CHAPITRE 27

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CHAPITRE 27

   Serrés l'un contre l'autre pour se tenir chaud sous la couverture, le jour pénètre déjà dans la grange lorsque j'ouvre les yeux. Teddy dort profondément à côté de moi. Son bras serré autour de ma taille m'empêche de faire le moindre mouvement, mais je n'ai pas envie de me dégager de son étreinte.

   Chance souffle doucement à nos pieds et je prends un instant pour savourer ce moment qui ne durera pas éternellement. Teddy semble paisible, peu dérangé par l'inconfort de la paille. Ses traits sont détendus, ses lèvres esquissent un léger rictus et quelques mèches de ses cheveux noirs reposent sur son front. La chaleur de son corps me protège encore du froid extérieur. Je parviens à dégager un de mes bras, engourdi par une nuit de sommeil peu confortable, et viens délicatement remettre en place ses cheveux. Je laisse ensuite ma main glisser le long de son bras, coincé dans un t-shirt légèrement trop serré pour sa musculature. Jamais je n'avais touché quelqu'un d'autre auparavant. Cette sensation de picotement que je ressens au bout de mes doigts se propage dans tous le reste de mon corps, jusqu'en bas de mon ventre. Je ressens cette chaleur intense et m'arrête aussitôt.

   Teddy vient d'ouvrir les yeux et ils me fixent intensément. Ils sont plus clairs que jamais et je ne peux m'empêcher de les observer dans le détail. La proximité entre nos deux visages est déroutante, mais l'ambre de son regard me fascine. Après un moment à nous fixer en silence, son visage affiche un sourire immense et je ne peux me retenir de l'imiter.

   Son bras, qui se trouvait jusqu'alors toujours autour de ma taille, se lève et se plie pour que sa main vienne se déposer délicatement contre ma joue. Mon sourire s'agrandit et mes pommettes se réchauffent, tout mon corps me donne chaud. Je ressens à nouveau ce picotement contre ma joue tandis que ses doigts la caressent doucement.

   Jamais je n'avais touché quelqu'un d'autre, mais jamais personne ne m'avait touché comme ça non plus. C'est déroutant, mais tellement agréable à la fois, que je prie pour qu'il ne cesse jamais.

   Ce moment si particulier est interrompu par Chance qui ne veut pas manquer de recevoir de l'attention elle aussi. Elle réussit à se glisser entre nous deux pour obtenir des caresses.

   Nos regards se perdent et je reviens à la réalité. Teddy se redresse pour enlacer la chienne et j'essaie de savoir quelle heure il peut bien être. À en juger par le regard que me lance la jument qui se trouve dans le box en face de nous, l'heure du petit-déjeuner doit être passée depuis pas mal de temps. Il va falloir que je me lève pour aller nourrir tout ce petit monde.

   Mon téléphone vibre dans la paille : c'est Jeane.

   — Allô ?

   — Allô Nora ? Qu'est-ce que tu fous ? J'essaie de t'appeler depuis tout à l'heure, mais tu ne réponds pas.

   — Excuse-moi j'étais... occupée.

   — Je voulais juste savoir si tu avais besoin d'aide ce matin avec les chevaux, mais bon la matinée est déjà bien entamée.

   — Non, c'est bon, ne t'inquiète pas, j'ai Teddy avec moi, on devrait s'en sortir.

   Il se tourne vers moi pour me lancer un clin d'œil.

   — OK parfait, bonne journée alors !

   — Bonne journée Jeane !

   J'ai à peine raccroché que la jument se met à taper contre la porte de son box avec son sabot, pour me faire comprendre qu'il est vraiment temps que je lui donne à manger.

   — Bon, au boulot.

   — Tu veux que j'aille faire du café ? me propose Teddy.

   — Avec grand plaisir.

NOTRE CHANCEOù les histoires vivent. Découvrez maintenant