Chapitre 27

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Chapitre 27

****Abdoul Aziz****

Si ce n'est son autorité, de quoi peut bien disposer un homme au sein de sa famille ?

Radia venait tout simplement de zapper la mienne et devant le fait accompli, je n'ai même pas pu lever le petit doigt.

Qu'est-ce que j'aurais pu faire ?

J'ai entendu l'appel, le signal de détresse dont le regard d'Azizatou était rempli. Elle voulait que je dise quelque chose mais qu'est-ce que j'aurais pu dire ?

Demander à Néné de ne pas monter dans ma voiture parce que cette place était réservée à Azizatou ?

Un bon prétexte pour que Radia dise à tout le monde qu'Azizatou était ma maîtresse.

Je sais qu'Azizatou va considérer ça comme une humiliation. Radia savait ce qu'elle faisait. Je ne sais même pas ce que Néné va faire à Dakar, ça ne m'étonnerait pas que ça ne soit rien d'important.

J'ai su que Néné venait avec nous quand nous étions sur le point de partir. Mon cerveau était branché en mode pause et je ne pouvais rien créer pour empêcher ça.

Je me rappelle le dernier regard d'Azizatou, je sais déjà qu'elle va beaucoup m'en vouloir.

Sur le chemin de Dakar, seul Radia et Néné discutaient. Leïla est de nature silencieuse et je pense qu'Oumy n'a rien à dire aux deux autres.

Quand je suis garé pour mettre de l'essence j'en ai profité pour envoyer à Azizatou le prix du transport. J'ai bien vu qu'elle n'a pas pris l'argent de Radia. Si je peux ne serait-ce que lui montrer avec ça que je pense à elle et que je n'ai l'ai pas abandonné, cela m'irait très bien.

J'ai envie de croire qu'elle s'attendait à ce que je fasse ce dépôt. Elle m'a rendu l'argent aussi vite que je l'ai envoyé.

Bordel de merde !!!

Je me demande comment je pourrais bien faire pour sortir de ce merdier.

-Sama serigne, je te trouve bien silencieux.

-C'est normal de se taire quand on a rien à dire.

-D'accord. J'ai failli penser que ça ne te plait pas que Néné soit là.

-Pourquoi penserais-tu un truc pareil ? Je peux pas être véhiculé et laisser ma belle-sœur prendre les transports en commun, ce serait indigne de moi.

-Aziz, ne fais pas attention à elle. Toi et moi, on a toujours été des partenaires. Je sais que ma présence ne va jamais te déranger.

-Ce n'est pas la peine de s'inquiéter pour Ziza, commence Oumy qui entre dans la conversation. C'est une battante, elle a toujours su se débrouiller toute seule. Faire Dakar/Saint-Louis par ces propres moyens sera un jeu d'enfant.

-Je comprends pas pourquoi tu nous parles de ta sœur, dit Radia.

-Parce que j'ai pensé à la vue de la tête d'Aziz, il est en train de culpabiliser. Parce que moi oui à sa place c'est ce que j'aurais fait.

-Pourquoi il culpabiliserait ? J'ai bien donné à ta sœur de quoi payer pour prendre un taxi mais elle a été trop fière pour prendre cet argent.

-Ma sœur est en train dans la vie active très tôt, elle a son propre argent et n'a pas besoin du tien.

-Nous n'avons pas besoin non plus que tu nous racontes vos vies, lui fait savoir Néné.

-J'ai pas eu l'impression de raconter nos vies. J'ai juste rectifié le jugement faussé de ta sœur.

Ce que la morale interdit (T1 et T2)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant