Je jette un nouveau coup d'œil en direction des trois hommes. Ils semblent avoir repris leurs esprits et commencent à recharger leurs armes. Je regarde aux alentours, mais ne vois aucune trace de mon allié de fortune. Bon, il est temps d'en terminer avec cette sale besogne.
Je ferme les yeux et inspire une grande bouffée d'air nauséabond. Mes mains ont enfin cessé de trembler, ma respiration est lente et profonde. Je peux repasser à l'action. Sans plus attendre, je me décale d'un pas, vise et tire. Trois tirs parfaits qui achèvent l'unité. Mes oreilles bourdonnent légèrement, avant de se réhabituer au silence de la mort. Des bleus. C'est tout ce qu'ils étaient. Un symptôme révélateur de l'expansion rapide du NGPP de ces derniers temps. Leurs nouvelles recrues sont envoyées sur le terrain avant même de savoir tenir correctement une arme. Ils deviennent alors de la chair à canon face aux milices armées et à une population prête à tout pour défendre son bout de terrain en zone sensible.
Un mouvement attire mon regard, plus loin devant moi. L'homme avec qui je me battais, il y a quelques instants à peine, se relève et pointe son arme dans ma direction, prêt à tirer. Si j'avais voulu le tuer, ce serait déjà fait et il le sait. Alors il range son semi-automatique sous sa veste, avant de me rejoindre aux côtés des corps inertes, l'air déconcerté. La colère a disparu de ses yeux et, toujours un peu perplexe, il se passe une main dans les cheveux. Nous allons peut-être pouvoir repartir sur de bonnes bases. En admettant que la mort de ces dix hommes en soit une...
— Pourquoi tu n'as pas essayé de te servir de ton arme contre moi tout à l'heure ? Et qu'est-ce que tu faisais à nous surveiller ? demande-t-il à nouveau sans détour.
J'époussette mon manteau et me dirige vers mon sac, mais l'homme m'attrape le poignet pour me forcer à le regarder. Je me dégage sèchement et récupère mes affaires avant de revenir auprès des cadavres, tout en sortant mon détecteur de présence. Cette fois, je lance un scan de détection de chaleur thermique en modifiant l'affichage pour que l'appareil me modélise la position des êtres vivants sur une vue aérienne dans un rayon de cinq cents mètres. Point rouge : grande corpulence. Point orange : moyenne corpulence. Point gris : petite corpulence. Comme ça j'aurais une vision d'ensemble des êtres vivants dans le coin.
Les corps se vident de leur sang à mes pieds tandis que l'icône de chargement du détecteur disparaît. Comme je m'y attendais, douze points rouges figurent au centre de l'écran. Dix ne vont pas tarder à s'éteindre les uns après les autres. Si j'avais le temps, je leur donnerais une sépulture décente... comme aux autres. C'était des êtres humains après tout. Mais connaissant leurs procédures, cela n'allait pas être possible. Au moins, ils n'auront pas le temps de pourrir à l'air libre comme ce rat.
— Si cette patrouille n'était pas passée par ici, tu serais mort, déclaré-je alors d'une voix sourde à l'homme qui m'a suivie.
— Tu sembles bien sûre de toi, réplique-t-il froidement en s'agenouillant auprès des soldats.
— Quant à tout à l'heure, j'étais juste curieuse. Et visiblement ça ne me réussit pas vraiment, rajouté-je plus pour moi-même que pour mon interlocuteur.
L'autre ne réagit pas, trop occupé à fouiller les poches des morts pour récupérer ce qui pourrait lui être utile. J'ai toujours du mal à me faire à cette pratique, mais les temps sont durs alors je garde pour moi mes réflexions acerbes. Je sors mon Mémo et lui demande de me calculer un nouvel itinéraire pour la journée.
— Je te conseille de ne pas trop traîner dans les parages, une autre patrouille va bientôt débarquer pour voir ce qu'il est advenu de celle-là, lui dis-je doucement en rangeant l'appareil dans mon sac.
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Horizons #1 - Sombre balade
Ficção Científica-- Résumé -- 2107. Deux ans plus tôt, le monde est dévasté de façon brutale et soudaine. Aujourd'hui, il ne reste plus que des ruines, de la poussière et des cadavres. Les rares rescapés tentent de subsister, tiraillés entre les milices locales et l...
