Chapitre 6

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« Ma tête me fait un mal de chien. Comme si quelqu'un s'amusait à jouer de la batterie avec. Je roule sur le côté en poussant un grognement de douleur, avant d'ouvrir les yeux. Une faible lueur, émanant de sous la porte, éclaire la petite pièce sombre où je me trouve. Une fois à genoux, je tâte avec précaution mon arcade sourcilière. Un liquide poisseux macule aussitôt mes doigts et une odeur de fer emplit mes narines. Pourquoi ne m'ont-ils pas tuée ?

Je baisse les yeux sur ma poitrine. Mon débardeur blanc est maculé de sang et mon pantalon déchiré. Je n'ai plus ni mon foulard, ni mes chaussures, ni ma ceinture. Encore moins mon sac et mes armes. Ils m'ont tout pris et me voilà enfermée dans cette putain de pièce ! Abattue par ma situation, j'observe mes mains couvertes de sueur et de taches rougeâtres séchées. Elles font pitié à voir. Je me palpe les côtes en esquissant une grimace. Ces enfoirés ne m'ont pas loupée. Je suis dans un sale état.

Je rampe vers le mur le plus proche et y prends appui pour me relever. Bordel ce que ça fait mal ! Après quelques pas hésitants, mon esprit se tourne vers des préoccupations plus importantes que ma petite personne. Les autres... Ont-ils réussi à fuir ? Ont-ils été rattrapés par les soldats ? Sont-ils toujours en vie ? Une bouffée d'angoisse m'étreint et je m'adosse sur la paroi de ma cellule pour calmer ma respiration.

Tandis que je tente de chasser les pires scénarios qui se déroulent dans ma tête, la porte s'ouvre avec fracas et une silhouette imposante se découpe dans la lumière aveuglante. Je cligne des yeux et tends les bras pour me protéger de cette agression lumineuse.

L'homme qui se tient dans l'encadrement aboie un ordre. Deux soldats jaillissent alors derrière lui pour m'empoigner. Je tente de leur échapper, mais la pièce est petite, et ils sont grands... et forts. L'un d'eux m'attrape par le bras et essaie de me maîtriser par la force. Je résiste, déployant beaucoup d'énergie pour échapper à ses grosses mains, tout en frappant à l'aveuglette. Soudain, un coup donné dans les côtes me coupe le souffle. Le deuxième homme lève à nouveau une matraque au-dessus de sa tête et l'abat plusieurs fois sur mon corps déjà meurtri. Impossible d'esquiver quoi que ce soit. Le bâton en métal me broie la tempe, et, l'espace d'un instant, je perds connaissance.

Deux gifles me ramènent à moi et mes tortionnaires me remettent sur pied. En silence, ils me font sortir de la cellule, chacun me tenant par un bras, mais je n'ai aucune intention de m'échapper. Pour le moment, je ne ferais pas trois pas avant de m'écrouler.

Le troisième soldat ouvre la marche et nous traversons de nombreux couloirs sans croiser personne. J'aurais aimé enregistrer quelques détails pour me repérer, mais tout se ressemble. Le sol, les murs, le plafond, les portes... tout a la même couleur... gris pâle. Pas une pancarte, pas une inscription... rien. Impossible de retenir la géographie des lieux dans ces circonstances, d'autant plus que mon mal de crâne ne fait qu'empirer. J'ai l'impression de traverser un hôpital, ou un centre d'examen. Les bruits de nos pas sont assourdis par le lino uniforme, et les portes sont espacées de manière régulière. Pourtant, mon intuition me dit que ce n'est pas tout à fait ça.

Après avoir déambulé un bon moment à travers le bâtiment, les trois hommes finissent par s'arrêter devant une porte, semblable aux autres. Celui qui marchait en tête me pousse à l'intérieur de la pièce sans ménagement. Les murs sont plus sombres que dans le couloir et il n'y a pas de fenêtre. Au centre, une table haute rectangulaire, un chariot et trois hommes semblent nous attendre. Oh putain, ça ne sent pas bon du tout cette histoire !

Malgré mes vaines tentatives de résister, mes deux gardiens me soulèvent, m'allongent sur la table et m'y sanglent. Je ne peux plus rien bouger hormis la tête. Oui, ça sent vraiment mauvais tout ça. Mon pouls s'accélère. Ma respiration se saccade. Et l'angoisse... elle monte sournoisement en moi, me tordant les tripes à m'en donner la nausée.

Bande d'enfoirés, murmuré-je dans l'espoir de me donner du courage.

Celui qui me semble être leur chef se penche au-dessus de moi. Ses traits sont déformés par un rictus haineux, mais ce qui me frappe le plus, ce sont ces centaines de petits diamants, incrustés à même la peau, qui entourent son regard pâle. Cet homme sans âge déclenche un sentiment de panique inexpliqué en moi. Je réprime un long frisson et ferme les yeux pour échapper à ce regard incandescent. Et malgré ça, son visage danse encore sous mes paupières closes, comme s'il s'était imprimé sur ma rétine à l'aide d'un tisonnier brûlant.

L'homme me parle, mais je ne veux pas écouter ce qu'il me dit. La gifle est sèche, brutale. Alors j'ouvre à nouveau les yeux et lui crache à la figure. Sa mâchoire se contracte violemment, mais au lieu de s'énerver et me frapper à nouveau, comme je le pressentais, il se détourne de moi pour s'approcher du chariot en fer. Au bout de plusieurs minutes interminables, il finit par revenir. Je déglutis péniblement à la vue d'un poignard, enduit d'un produit visqueux, qu'il tient entre ses mains.

Mes entrailles se nouent encore plus violemment tandis qu'il se penche à mon oreille pour m'annoncer ce qui m'attend. De son autre main, il me caresse les cheveux tout en m'adressant son plus beau sourire, puis, comme s'il s'agissait d'un acte naturel pour lui, il m'enfonce la lame dans l'abdomen.

La douleur est fulgurante. Je me contracte et serre les dents pour résister à la tentation de laisser échapper un cri. Je baisse les yeux vers la lame... Bordel... Elle est enfoncée de plusieurs centimètres...

Ça fait trop mal...

Son poignet... ses doigts puissants enserrant le manche... pas ça... Je ferme les yeux et tente de calmer ma respiration avant de les rouvrir pour affronter ce qui m'attend. Le poignard s'enfonce davantage. Son geste est lent, très lent... argh... Ça fait un mal de chien... Merde... La lame tourne... encore... encore... Pourquoi ?! Pourquoi est-ce qu'il fait ça ?!

Puis d'un coup sec, il la retire, la brandit au-dessus de sa tête comme un trophée. Un autre homme m'attrape le bras et m'injecte un produit dans les veines. Qu'est-ce que c'est ?! Prise de panique, et submergée par la douleur, je halète à mesure que mon rythme cardiaque s'emballe, mais je suis incapable de bouger pour me défendre.

Progressivement, tous mes sens se décuplent. Je perçois le moindre mouvement dans la pièce de manière plus accrue. Les couleurs semblent plus vives. Les sons plus aigus. Les odeurs plus prenantes. Et la douleur...

Un liquide chaud coule le long de mon ventre... Je suis dans une putain de merde...

La douleur augmente, plus pressante, plus vive...

Des étoiles jaunes... Des aiguilles qui me transpercent... Des braises qui me consomment de l'intérieur... Mon sang qui prend feu...

Refouler la souffrance... Cette lutte... contre eux... contre ce qu'ils vont me faire... je dois... je dois m'y engager... corps et âme...

Je... je dois... résister... survivre...

Papa... maman...

Nem'oubliez pas... »

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Salut la compagnie !

Un chapitre court, mais intense ! La pauvre, je n'aimerais pas être à sa place.

Et à votre avis, cauchemar ou réalité ?

Horizons #1 - Sombre baladeDes histoires addictives. Découvrez maintenant