Partie 11

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Le coeur lourd, je me retrouve contre le plan de travail, mon téléphone entre les mains. L'écran est noir, tournant dans mes doigts alors que je n'arrive pas à me décider. Lire ou non. Prendre la peine de souffrir un peu plus ou non. Je ne sais pas. Anthony se dandine sur ses pieds et il attend que je réagisse, que j'agisse surtout. Ce serait une bonne idée mais je ne suis pas en mesure de me convaincre. J'ai peur. Peur de voir que tout est fini.

Je grogne, pose mon téléphone sur le côté et frotte mon visage. Cette situation devient invivable ! Tout ça à cause d'un foutu baiser. 

- Je suis...

- Ferme la, je coupe Antho et il se mord la lèvre. 

Je laisse mes yeux dans les siens, coupables et déroutés. Il s'en veut énormément d'avoir répondu sans mon accord. Et malgré que je ne sache toujours pas ce qu'il a mis, je comprends d'avance que je ne vais pas le prendre dans mes bras. 

Dans le salon, le trio discute joyeusement depuis cinq bonnes minutes. Je passe une main dans mes cheveux, soupire et pince l'arête de mon nez. Antho passe une main sur mon épaule et me dit qu'il va rentrer maintenant avec Tom. Je hoche la tête, c'est sûrement une très bonne idée. Peut-être même la meilleure. J'ai besoin d'être seul.

Alors qu'il sort de la cuisine, mon téléphone vibre. Je n'y jette pas un regard, me redressant pour rejoindre le groupe au salon. Ils sont tous en train de renfiler leur manteau. Tom me dévisage et je pince les lèvres. Lorian me serre rapidement dans ses bras, et me dit de me reposer. Aly embrasse ma joue et le suit. Alors qu'Antho me fait un simple signe avant de sortir, Tom s'arrête devant moi et enfonce ses mains dans ses poches.

- Ecoute mec, il est grand temps que tu portes tes couilles et que tu assumes ce qu'il se passe entre toi et Bryan. 

- C'est toi qui a foutu la merde tout à l'heure, je réplique et il hoche la tête.

- Je sais. Mais tu le cherches Matt, tu n'arrives pas à te défaire de toute cette histoire. Et vous êtes tous les deux mes meilleurs potes, je ne vais pas continuer à vous regarder souffrir, claque-t-il méchamment et je baisse les yeux. Il faut que vous en discutiez, pas que vous fuyez et empêchez cette conversation. Ca fera mal, mais ce n'est que comme ça que vous avancerez. Que tu t'en sortiras. 

Je relève mon regard vers lui et hoche la tête. Je ne peux plus reculer, les actes ont été faits et il ne me reste plus qu'à les affronter. Je passe un bras autour de ses épaules et le serre contre moi en le remerciant. Heureusement qu'il est dans ma vie.

- Bon, j'y vais, souffle-t-il en s'écartant et il cogne son poing contre le mien avant de se détourner pour prendre la porte. Et au moindre soucis, tu m'appelles, je viendrai.

Il tourne son visage une seconde vers moi, me sourit puis referme la porte dans son dos. Cette fois, je suis vraiment seul. Avec mon téléphone. Et le petit chat qui vient se glisser entre mes jambes. Je l'attrape, le bloque contre mon torse et embrasse sa tête en retournant dans la cuisine prendre une bière et mon portable. Dès que je suis assis sur le canapé, l'espèce de truc roux qui me sert d'animal de compagnie s'allonge sur mes cuisses et ronronne de tout son soul. Mes doigts passent sur ses poils longs tandis que j'ouvre ma bouteille avec les dents avant d'en boire une gorgée. Tout est encore en vrac sur la table basse, la télé est restée allumé sur une partie. Bon.

J'inspire et attrape finalement mon téléphone, laissant le chat tranquille. Je déverrouille l'écran pour voir que j'ai un nouveau message de Bryan. J'expire fortement, pas du tout confiant. Je tape ensuite mon code et immédiatement, c'est la conversation avec mon meilleur ami qui s'affiche. J'évite de lire le dernier message et remonte précipitamment jusqu'au dernier message que j'ai envoyé. Celui où je posais un ultimatum : soit il arrêtait de me parler le temps de calmer les choses, soit il laissait pisser et hop, tout redevenait normal. Du moins, du mieux que le normal pouvait être. A nouveau, j'inspire, histoire de me redonner du courage mais je pense que c'est foutu : je me pisse dessus. J'ai la boule au ventre, le cœur qui bat sourdement et j'ai des bouffés de chaleur. Ouais, je panique un peu. Mais il faut que je sache, que je mette un terme à ce jeu. Parce que je ne supporte plus d'en prendre plein la gueule constamment quand nous sommes deux fautifs. 

ForgivenessOù les histoires vivent. Découvrez maintenant