Cachée au fin fond du Tombeau, Yana n'a eu aucun mal à devenir une terrible tueuse. Mais lorsqu'elle émerge enfin à la lumière du dehors, ses crimes ne peuvent plus être ignorés de personne.
Alors, comment mentir à Malo, l'héritier de l'Empire qui l...
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Mais comme si elle attendait depuis toujours d'être interrogée, elle parla immédiatement et sans gêne.
—Où vivais-tu ?
— Dans les bois. Il y avait cette clairière où le soleil venait parfois. Et puis cette petite rivière qui courait sur les cailloux.
— Tu habitais avec tes parents ?
— Oui, papa était charpentier, il coupait les arbres et il les taillait ensuite. Maman, elle, était trop occupée ; faut voir, elle a eu en tout pas loin de dix rejetons !
— Pourquoi elle a eu tant d'enfants ?
— Parce que quand mon grand frère est né... Ah, et puis c'est une longue histoire.
— Raconte !
— Bon, mes parents n'étaient pas bien riches, en réalité. C'est pas qu'ils travaillaient pas dur, mais c'est que les riches ne voulaient pas leur donner trop d'argent, alors...
— Qu'est-ce que tu dis ? Mon père à moi, il était riche et il n'arrêtait pas de donner son argent !
— Chut ! écoute-la.
— Enfin c'est ce qu'il disait souvent, mais en tout cas à cause de ça papa est parti dans la montagne vivre au milieu des forêts parce que l'Empereur avait besoin de colons dans les terres neuves. Il y avait tellement de terres avec plein de bonnes choses dedans que ma mère a décidé d'en faire profiter au plus de gens possible. C'est pour ça qu'elle a fait tant d'enfants. Maman disait qu'on était les enfants les plus heureux du monde. Moi, j'étais l'aînée des filles, alors avec mes deux grands frères on allait chasser tous les jours ensemble, pendant que papa taillait et que maman restait à la maison. Le soir, je rentrais et j'aidais mon frère jumeau à s'occuper des touts petits.
— Tu avais un jumeau ?
— Il s'appelait Yann. Je m'en souviendrai toujours, parce que si je me rappelle son prénom, alors je me souviendrai du mien.
— Comment es tu arrivée ici, au fait ?
— Sais plus, préfère oublier.
— Ils sont toujours dans la forêt, le reste de ta famille?
— Oui, presque tous. Je ne pense pas qu'ils s'en aillent un jour. Je sais exactement où est maman, dans l'embrasure de la porte. Et papa, lui il est sous ce vieil arbre juste en face, il dort. Papa était très fort, même quand il dort, il paraît toujours aussi fort.
— Pourquoi ne dort-il pas à l'intérieur ?
— Ça se voit que t'as jamais été en forêt, toi. Sous les arbres, tu es bien partout, t'as de la mousse dans tous les coins et t'as juste à t'allonger n'importe où pour piquer un somme. Avant, après le déjeuner, je m'allongeais dans la clairière, au milieu des primevères, et je n'avais qu'à fermer les yeux pour sombrer. Qu'est-ce que tu dis de ça ?