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Dans les coulisses de cette émission que j'ai toujours aimée... j'avais l'impression de flotter. Participer à Vendredi tout est permis avec Arthur ? Un rêve de gamine. J'étais fière, légère, reconnaissante.

Moi (souriante) :
— Merci infiniment de m'avoir invitée. C'était génial, vraiment.

Arthur :
— Avec plaisir ! Reviens quand tu veux, t'as mis une super ambiance.

Je quittais le studio, encore dans l'euphorie, quand mon téléphone vibra. C'était mon grand frère .

Moi :
— Allô ?

Mohamed (mon grand frère) :
— Il se passe quoi là ?

Moi :
— Hein ? De quoi tu parles ?

Mohamed (agité) :
— Tu l'as pas encore vue ? Y'a une vidéo qui tourne sur Twitter. Ta bande d'anciens potes. Ils t'ont visée, ils t'ont lâché douze insultes et la vidéo buzz partout.

Moi :
— ...Je te rappelle.

Je raccrochai, les mains tremblantes. J'ouvris Twitter. Première chose dans les tendances : le nom de Keniah. Je cliquai. Une vidéo, postée depuis son compte. Je branchai mes écouteurs. En entrant dans la loge, le cœur serré, j'appuyai sur "lecture".

Keniah (face caméra) :
— J'ai tenu à réagir à la vidéo qu'Aya a publiée sur sa chaîne, là où elle parle d'"amis toxiques". On a bien compris que ça nous visait. Moi je suis pas une personne toxique, et je refuse de me faire insulter publiquement sans répondre. S'il faut dévoiler les vraies histoires entre elle et Dadju, je le ferai.

Un battement de cœur raté. J'avais jamais exposé leurs histoires. Jamais. Toujours restée discrète, pro, classe, même quand ça me brûlait la gorge.

Kelia (à côté d'elle) :
— Leur rupture, c'était juste une question d'âge. Elle est jeune, lui il venait d'avoir 25 ans. Il voulait des choses sérieuses — mariage, enfants — et elle non. Donc ils ont rompu. Point barre.

Keniah (plus virulente) :
— Donc quand elle vous parle d'"entourage toxique", c'est du flan. Elle invente des trucs pour buzzer. C'est une mytho.

Kelia :
— Une mytho, ouais.

Keniah :
— Avant de traiter les gens de toxiques, faut peut-être se regarder dans un miroir. Moi j'sais l'éducation que j'ai reçue. Ma mère, mon père, m'ont appris le respect. J'suis pas une toxique. Mais elle ? Faudrait que vous sachiez...

Kelia (enchaîne comme un robot) :
— Aya, elle a grandi sans sa mère. Son père, toujours absent. Son grand frère ? Dans l'armée. Le deuxième ? Un mec à femmes, un dealer.

Keniah (insiste) :
— C'est ça votre modèle ? Cette fille-là vous parle de respect, de valeurs, alors que toute sa vie c'est du vent ?

Mon sang se glaça.

J'ouvris les commentaires.

— "Grave déçue d'Aya. C'était pourtant ma youtubeuse préférée."

— "Elle avait l'air sincère pourtant..."

— "Je le savais que c'était une mytho. Depuis qu'elle sortait avec lui."

— "Parler des parents des gens c'est trop bas. Dégoûtée."

— "J'suis choquée de ce que je viens d'entendre..."

Je me suis assise. J'avais la tête qui tournait. Un bourdonnement dans les oreilles. J'arrivais pas à respirer.
Je voulais juste qu'on me foute la paix

De toi , a moi [ Dadju]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant