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𝕔𝕙𝕒𝕡𝕚𝕥𝕣𝕖 𝟛𝟛

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𝕔𝕙𝕒𝕡𝕚𝕥𝕣𝕖 𝟛𝟛

Valentin, était assit dans son salon.
Il avait allumé une cigarette, qu'il laissait se consumer entre ses doigts sans la porter à ses lèvres. Il ferma ses yeux et cala sa tête contre le canapé.
L'odeur de la cigarette emplissait ses poumons.
En ce moment, plus que jamais, il avait besoin de se nettoyer -si on pouvait dire ça comme ça- les poumons.
Il voulait se séparer de l'odeur qui avait emplit ses narines durant près de sept mois, cette connasse d'Emilie, qui avait d'abord été son amie.
Puis ils avaient baisés, comme avec Calypso, leur histoire s'annonçait tout aussi prometteuse. Ils s'étaient mit en couple, et il avait appris pour ses maladies, ses problèmes de santé. Elle s'était ouverte à lui « comme à aucun autre » lui avait-elle jurée.
Mais elle avait menti : elle ne l'aimait pas vraiment, et faisait semblant d'être malade pour qu'on la plaigne.
Pourtant, il y croyait dur comme fer, il pensait avoir trouvé une femme à la hauteur de ses attentes. Mais non.
Encore une fois il était déçu.
Ne pas avoir un physique avantageux, l'avait désavantagé bien des fois, il était devenu célèbre et avait pallié à ce problème.
Et voilà que sa célébrité venait a lui causer des problèmes ?
Il se leva, jeta sa cigarette par la fenêtre et prit les clefs de sa voiture.
Il allait se rendre jusqu'au pont, et il reviendrait.
Comme d'habitude.

🎶🎶🎶

Appel entrant de Calypso.
- Ça faisait longtemps. Souffla t-il
À chaque fois qu'il rencontrait une période creuse dans sa vie elle l'appelait.
Il n'était pas dupe, elle l'appelait parce qu'elle se servait de lui.
Parce que le quotidien de Valentin était probablement tellement pathétique, qu'elle aimait à écouter le sien.
Mais il décrocha.
Il décrochait toujours.
- Allo, oui ?
- Allo, Val' tu peux venir, s'il-te-plait ?
Il accepta.
Il acceptait toujours.
Val' était un homme foncièrement gentil.
Il avait fait du mal à Calypso, mais jamais il ne l'avait fait exprès, avec l'envie de faire mal, de briser.
Et parfois, même si la vie était une grosse chienne, si le monde était cruel, elle réservait de bonnes surprises.
Son embrouille avec Ken en faisait partie.
Il ne le détestait pas, mais il ne l'indifférait pas complètement :
Il n'aimait pas son hypocrisie, cette manière un peu agaçante de se mettre toujours en avant, ses petites manies d'homme imbu de lui-même.
Vald, le personnage comme l'homme, était un artiste.
Un vrai.
Il cherchait toujours à être novateur, à proposer quelque chose de différent et si le résultat était un peu bizarre ça n'en demeurait pas moins le résultat d'un vrai travail artistique.
Son travail ne plaisait pas systématiquement.
Beaucoup de gens n'aimaient pas.
Pour être satisfait, le résultat -s'il y en avait un- ne devait pas nécessairement être esthétique.
Vald était honnête avec son public.
Il savait grâce à qui il était là où il était, il savait qu'il ne devait son talent qu'à lui-même, et un peu à Adrien aussi, mais il était conscient qu'il devait sa réussite à son public. Que sans ses supporters il n'était rien.

Nek lui, n'était jamais reconnaissant envers personne, Valentin ne lui en voulait pas spécialement, il ne connaissait pas l'angoisse du jogging.

L'angoisse du jogging est le nom utilisé pour désigner un phénomène qui touche les « délivrés » issus des cités. Que ce soit un.e footballeur.euse, un.e rappeur.euse, un.e trader...
En général, n'ayant jamais reçu de réel soutiens de la part de quiconque, beaucoup de « délivrés » refusent toutes associations post-succès avec une quelconque association de personne, quelle qu'elle soit : public, journaliste...
Même si elle est effective.
Alors il adoptera un comportement dit de la tortue, c'est à dire un repli total sur lui ou ses amis pour se protéger du monde extérieur.
L'idée est de s'enfermer dans un cocon d'auto-branlette.

Valentin haïssait ça.
Pour lui on ne pouvait pas penser y être arrivé tout seul.
Parce que personne n'y arrivait seul.
On pouvait devoir sa réussite à son travail, à son acharnement, à son endurance. Mais jamais on y arrivait foncièrement tout seul.
Nek, aussi beau et talentueux était-il, n'échappait pas à la règle.

Mais rien ne servait de s'acharner sur Nek.
Après tout, s'il tenait la Belle entre ses doigts, c'est qu'il était assez bien pour elle.
Elle l'avait quitté pour lui.
Alors il espérait qu'il se trompait sur son compte.
Valentin soupira.
Peut-être qu'il vivait un chagrin d'amour.
Il avait enchaîné deux relations intenses, et comme l'homme est un loup pour l'homme, il s'était fait manger, deux fois.
Ça n'arriverait plus, il se l'était promis.
Au fond, Valentin ne s'aimait pas assez pour qui il était vraiment, et les autres non plus.
Le seul qui l'aimait et qu'il aimait à la hauteur de son vrai lui, c'était Ad.
Putain, heureusement qu'il était là.

ΚαλυψώOù les histoires vivent. Découvrez maintenant