Je rattrape le bras d'Aly avant d'agripper sa hanche et de la faire danser collé-serré contre mon corps. Elle éclate de rire et se prend au jeu en se dandinant exagérément sous le regard de Lorian. Je crois qu'on l'épuise. Mais on s'en fout, aujourd'hui, c'est notre journée.
Vendredi. Enfin. Cela fait trois jours que j'ai laissé le carton à Bryan et je n'ai eu aucunes nouvelles. Je n'ai pas essayé de le contacter, de faire quoi que ce soit. C'est à lui maintenant de prendre les devants et de prendre une décision. Je ne le forcerai plus, mais je voudrais qu'il réalise la force de mes sentiments. Si il a compris que j'en avais déjà.
- Bonjour.
Je sursaute et m'écarte brusquement d'Aly. Mon cœur s'est allégé depuis que je me suis retrouvé bloqué dans cet ascenseur avec Bryan. L'embrasser, le sentir contre moi m'a fait un bien fou. Je n'aurais pas imaginé qu'il ait pu autant me manquer et pourtant. D'avoir pu lui dire à quel point il compte pour moi, à quel point j'ai besoin qu'il soit dans ma vie m'a permis de me remettre en selle, de ne plus perdre espoir. Seulement, je sais que je délire. Ce n'est jamais aussi simple, et encore moins en sachant qu'il a sa gamine.
J'expire en hochant la tête vers un client que Lorian prend immédiatement en charge. Pendant une seconde, j'ai cru que c'était lui, que Bryan était venu me dire qu'il lâchait tout et me voulait moi. En réalité, j'ai dû penser ça de chaque personne qui passait le portail du garage. Je n'arrive plus à me l'enlever de la tête, c'est bien pire qu'avant. Mes sentiments pour lui ont décuplé par mille tout ce que je pouvais ressentir.
- Ton portable sonne dans les vestiaires, me marmonne Aly en passant à côté de moi une petite heure plus tard.
Je fronce les sourcils et m'étire. Mon dos va finir par se briser en deux à force de soutenir pendant des heures des charges aussi lourdes que ces roues merdiques de 4x4. Je grogne, faisant doucement rire Lorian qui a enfin fini avec son client. Mon majeur se lève dans sa direction et je récupère mon portable, et mon paquet de clopes, avant de m'octroyer une pause dehors. De toute façon, on finit dans deux petites heures. Je fronce les sourcils en apercevant les nombreux appels manqués de Tom. Je n'hésite pas et le rappelle dans la seconde qui suit. Faite qu'il ne lui soit rien arrivé. Ou à Antho. Mon cœur se serre brusquement lorsqu'enfin, sa voix me parle.
- Merde, c'est maintenant que tu décroches ?
- Je bosse moi, je lui rappelle sans me préoccuper de son ton froid. Tout va bien ?
- Oh, loin de là bordel de merde de cul !
Je tire sur ma clope alors qu'il inspire profondément, sûrement pour se calmer. Il a l'air d'être enragé et la dernière fois, c'était à cause d'Anthony. Donc je ne réagis pas : j'ai pris l'habitude de l'entendre se plaindre lorsque tout va de travers à ses yeux.
- Bryan dort chez moi depuis mardi soir mec.
Cette fois, je prends le temps de l'écouter. On ne déconne plus lorsqu'il s'agit de Bryan. J'ai fait trop d'erreurs avec lui, je ne le laisserai plus m'échapper. Puis je réalise. Il est allé chez Tom le jour même où je lui ai rendu ses affaires, où on s'est embrassé à s'en déchirer. Où j'ai pris conscience que je ne pouvais pas aimer quelqu'un d'autre aussi fort que je l'aime.
- Comment ça depuis mardi soir ?
- Il a débarqué dans la soirée après m'avoir envoyé un message. On a énormément parlé, il m'a tout dit Matt, absolument tout... Je... Je sais pas quoi faire, il est brisé. Il est vraiment anéanti, perdu. Je te jure, malgré que j'ai beaucoup été présent pour toi ces derniers temps, je n'ai pas cessé un seul instant de lui envoyer des messages, de l'appeler, de me tenir au courant de comment lui aller. Mais là, jamais je ne l'avais eu dans cet état. Je sais plus quoi lui dire mec... C'est comme si il n'avait plus d'âme, plus de vie, plus rien. C'est...
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Forgiveness
General FictionÀ 25 ans, Matt et Bryan ont pris des voies différentes. L'un vit seul mais gagne bien sa vie. Quant à l'autre, il a une fille, une femme et travaille. Leur vie respective les éloigne mais leur amitié est trop forte pour qu'ils s'abandonnent. Jusqu'à...
