Maman !

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- Et on va faire comment pour sortir du lycée en douce ? On devrait être en cours normalement je vous rappelle !

Je m'adressais à Calypso, mais à mon plus grand désespoir, ce fut la personne la plus exaspérante au monde que je connaisse qui me répondit :

- Tu connais les poneys volants ? lâcha-t-il, sans prendre la peine de se retourner, avant de pouffer de rire.

La surprise de sa réponse me stoppa net. Comment peut-il dire une stupidité pareille ? Bon, ok, j'ai su dès le début qu'il était bizarre. Vraiment tarer même. Mais là, je suis persuadé qu'il vit carrément dans un autre monde. Il faudra que je discute avec Calypso plus tard, histoire de lui dire que la place de son cher ami est plus dans un hôpital psychiatrique qu'avec nous. Il va finir par me faire flipper. Mais bon, j'ai confiance en Calypso.

Cherchant du réconfort auprès de cette dernière, je tournais les yeux vers elle.

- Ils ne peuvent pas nous voir, on est invisible aux yeux des humains.

Bah voyons. Priant de toutes mes forces pour que je me réveille du plus bizarre cauchemar que j'ai jamais fait, je me remis à marcher derrière eux.


Au bout, d'un couloir, nous croisons un éducateur du lycée. J'observais le comportement de Calypso, pour savoir quoi faire. S'il nous surprenait à trainer dans les couloirs, on était foutu. Bizarrement, ma meilleure amie ne réagit même pas.

- Et vous ! Retourner en cours, vous n'avez rien à faire ici !

Et voilà, on était repéré. Je regardais encore une fois Calypso, mais elle ne semblait toujours pas se soucier de l'homme devant nous.

J'allais répondre, quand une voix surgit dans mon dos :

- Oui m'sieur, tout de suite m'sieur.

Je me retournais, surprise. Un groupe d'étudiants étaient derrière nous. Est-ce que c'était à eux que l'éducateur parlait ?

Ce qui signifierait... Non, ce n'est pas possible... J'avais beau avoir pris des cours de magies quand j'étais enfant, je savais très bien qu'il y avait toujours un tour derrière tout ça, on ne peut pas rendre les choses invisibles.

Décidément, ce rêve était de pire en pire, et j'avais vraiment hâte de me réveiller.

Au bout de cinq minutes, nous étions enfin sorti du lycée, et nous marchions dans les rues bondés de monde.

Je regardais les passants, personne ne semblait nous regarder. Mais bon, ils étaient tous occupés, c'est normal qu'ils se fichent d'un groupe d'ados, non... ?

Je réfléchissais à tout ça, quand mes yeux se posèrent sur la silhouette devant moi.

Krystopher marchait devant, à quelques pas de Caly et moi.

Sa démarche était chaloupée, aussi gracieuse et silencieuse que celle d'un chat. Il avait une façon de bouger presque hypnotisante. Ses cheveux bruns dansaient sur sa tête à chaque fois qu'il faisait un pas, avec un léger ondulement gracieux.

Non mais qu'est-ce qui me prend de le regarder comme ça ? C'est un personnage grossier, d'abord ! Sa façon de se moquer de moi et de mon incrédulité est vraiment minable. Je ne suis pas d'une nature violente, mais si jamais il continue à me chercher, je sens que je ne vais garder complètement mon calme.

En même temps... Vu sa carrure, je ne pourrais pas faire grand-chose contre lui. De dos, ses jambes paraissaient encore plus musclées, et sa taille fine démarquait vraiment de ses épaules développées. Son t-shirt à manches courtes découvrait ses bras, et ses muscles fins...

Non mais ça va pas ? Ça fait deux fois que je me surprends à le regarder en quelques minutes ! Depuis quand je m'attache à ce genre de détails, moi ? De plus, le grossier personnage qu'il est gâche tout. Peut-être que s'il était plus gentil...

Je sens mon visage s'empourprer rien qu'au faite de prendre conscience de ce que je suis en train penser, je divague vraiment, et mon coup sur la tête n'a rien dû arranger.

- Ça va Anna ? me demande doucement Calypso. Tu veux t'arrêter, tu es toute rouge !

La remarque de Caly ne me fait que rougir encore plus, et je lui réponds d'un signe négatif de la tête avant de détourner les yeux de Krystopher.


Krystopher semble connaitre le chemin jusque chez moi, si bien que je le laisse guider le groupe.

A mesure qu'on avançait, je me sentais de plus en plus fatigué, et ma douleur à la tête était de plus en plus tenace.

Après quelques pauses de quelques minutes, malgré les protestations de Krystopher, qui lui valu des regards mauvais de Calypso et une injure bien mérité, nous arrivions enfin devant la porte de ma maison.

- Calypso...

J'ai failli ne pas reconnaitre la voix de Krystopher, c'est la première fois que je l'entends aussi sérieux.

Je vois Calypso regarder ma maison, puis Krystopher, avant de me demander doucement, la mine renfrognée.

- Anna, tu restes dehors, on vérifie quelque chose et on revient.

Le corps de Krystopher me bloquait la vue de la maison, mais je me décalais pour voir la cause de l'inquiétude dans la voix de Caly.

La serrure de la maison avait été cassée, et la porte entrebâillée.

- Pas question de vous attendre dehors, je veux venir avec vous, je veux voir ma mère.

Avant d'avoir pu attendre une réponse de l'un des deux de mes compagnons, je m'avançais vers le perron de ma maison.

Avec l'agilité d'un chat, Krystopher se faufila devant moi. Un éclat de lumière attira mon attention sur sa main. Il tenait un objet bizarre, de forme allonger et plutôt long, dans un métal argenté, légèrement lumineux. Qu'est-ce que ça pouvait bien être ?

Avant que je puisse me poser la question, un grand cri retentit dans la maison. Affolé, je me précipitais vers les escaliers. J'avais identifié l'auteur de ce cri. Ma mère.

- Annabelle, attend ! tempera Krystopher avant de jurer, et de me suivre dans les escaliers.

L'adrénaline me redonna un peu de force, et je montais les escaliers plus vite de jamais. Derrière moi, j'entendis encore Krystopher m'appeler, mais je m'en fichais. Ma mère était en danger.

J'allais tendre la main pour ouvrir la porte de la chambre d'où provenait le cri, quand un bras me retint fermement en arrière.

- Annabelle, attend, c'est peut-être un piège.

Décidant de ne pas l'écouter, je réussis à me libérer de son emprise, et déboule dans la chambre.

Ce que j'y me fis presque évanouir. Dans un juron qui m'était inconnu, Krystopher arriva derrière moi, et se plaça devant pour me protéger. Je sentis vaguement la présence de Calypso derrière moi.

-  Maman ? dis-je dans un demi-souffle, avant de sentir mes jambes trembler.

Ma mère releva la tête vers moi.

Deux monstres hideux de deux mètres la tenait de chaque coté. Ils étaient poilus, d'une couleur abominable de vert, avec une sorte de tête de chien hargneux.

La porte claqua derrière moi, et deux monstres pareils à ceux qui tenaient ma mère en barraient l'accès. Je découvris avec horreur que deux autres se tenaient sur les cotes.

- Et merde, siffla Krystopher.


Gardiens des Panthéons : Ahauréliane LorélysOù les histoires vivent. Découvrez maintenant