fille ne m'intéressait pas, ce n'était pas mon style de toute façon.

- A qui tu parles Jonet... La voix féminine se figea net.

Une serviette mouillée sur le cheveux, la silhouette de stoppa en même temps que la voix.

La fille se tenait devant nous, à quelques mètres, venant apparement de prendre sa douche, les vêtements collants par endroit sur sa peau, laissant voir ses discrètes formes. Son visage souriant et de bonne humeur se crispa d'abord de stupeur, puis se rembrunit de tristesse ou de douleur.

Sous moi, je sentis le corps de Jonethann se raidir également.

« Quand on parle de la louve » glissa doucement de ses lèvres, mais je n'étais pas sûre que la fille entendit quelque chose, ni même s'il l'avait réellement prononcé.

- Ann.... Annastasia ma chérie !! claironna t-il, tu tombes bien, je venais justement de proposer à notre invité de...

Mais je ne l'écoutais plus. Quelque chose clochait... Il y avait un problème... Quelque chose était étrange chez cette fille.. Sans que je comprenne quoi. Quelque chose qui me chiffonnais.

Je fermais les yeux, tentant de me souvenir.. Mais avant que je ne pus voir quoi que ce soit, mes jambes lâchèrent, et je m'effondrais dans les bras de Jonethann, inconscient.

Des yeux noisettes...

Je me réveillais en sursaut. Regardant autour de moi, je constatais que mon fidèle infirmier n'était à mes côtés cette nuit. Peut être avait il enfin comprit qu'il fallait dormir parfois...

Mon corps entier me faisait l'impression d'être passé sous un rouleau compresseur géant.

Qu'avais-je fais ? Ah oui ! La « balade » de Jonethann...

Et puis la rencontre avec sa petite amie, et puis... Et puis le vide. Après ça, plus rien. Que s'était il passé ?

Mon cerveau me faisait presque plus souffrir, à force de mouliner dans le vide... Quand pourrais-je enfin avoir une vie normale, avec des réactions normales, genre des souvenirs ?

Perdu dans mes pensées, je faillis ne pas remarquer le léger bruit de la clanche de la porte de ma chambre. Je me rendit compte qu'on devait être en plein milieu de la nuit, la pièce étant plongée dans un noir profond.

Ce n'étais pas Jonethann, lui ne faisait pas de bruit... Alors qui ? Venir me voir en pleine nuit ?

Ne pouvant compter sur ma vue, je tendis l'oreille, à l'affut du moindre bruit.

Je ne savais pas d'où me sortais tout ces réflexes, mais ce n'était pas le moment de me poser la question.

Un mince filet de lumière apparut furtivement, avant que la porte ne se referme dans un presque inaudible grincement.

Quelqu'un était entré.

Je me concentrait encore plus. Les craquements du plancher semblait désigner que la personne se rapprochait du lit. Le lit où j'étais censé dormir.

Le plus délicatement et silencieusement possible, j'écartais les draps, et me faufilais hors du matelas, faisait taire mes muscles criant au supplice.

Si mon ouïe ne me trahissait pas, l'intrus se trouvait maintenant au bords des couvertures, là où je me trouvais il y a quelques instants.

Me tenant sur le côté, je me glissais derrière la silhouette, voulant profiter de mon avantage.

L'encerclant pour lui mettre la main sur la bouche, ce fut elle qui me prit pas surprise. Plus rapide que moi, elle se retourna avant que je ne puisse la réduire au silence.

L'individu, ou plutôt l'individue, puisque le petit gabarit me faisait plus pencher pour être celui d'un fille, savait clairement se défendre.

Je n'arrivais pas à prendre le dessus, et à la maîtriser. Plus rapide, plus agile que moi. Peut être qu'il en aurait été autrement si j'avais été dans un meilleur état, mais en l'occurence, elle avait l'avantage.

L'acculant contre le mur, elle se baissa et se glissa sous mon bras, m'échappant encore une fois, pire qu'une anguille. Elle voulu rejoindre la porte, mais je l'en empêchais, la retenant in extremis par les épaules. La faisait glisser, je la ramenais contre moi.

Bizarrement, elle ne semblait pas vouloir attaquer, elle se contentait seulement de se défendre. J'étais prêt à parier qu'elle aurait pu en finir depuis longtemps avec moi si elle passait à l'offensive.

Alors pourquoi ?

Profitant d'un instant de faiblesse, je la fit chuter au sol par une petite balayette, et la contrôla au sol, les poignets dans mes mains, assis à califourchon sur elle. Elle gigotait sous moi, mais sans grande conviction.

Bon sang, qu'est ce qui n'allait pas avec cette fille ? Pourquoi elle n'attaqua pas ? Ce n'était pas logique.

Un éclat de lumière me fit prendre le fil de mes réflexions.

C'était Jonethann qui venait de débouler, l'air affolé, dans la chambre, en allumant la lumière.

Il écarquilla les yeux, avant de jurer :

- Par tout les Dieux du Panthéons des Angéliens... Mec t'as pas perdu tes réflexes !

Mais je me fichais de ce que disait Jonethann.

Je fixais seulement la fille sous moi.

Je fixais son visage.

Je fixais ses yeux.

Ses yeux.

Des yeux noisettes.

Gardiens des Panthéons : Ahauréliane LorélysOù les histoires vivent. Découvrez maintenant