Cachée au fin fond du Tombeau, Yana n'a eu aucun mal à devenir une terrible tueuse. Mais lorsqu'elle émerge enfin à la lumière du dehors, ses crimes ne peuvent plus être ignorés de personne.
Alors, comment mentir à Malo, l'héritier de l'Empire qui l...
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Govat était un homme de malchance. De toutes les grandes batailles du siècle, il n'en avait manqué aucune. On ne comptait plus le nombre de vies qu'il avait enlevées, et en dehors du Tombeau, il n'y avait pas une seule personne à travers l'Empire qui puisse formuler un avis favorable à son sujet.
Combattu, il l'avait fait, à l'excès même, avec bravoure et intelligence. Sa maîtrise de l'art du combat, il la devait à sa formation au sein des tuniques noires depuis son plus jeune âge. Cependant, ce destin funeste lui avait été prédit dès la naissance. Govat avait vu le jour sans père ni famille, si ce n'est sa misérable mère qui le vendit au premier venu, avant qu'il n'ait pu connaître la tendresse maternelle. C'est ainsi qu'il reçut pour unique enseignement celui des guerriers sombres ; il grandit dans l'obscurité du Tombeau et vit le ciel pour la première fois le jour de ses dix ans. Alors, il devint une tunique noire à part entière, parce qu'il préférait cette seule possibilité plutôt que mourir.
Mais pour l'heure, Govat était d'humeur passablement exécrable en pensant à sa récente nomination au poste de cadre à la section quatre. Après plusieurs années relativement confortables consacrées à la maintenance des installations du volcan, on avait fini par lui assigner un travail ingrat sur le terrain.
— Jeunes gens de la section quatre, je me présente, Gardien Govat. Pour ceux qui croient que la section quatre est le terminus d'un dur périple, j'ai le regret de vous détromper. Vous êtes toujours cette même bande de cafards qui grouillait au fond du Tombeau. Aujourd'hui, vous n'êtes rien de mieux, ni demain ou plus tard. Vous êtes figés à jamais dans votre état actuel de médiocrité et personne n'en réchappera. Les exploits que vous êtes persuadés d'avoir accomplis l'année dernière ne signifient rien pour personne, et surtout pas pour vous. Tout ce que vous avez fait et ce que vous ferez à l'avenir sera immanquablement dépourvu de sens et d'utilité. Les techniques que je vous enseignerai ne vous serviront à rien d'important, mais vous ferez tout de même l'effort absurde de les apprendre. Pour les rares d'entre vous qui passeront en section cinq, votre cauchemar ne s'arrêtera jamais. Quant à la grande majorité des autres, il sera écourté. Mais je vous demande de souhaiter à chaque instant de le prolonger, même si cela n'a pas de sens, juste parce que j'ordonne qu'il doive durer le plus longtemps possible. Bien, les consignes ont pour seul mérite d'être claires. Comme je vois certains d'entre vous désespérer, je vous rassure immédiatement. Il existe des moyens efficaces et tout à fait légitimes pour abréger votre vie en section quatre. Si vous êtes malin, tâchez de vous faire poignarder, ou piétiner, peu importe, lors des batailles. Vous serez contents d'apprendre qu'il y en aura une environ tous les mois, ne vous découragez donc pas. Avant de partir, une dernière chose. Votre ancien Gardien Ikral a obtenu une faveur de la part de la Gardienne Suprême pour le féliciter du travail effectué en section trois. Il a demandé à pouvoir exercer sa particularité sur l'un d'entre vous lors de la prochaine bataille. 423, sors du rang.
Au milieu des enfants parfaitement alignés, une frêle silhouette avança d'un pas et retira sa cagoule. Govat marqua une pause devant les innombrables cicatrices qui recouvraient sa peau et y reconnut immédiatement la signature d'Ikral. Personne d'autre que lui ne gaspillerait son temps libre à torturer une fille à peine sortie du Tombeau. Il n'y avait rien d'aussi peu intéressant.