13.2 La colère de Roland

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Voici la suite du chapitre 13 : j'ai dû découper cette suite en deux parties pour qu'elle soit plus aérée mais je les poste en même temps. Vous pouvez donc les lire à la suite si vous avez le temps. 

Pour rappel : Malo vient de soigner Nina, une des petites protégées de Yana, lors d'une sortie en ville avec les autres prétendantes. Malo a maintenant l'intention d'innocenter son maître Jian, Maquellan accusé "injustement" du vol de l'Elixir de Dragono.

Nina fut remise sur pied et tout le monde rentra au palais en discutant de ce qui venait tout juste de se passer.

Malo grimpa directement jusqu'au quartier général des détectives situé dans l'aile droite, au deuxième étage au dessus de la cour. Il traversa les bureaux sans toquer car après tout, sa qualité d'Héritier lui donnait beaucoup de libertés et il comptait bien en profiter.

— Bonjour Monsieur, dit-il poliment au chef chargé de l'enquête sur le vol de l'Elixir, dès qu'il eut repéré l'écriteau « M. Binocle » sur la porte de son bureau. Je voudrais voir le prélèvement d'ocre réalisé sur les bottes du Maquellan Jian, si c'est possible.

Le détective en chef était un homme à l'embonpoint imposant et aux manières joviales. Il portait des lunettes au verre épais qui lui cachaient une partie du visage et une barbe foisonnante, comme s'il venait juste de la laisser pousser.

— Bien sûr, répondit-il avec un empressement exagéré. Je ne peux rien refuser à l'Héritier de l'Empire.

Malo le laissa se répandre en louanges sur la personne de l'Héritier sans tiquer. Tant qu'il obtenait ce qu'il voulait, il ferait la sourde oreille à ce discours ennuyeux que ses subordonnés avaient tendance à lui déblatérer à tort et à travers. Le détective ouvrit les tiroirs un par un jusqu'à en extraire une paire de bottes montantes lévitant dans une bulle que Malo savait hermétique. Le jeune homme remarqua plusieurs autres sachets dont la date figurait sur des étiquettes.

— Voilà la pièce à conviction, déclara M. Binocle d'une voix théâtrale en repoussant ses lunettes sur l'arrête de son nez. Elle est précieusement conservée et la qualité de nos services doit...

— Avez-vous fait analyser cette ocre ? coupa Malo.

— Il en va de soi, répliqua le détective en prenant un air faussement offensé. Elle correspond exactement au même type d'ocre que celui présent dans la réserve, si ce n'est que les grains sont plus fins sur la chaussure.

— Comment expliquez-vous cela ?

— Sans doute ont-ils été écrasés sous la semelle...

Malo avait la curieuse impression que le M. Binocle prenait plaisir à formuler des hypothèses invraisemblables, comme s'il lui lançait le défi de découvrir lui-même la vérité.

— Ce n'est pas mon avis, dit Malo avec le plus grand sérieux. Pouvez-vous, s'il vous plaît, rassembler vos collègues dans la salle de réunion ? Je dois aborder plusieurs points avec eux.

Le détective ne parut pas étonné de cette demande qui sembla au contraire l'enchanter, si bien que le groupe entier se retrouva bientôt autour d'une table rectangulaire avec Malo présidant à une extrémité. Il était impatient de commencer et tapotait le dossier de sa chaise, plein d'assurance.

— Bonjour à tous, désolé pour le dérangement, commença-t-il en guise de formalité. Nous sommes réunis pour discuter du problème de la paire de chaussures, pièce principale de l'accusation du Maquellan Jian. Sommes-nous d'accord jusque-là ?

Il y eut un murmure général d'approbation et Malo s'estima satisfait.

— Bien. On m'a néanmoins informé que l'ocre prélevée sur la semelle des bottes était légèrement plus fine que celle présente dans la réserve. L'explication que vous avez fournie à cette incohérence est que la semelle aurait moulu la poudre. Est-ce bien cela ?

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