83. RAID, pt2 (Fake love)

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Samedi 21 mai 2011 - Yoongi

Lisa et moi étions rapidement montés dans une des nombreuses chambres que comportait la maison de Maëlle et une fois nos affaires terminées, elle était redescendue pour rejoindre la fête. Depuis, je l'avais perdue de vue, alors je décidai d'aller rejoindre les autres, demandant au passage à quelques connaissances si ils les avaient vus. Cette maison était tellement immense, il était facile de s'y perdre.

- La dernière fois que je les ai vus c'était près de la piscine, m'informa Mathilde, une fille de ma classe, qui semblait avoir bu plus que de raison.

- Ils étaient avec les filles, Hannah, Amélie et les autres, précisa quelqu'un d'autre dont je n'aperçus pas le visage.

Je les remerciai et me dirigeai vers la piscine en question, traversant la foule de gens qui s'amassaient autour de l'eau. La fête battait son plein, et l'air transportait cet immonde mélange de nicotine et de cannabis de mauvaise qualité, qui trouva son chemin jusqu'à mes narines.

Après avoir inspecté l'endroit de long en large, je dû me rendre à l'évidence : si ils avaient été là, ils étaient partis. Ennuyé de devoir rebrousser chemin, je traînai les pieds pour retourner dans la maison. Tout n'était que du bruit de fond pour moi, j'étais trop concentré sur mon objectif. Soudain, une main se posa sur mon épaule, m'obligeant à me retourner vers son propriétaire.

- Hé ! Le petit asiat' ! On se fait un concours de shots ?

Je regardai mon interlocuteur de haut en bas. Il semblait tout droit sorti d'un film américain cliché, où il jouerait le rôle de l'athlète imbécile. A croire que les stéréotypes pouvaient vraiment prendre vie. Je lui dis d'aller se faire voir dans ma langue maternelle et m'extirpai de sa prise sur mon épaule. Tandis que je m'éloignais, je l'entendis demander à ses potes :

- Il a dit quoi ? C'était quoi, du chinois ?

Il était aussi con qu'il en avait l'air. En montant l'escalier en marbre qui menait à l'étage, je repensai à ce que je venais de faire, et me promis de leur raconter dès que je les trouverais. Pas que ce soit particulièrement drôle, mais ça valait la peine de le mentionner. Arrivé en haut des marches, j'appelai :

- Namjoon ? Jin ? Jimin ? Taehyung ? Jungkook ? Hoseok ?

Silence. Et si ils étaient partis sans me le dire ? Non. Ils ne feraient jamais ça.

- Amélie ? Hannah ? Sarah ? Jiwoo ?

Toujours rien. Pas cool. Ils avaient intérêt à avoir une excuse de malade pour avoir disparu comme ça sans prévenir. Soudain pris d'un doute, je sortis mon téléphone de ma poche : ils auraient pu m'envoyer un SMS. Rien ici non plus.

Je décidai d'appeler le seul qui avait toujours son téléphone sur lui à toutes heures de la nuit et de la journée : Hoseok. Le sort avait visiblement finalement décidé d'être en ma faveur, car il décrocha au bout de quelques sonneries qui me parurent interminables.

- Yoongi ?

C'était con à dire, mais sa voix me réconforta aussitôt, comme si une vague de chaleur avait envahi tout mon corps. Quand on parle de se sentir "chez-soi", on mentionne toujours un lieu, une ville, un pays spécifique. Moi, mon chez-moi, c'était lui, et ça me faisait peur de me dire qu'il avait ce pouvoir sur moi malgré toute la résistance dont j'avais fais preuve.

- Ouais, vous êtes où ? Je vous cherchais, lançai-je du ton le plus désinvolte possible.

- On est sur la terrasse du premier étage, toi, t'es où ?

- Dans le premier couloir, quand tu montes l'escalier...

Au loin, j'entendis la voix de Namjoon crier un truc à Hoseok.

Les gens comme nous [Tome I]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant