CHAPITRE 8.1

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CHAPITRE 8
Partie 1

   Aujourd'hui, c'est le jour du concert, mais aujourd'hui c'est aussi mon dernier jour sur Paris. Mon train part demain, en fin de matinée, et jamais je n'aurais pensé, avant cette semaine, en arriver à souhaiter qu'il ne parte jamais.

   J'ai hâte de rentrer chez moi et de revoir mes amis, retrouver mes chevaux, ma raison de vivre. Mais que restera-t-il de Teddy une fois que nous serons séparés par des centaines de kilomètres ? Je retournerai à ma vie à cent à l'heure où rien ne se passe jamais comme prévu. J'aime ma vie, mais rien de tout ce que j'ai en Bretagne ne m'a jamais fait ressentir ce que je ressens quand je suis près de Teddy ou même quand je pense simplement à lui. Cet homme me plaît, j'en suis convaincue maintenant. Il me plaît au point que mon cœur se serre rien qu'à l'idée de ne plus entendre sa voix. Pour la première fois de ma vie, je me sens vivante. Pour la première fois, je vis pour moi.

   Il faut que j'arrête de penser à tout ça, allongée dans mon lit à fixer le plafond depuis des heures. J'ai passé toute la nuit à disséquer toutes les émotions par lesquelles je suis passée ces derniers jours et je ne veux pas imaginer ne plus être capable de les ressentir à nouveau. J'ai attendu si longtemps avant que ça m'arrive, pensant qu'après la mort de mon père, ma carapace s'était définitivement refermée autour de moi pour ne plus laisser personne me percevoir telle que je suis : ça évite beaucoup de souffrance inutile. Teddy n'a pas eu besoin de percer cette carapace, j'ai laissé une petite brèche pour qu'il puisse s'y engouffrer tout entier et, maintenant, il y est prisonnier. Il m'est impossible de l'en faire ressortir.

   Je me lève péniblement et rejoins la cuisine en traînant des pieds. Le train de vie d'Elena a définitivement déteint sur moi.

   — J'ai besoin de toi, El.

   — Tout ce que tu voudras ma belle.

   — Teddy m'a invitée à son concert ce soir.

   — Sans blague...

   — Je ne veux pas arriver en short donc je voudrais bien que tu...

   — N'en dis pas plus, lance-t-elle tout excitée.

   Je savais que je lui ferais plaisir en lui demandant de m'accompagner faire les magasins. Un dernier moment entre filles avant mon départ.

   — J'ai déjà accepté pour la robe, mais tu ne me forceras pas à porter des talons El, pas question.

   — Bon d'accord. Tu sais ce que tu veux comme robe au moins ?

   — Pas vraiment, quelque chose qui fasse un peu été ?

   — Je te rappelle que tu vas à un concert, pas à la plage.

   — Oh zut ! Tu n'as qu'à choisir, peu importe, ça sera très bien.

   — Ne commence pas à faire ta tête de cochon No.

   — Non, pas du tout, je sais juste que je n'ai aucun goût vestimentaire alors je préfère que ce soit toi qui choisisses.

   — Si tu savais depuis combien d'années j'attends que tu le reconnaisses.

   Je souris.

   — Tu veux quelque chose qui plaise à Teddy, c'est ça ?

   J'acquiesce, un peu gênée de l'admettre.

   — Je vais te trouver la robe parfaite, tu vas voir.

*****

Nous nous promenons de magasin en magasin et, bizarrement, Elena ne me fait pas essayer tout ce qui se trouve dans les rayons. Elle recherche LA robe et moi je la suis bien sagement.

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