Vendredi 4 février 2011 - Amélie
Minuit ne se fit pas attendre, et Sarah et moi sortîmes doucement de notre chambre sur la pointe des pieds, en prenant bien soin de refermer la porte sans bruit pour ne pas réveiller les filles, et surtout pour ne pas se faire repérer par les adultes. Le couloir était rempli d'autres filles, elles avaient visiblement fait passer le mot. Au dessus de nous, j'imaginais Tae et les autres sortir à leur tour.
- Bon on fait des groupes pour descendre, sinon ça va être le bordel, murmura l'une des organisatrices. Venez avec nous Sarah et Amélie.
Nous nous exécutâmes et commençâmes à descendre les escaliers le plus silencieusement possible.
- On attend pas les garçons ? demandai-je en chuchotant à une des seules filles que je connaissais parmi celles qui nous accompagnaient.
Elle me répondit sur le même ton qu'ils nous rejoindraient en bas. La seule source de lumière provenant d'une vieille lampe torche, je redoublai de prudence en descendant les marches. Si l'une de nous tombait, c'était la fin de la mission, mais nous arrivâmes toutes saines et sauves en bas des marches, suivie par d'autres petits groupes de filles.
Bientôt, ce furent les garçons qui arrivèrent, eux aussi en groupes de trois ou quatre. J'aperçus mon copain grâce à la lumière provenant de la lampe torche que tenait une fille à côté de moi. Quand il me vit à son tour il leva sa lampe vers moi, m'aveuglant par la même occasion. Pendant que je me frottai les yeux, les garçons s'approchèrent de nous et Tae passa son bras autour de mes épaules.
J'allais le repousser, puis je me rappelai qu'il faisait trop noir pour que qui que ce soit porte attention à cette marque d'affection. D'autant plus que tout le monde était trop stressé pour en avoir quelque chose à foutre.
Suivant les autres, nous entrâmes tous dans le réfectoire et, après avoir vérifié que tout le monde était là, l'une des filles alluma la bougie unique d'un petit cupcake, acheté au village en guise de gâteau d'anniversaire. L'assemblée commença à chanter bon anniversaire, mais pas à voix haute. En chuchotant.
Les évènements qui suivirent se déroulèrent à une vitesse incroyable : l'alarme incendie, déclenchée par la fumée provenant de la bougie, se mit à sonner, stridente. Puis la panique s'installa : il fallait vite remonter dans les chambres. Et là, la solidarité et l'envie de faire une petite révolution s'évaporant aussitôt, chacun poussa les autres pour sauver sa peau.
Tae me prit la main gauche, et il commença à courir dans la direction opposée à celle que prenait les filles. En voyant les garçons s'élancer à leur tour, suivis par Sarah, je compris qu'ils allaient nous faire prendre l'escalier qui menait directement à l'étage des garçons. J'entendis d'autres bruits de pas derrière nous, était-ce d'autres élèves ou les profs qui étaient à notre poursuite ?
Je préférais ne pas être celle qui allait pouvoir vérifier, alors je me mis à courir de plus belle, la main de Tae toujours enveloppant la mienne. Arrivés dans le couloir, Yoongi continua sa course tandis que Jimin, Namjoon et Tae s'engouffrèrent dans leur chambre. Dans ma panique, la première chose qui me passa à l'esprit fut qu'elle était vachement mieux rangée que la dernière fois, puis je réalisai : j'étais chez les garçons, et Sarah aussi.
- Faut qu'on retourne dans notre chambre, lançai-je tout bas pour ne pas réveiller Jungkook qui dormait paisiblement, tout en reprenant mon souffle tant bien que mal.
- Non surtout pas ! Ils sont en train de patrouiller, ils vont vous voir direct. Restez ici et cachez vous, nous ordonna Namjoon.
Oh non, pas encore ça ! Je jetai un regard à Sarah, qui avait l'air tout aussi paniquée que moi. Il y avait bien le placard, mais comme moi et Tae en avions fait l'expérience, il était impossible d'y rentrer à deux. Sarah se glissa rapidement sous un lit (seule elle était assez fine pour rentrer dans un espace si exigu), et Tae m'attrapai par le bras. Il me poussa sur son lit et s'y glissa aussi, nous recouvrant par une couverture. Il était dos à la porte, tandis que j'étais collée entre le mur et lui.
- Ok, on fait semblant de dormir, les filles ne bougez surtout pas. D'ailleurs ça va Sarah tu survis ? demanda Jimin.
Celle-ci répondit par un petit oui étouffé. Elle était sous le lit superposé qui abritait Jungkook, et même si elle avait réussi à rentrer, elle n'était pas dans une position confortable. Quant à moi, je ne pouvais pas me plaindre, les bras de Tae étant fermement serrés autour de ma taille, je le sentais respirer dans mon cou.
Une fois le stress un peu descendu, je me sentis rattrapée par la fatigue, il devait être presque une heure du matin. Je guettai les bruits au dehors. Je pouvais entendre les portes s'ouvrir et des voix qui s'élevaient, sans que je puisse distinguer des mots.
Quand la porte d'à côté s'ouvrit, mon cœur se mit à battre la chamade. Ils se rapprochaient. Tae, sentant mon changement de pouls, glissa sa main dans la mienne et me murmura de ne pas m'inquiéter. Peu de temps après, ce fut notre tour. La porte s'ouvrit doucement, et deux profs entrèrent. C'était des hommes, je pouvais l'entendre à la façon dont ils marchaient.
- Alors qui c'est dans cette chambre ? lança l'un à son collègue.
- Taehyung Kim, Namjoon Kim, Jimin Park et Jungkook Jeon, lui répondit-il en écorchant chacun des noms comme si il le faisait exprès.
Je reconnus ce dernier comme notre prof de sport, et mon cœur s'arrêta. Si il nous trouvait nous ici, ce serait pire que tout. La lumière s'alluma, et à travers la toile du drap qui me recouvraient, moi et Tae, je pus apercevoir Jimin, qui semblait dormir à poings fermés.
- Bon ils sont tous là, et puis c'est pas eux qui feraient ce genre de trucs ! conclut notre prof après avoir fait un petit tour autour de la chambre. On y va Pierre.
Sur ce, le duo éteignit la lumière et sortit de la pièce pour reprendre leur chasse aux élèves fautifs, et je balançai le drap loin de moi, Tae en profitant pour se lever et rallumer la lumière, ce qui réveilla Jungkook.
Il se mit à grogner et la lumière s'éteignit de nouveau, remplacé par la lampe torche de mon copain qui poussa un grand soupir. Sarah s'était extirpée de sous le lit et essuyait son pyjama de sa poussière en pestant :
- Je m'étais pas imaginée que ça se passerait comme ça !
- Te plains pas, on s'est pas fait choper, lui fis-je remarquer.
Elle se stoppa net et me regarda comme si elle venait de réaliser quelque chose.
- T'es au courant que si ils font ça chez les garçons ils le font chez les filles aussi ?
Je n'avais pas pensé à ça, du tout. Merde. "On aurait du remplir nos lits de trucs en tout genre pour faire un faux corps", pensai-je, mais il était trop tard.
- Je sais où est leur chambre, lança Namjoon en se redressant sur son lit. Quand leur porte se fermera, attendez un peu et barrez vous le plus vite possible.
- Ça va prendre longtemps ? s'enquit Sarah.
- Je sais pas, avoua-t-il après un petit moment de réflexion.
Vingt minutes, très exactement. C'était le temps qui leur avait fallu pour retourner se coucher. Nous attendîmes cinq minutes de plus pour être sûre, puis nous décidâmes de partir. Je souhaitai une bonne nuit aux garçons, puis Sarah et moi nous élancèrent dans le couloir en avançant le plus vite possible, sans faire de bruit. Il avait été décidé de ne pas utiliser de lumière pour éviter de se faire repérer, et nous longions les murs pour trouver notre issue, ce qui, la lumière allumée, aurait eu l'air franchement ridicule.
La situation était tellement stressante et incongrue à la fois que nous avions du mal à contenir nos rires, mais nous arrivâmes à destination sans encombre et sans rencontrer un seul prof, ce qui pouvait être une bonne comme une très mauvaise nouvelle. En entrant, nous trouvâmes Hannah, réveillée, qui nous informa après qu'on lui ait tout raconté qu'ils étaient rentrés vérifier dans certaines chambres, mais pas la nôtre. "On ne devait pas être suspectés", pensai-je en m'allongeant dans mon lit.
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Les gens comme nous [Tome I]
Fanfiction"Pourquoi il me regarde comme ça lui ? C'est pas parce qu'il est populaire qu'il doit se croire tout permis !" Il parait qu'un jour peut tout changer. Et si ce jour là changeait leur vie pour de bon ?