13.3 Le jardin écarlate

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Yana se tenait là, dans l'encadrement de la fenêtre, sa peau nue sous sa chemise affrontant vaillamment les morsures du froid

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Yana se tenait là, dans l'encadrement de la fenêtre, sa peau nue sous sa chemise affrontant vaillamment les morsures du froid. Malo fit jaillir instinctivement une boule de feu de sa main, qui vint flotter au milieu de la pièce en diffusant une chaleur bienvenue.

— Je suis un peu frileux, se justifia-t-il devant le regard énigmatique de Yana.

—Malo, murmura-t-elle en s'efforçant de cacher son amusement. Vous êtes très curieux parfois.

— Oui, très curieux mais surtout très irresponsable, dit Malo, évitant son regard. Jamais je n'aurais dû vous laisser seule alors que j'avais promis à votre frère de veiller sur vous.

— Je suis surprise que vous soyez intervenu. Votre promesse ne vous force pas à vous battre contre votre propre frère. Yann aurait compris, et moi aussi.

— Ce n'est pas tout à fait la première fois que je combats mon frère. Mais jamais cela n'a été pour une si bonne raison. Tout de même, heureusement que Jian était là pour m'aider.

— Jian a été libéré ? demanda immédiatement Yana sans pouvoir dissimuler sa surprise.

— Bien sûr, répondit Malo comme si c'était évident. Jian n'avait rien fait, quelqu'un a trompé les détectives.

Yana le regarda pendant un long moment avec cette expression indéchiffrable qui lui était habituelle. Malo pouvait voir chacune de ses cicatrices cheminer sur sa peau et se colorer de reflets rouges sous l'effet de sa boule de feu. Elle gardait sa main brûlée dissimulée derrière son dos, loin de la chaleur ambiante de la pièce.

— Peu importe ce que vous croyez sur moi, vous vous trompez, dit-elle d'une voix dénuée d'intonation. Votre frère a raison, je suis ce que le Tombeau a fait de moi, rien de plus. Si vous aviez connaissance de tous les actes que j'ai commis, vous ne seriez pas ici dans cette chambre en train de discuter tranquillement en ma compagnie. Vous m'auriez déjà traînée à terre, dehors, et brûlée vive devant tous vos sujets.

— Je ne le crois pas, répondit simplement Malo. Je ne suis pas un ange non plus, et vous le savez très bien. C'est moi qui vous ai forcée à l'humiliation et au dévoilement devant des centaines d'inconnus. C'est moi encore qui ai ouvert de force votre esprit pour fouiller dans vos souvenirs. C'est inexcusable et vous n'avez pas tort de me détester.

— Vous détester ? Vous comparez vos fautes aux miennes... Vous n'avez aucune idée de ce que vous dites. Rien de ce qui vous concerne n'est impardonnable. Ce que j'ai fait, à l'inverse, ne pourra jamais être effacé.

— Vous êtes trop sévère avec vous-même, ponctua Malo.

A vrai dire, il éprouvait des difficultés à suivre le cheminement des pensées de Yana. Il n'était pas habitué à entendre des propos si tourmentés, si ce n'était quand son père parlait de sa femme Isabelle. Le malheur, le désespoir, le dégoût, c'était beau dans les livres, mais dans le cœur d'une fille, ça, on ne l'y avait pas préparé.

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