CHAPITRE 7
Partie 1
Je me réveille dans une quasi-obscurité. La petite lumière qui éclaire la pièce est là pour me rassurer. Cette lumière qui m'accompagne chaque nuit depuis le départ de mon père, lorsque le noir complet n'était plus supportable. Le plus difficile, c'était lorsque je me réveillai et que je ne voyais rien autour de moi, un peu comme si j'étais encore dans un de ces nombreux cauchemars qui me paralysaient. Maintenant, ça va mieux, ces cauchemars se font de plus en plus rares, mais je n'aime toujours pas le noir complet.
Je me remémore la promesse que j'ai faite à Elena hier et je saisis mon téléphone. Je tape rapidement sur l'écran.
« Excuse-moi pour hier. De quelle façon je peux me faire pardonner ? »
La réponse arrive immédiatement.
« Je suis en répétitions toute la journée, je vais avoir besoin de compagnie. »
Je réponds :
« Et Chance ? »
« Elle sera avec moi. »
« Ahmed peut venir me chercher vers 14 h ? »
« Il sera là. »
Je me lève, tout enjouée. L'idée d'assister à des répétitions me stress un peu, mais j'essaie de me convaincre que le rap ce n'est pas vraiment de la musique et que ça ne risque pas de me perturber. Bien sûr, je ne dirais pas ça devant Teddy, il risquerait de le prendre mal.
La matinée s'écoule à une lenteur inqualifiable. Je crois qu'Elena n'arrive plus à supporter ma nervosité. Elle essaie de me faire rester immobile sur le canapé, devant un vieux film d'action, mais je n'en peux plus. Je ne suis pas du genre à rester enfermée toute la journée et ça fait déjà presque deux jours que je ne suis pas sortie. Il faut que je bouge, que je fasse quelque chose, mais il est encore loin d'être quatorze heures.
— Tu veux que nous fassions quelque chose de particulier à manger pour ce midi ? m'interroge Elena. Quelque chose qui occuperait tes mains et ton esprit ?
— Des crêpes ?
— Va pour des crêpes.
Effectivement, la préparation de la pâte et la cuisson des crêpes et galettes m'aident à contenir mon excitation. Kenan entre dans la cuisine pour nous proposer de l'aide, mais se ravise aussitôt en constatant les dégâts que nous avons fait subir à la pièce. Il y a de la vaisselle dans tous les coins et autant de farine par terre que sur nos vêtements. La cuisine n'a jamais été une passion ni pour Elena ni pour moi et l'organisation non plus. Nous parvenons tout de même à venir à bout de toute la pâte que nous avons préparée et passons à table. Kenan semble ravi et je lance un sourire fier à Elena. Ils ne se parlent pas beaucoup, mais je sens que ça leur convient.
— Il va être l'heure pour moi de vous laisser.
— File de là, me presse Elena.
— Je ne sais pas à quelle heure je vais rentrer alors, si je ne donne pas de nouvelle, ne m'attendez pas pour dîner.
— Avec tout ce que nous venons de manger, souffle Kenan, je ne suis pas sûr qu'il y ait un dîner ce soir.
— Tu ferais mieux d'emporter les crêpes restantes avec toi, ajoute Elena.
VOUS LISEZ
NOTRE CHANCE
Storie d'amoreNora vient d'arriver à Paris pour passer quelques jours chez une amie. La foule de la gare est à peine derrière elle que son voyage prend une tournure inattendue. Sa rencontre avec un grand chien blanc au regard azur va la plonger dans l'univers...
