Chapitre 5

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- Pourquoi vous me suivez, le questionnais-je ?

- Parce qu'il faut bien que quelqu'un t'explique ce qui t'arrive.

- Je vous demande pardon ?

- Et bien, tu as fait de la magie non ?

- Je... Non, oui, enfin non, enfin peut-être bien, je ne sais pas trop en fait...

Ça m'étonnerait qu'il comprenne un seul des mots qui viennent de sortir de ma bouche. Sa question m'a tellement surprise que je n'ai pas vraiment eue le temps de réfléchir.

- Enfin, je veux dire non, je n'ai pas fait de magie. La magie jusqu'à preuve du contraire ça n'existe pas, me rattrapais-je.

- Jusqu'à preuve du contraire, hein... ? Alors que s'est-il passé tout à l'heure dans la classe, avec ce garçon ?

- Je... Je l'ai poussé, un peu trop fort, je suppose...

- Oui bien sûr !! Ce n'est pourtant pas ce que j'ai vu, moi, j'ai pu admirer une minie tornade et une belle en plus !

- Je pense que vous avez eu une hallucination, rétorquais-je pour me défendre.

- Oui, oui, ça doit être ça, tu as raison, j'ai eu une hallucination, d'ailleurs, tous les élèves de la classe ont eu la même que moi, répondit-il sarcastique.

- C'était peut-être tout simplement une hallucination collective !

Il me fixe un instant, puis éclate de rire :

- Et bien, en dix ans de métier, on ne me l'avait jamais fait celle-là, mais j'avoue que c'est bien trouvé !

- Mais qu'est-ce que vous me voulez à la fin ! Dis-je passablement agacée...

- Je veux que tu viennes avec moi à Lacia !

- Jamais entendu parler, pourtant je suis plutôt douée en géographie. C'est où ça ?

- Même si je te répondais, tu ne saurais pas, les humains ne connaissent pas cet endroit donc....

- Donc ??

- Donc ça ne sert à rien que je te le dise, de plus, tu l'apprendras bien assez tôt si tu me suis là-bas.

- Euh ? Comment voulez-vous que je vous suive quelque part si vous ne me dites pas où c'est ?

- Lacia est une école de magie.

Je le regarde un instant afin de voir s'il est sérieux, puis éclate de rire.

- Ha, ha, ha, c'est une blague n'est-ce pas ? Vous me suivez et vous m'empêchez de rentrer chez moi pour me dire ça ! Mais vous êtes fou !

- Non, je ne suis pas fou, la magie existe et tu le sais, répliqua-t-il sèchement. Ne le nie pas, ajouta-t-il en me voyant ouvrir la bouche, tu en as faits tout à l'heure et ça aussi tu le sais.

- Écoutez monsieur, je ne voudrais pas paraître grossière, mais je viens de me faire exclure de mon lycée, je suis fatiguée et j'aimerais vraiment rentrer chez moi. Donc si vous pouviez aller faire votre vieux fada ailleurs cela m'arrangerait beaucoup.

Je faillis éclater de rire quand je vis sa tête. Apparemment ma petite tirade a fait son effet. Il me regarde avec de grands yeux écarquillés, la bouche légèrement ouverte, il ne doit pas avoir l'habitude qu'on lui parle comme ça. Ah ouais, et ben rien à foutre (excusez ma vulgarité.) J'en ai ma claque d'être une gentille petite fille modèle. Je suis fatiguée de tous ces trucs bizarres qui m'arrivent ! Et en plus de ça, maintenant, j'ai un prof cinglé qui me harcèle avec ses histoires de magies.

Malheureusement pour moi, il reprend vite ses esprits :

- Non, je crois que c'est toi qui vas m'écouter Iris, rester chez les humains, quand on ne contrôle pas ses pouvoirs peut être très dangereux autant pour eux que pour toi. Regarde ce que tu as fait à ce garçon. Ce n'est que le début ! Si tu n'apprends pas à contrôler tes pouvoirs, ce sont eux qui te contrôleront. Tu ne peux pas rester comme ça !! Dès que tu auras une émotion un peu forte tu risques de faire du mal aux gens autour de toi. Sans parler du fait que tu finiras sûrement dans un laboratoire à subir des expériences car tu es différente.

- Des expériences !!! M'écriais-je horrifiée

- Oui des expériences des tests enfin ce que tu veux, mais pas des choses agréables, les humains ont peur de ce qu'ils ne comprennent pas, donc ils réagissent souvent mal. Si tu ne viens pas avec moi, tu vas finir par te faire enfermer ou pire, ce n'est pas ce que tu veux, si ?

Voyant que je n'ai toujours pas l'air de le croire, il fait jaillir une grande flamme bleue de sa main. J'ai d'abord un mouvement de recul à la vue de cette flammèche puis intriguée, je m'approche. Je vérifie rapidement qu'il n'a pas de briquet ni aucun objet capable de faire du feu sur lui. Constatant qu'il n'a effectivement rien, j'approche ma main pour la toucher. Je la recule pourtant bien vite en sentant la brûlure que la flamme m'inflige.

- Aiiie, mais ça fait super mal votre truc !!! Dis-je en suçant mon doigt pour faire passer la douleur.

- Et bien oui, Iris le feu ça brûle ! Qu'est-ce qu'ils vous apprennent à vous vos parents ? Pff, je ne comprendrais jamais les humains.

Je n'en reviens pas, c'est incroyable !!! Je le dévisage sans aucune gêne et le scrute de la tête au pied. Il a un visage tout à fait banal et semble être une personne des plus normale. Il a des cheveux Châtains foncés ondulés sur les extrémités, des yeux noisette légèrement en amande, un nez droit et le visage quelque peu allongé. Il porte des lunettes, a l'air de faire dans les uns mètres quatre-vingts et d'avoir dans les trente-cinq ans. Il se tient bien droit les bras le long du corps dans une posture bien stable, les pieds fermement encrés au sol.

- Alors tu me crois maintenant. Dit-il avec un soupçon de condescendance me ramenant ainsi sur terre et me stoppant dans mon analyse de sa personne.

- Mouais, je ne suis pas très convaincue, vous êtes peut-être magicien ou un illusionniste. Vous n'auriez pas une autre preuve ?

- Mais enfin, je viens de créer du feu à partir de rien ! Tu me demandes vraiment une autre preuve ?

- Oui, s'il vous plaît.

- Très bien. Dis-moi ce que tu veux que je fasse.

- Hum... Faite une tornade comme moi. Puisque vous dite que c'est de la magie.

Je le vois qui fixe un point au milieu du couloir et au bout de quelques seconde une minie tornade de feu apparaît.

- Tu me crois maintenant ?

- Je... Oui, enfin, je suppose. Répondis-je maladroitement.

- Tu en auras mis du temps ! Et bien qu'est-ce que tu attends, suis-moi !

- Mais je ne peux pas venir dans votre école moi !

- À voilà une autre histoire et pourquoi tu ne pourrais pas venir ?

- Ça s'explique en deux mots : « Mes parents »

Il me regarde un instant puis rigole à nouveau. Eh bien, je ne sais pas si je me suis transformée en humoriste pendant la nuit, mais je trouve qu'il rigole beaucoup ce prof.

- Tu n'es vraiment pas comme les autres. Je te dis que tu as des pouvoirs surnaturels, et toi, tu penses à tes parents, c'est assez bizarre comme réaction.

- À bon, par ce que d'habitude, les personnes que vous allez voir sautent de joie quand vous leur dites ça ?!

- Et bien euh, disons que tu es un cas particulier. D'habitude, les élèves sont déjà au courant de leur capacité ainsi que leurs parents. Mais tu devrais être contente ce n'est pas tous les jours qu'une humaine développe des pouvoirs. Et la plupart des élèves sont très heureux que je leur propose d'aller à Lacia.

- Oui et bien excusez-moi, mais je ne suis pas « la plupart des élèves » et d'ailleurs tous ceux que vous recrutez sont orphelins et sans amis ou quoi ! Ce n'est tout simplement pas possible de partir comme ça sans dire au revoir ne serait-ce qu'à sa famille.

- Je vois ! Donc si j'ai bien compris, tu ne viendras pas avec moi tant que tu n'auras pas vu tes parents.

- C'est exact !!

- Bon très bien allons les voir alors.

- Comment ça ? Maintenant ?!

- Oui maintenant pas la semaine prochaine, on n'a pas toute l'année non plus. J'ai des délais à respecter moi ! Ah les humains !

- Quoi « Ah, les humains » ?

- Vous êtes vraiment long à la détente.

- Non mais je ne vous permets pas ! Et puis d'abord ce n'est pas un peu du racisme ce que vous dites.

- Non, c'est une constatation globale que j'ai faite.

- Ah ouais. Et elle est basée sur quoi votre « constatation globale » ?!

- Sur les différentes expériences que j'ai pu vivre avec ton espèce au cours de ma vie.

- Pffff.

- Que d'argumentation dis-moi !!

- Oh, ça va, arrêtez ! Vous dites « Espèce » comme si j'étais un chien, vous savez qu'on a la même anatomie !? Un nez, une bouche, des yeux, des oreilles, des bras. À ce que je sache, je n'ai pas de sabot ou de corne qui nous différencie. Alors je pense pouvoir dire qu'on est de la même « espèce » monsieur.

- Bon, on y va ou on reste ici pour discuter toute la nuit.

Il m'a ignoré là, je n'ai pas rêvé ! Cette espèce de vieux schnock arrogant, il m'énerve ! Reste calme Iris, tu as d'autres problèmes pour le moment inspire, expire, inspire, voilà tout va bien. Tu réponds calmement comme si de rien n'était.

- Ouais, on y va. Mais au fait ! Qu'est-ce que je vais dire à mes parents moi ?

- Et bien ce que tu voudras ; étant donné que tu es un cas plutôt spécial, je n'ai pas l'habitude. Normalement, les parents sont au courant et totalement consentant ce qui est normal car ils sont eux aussi des mages. Mais si tu ne sais vraiment pas, je peux appeler mon collègue pour qu'il leur efface la mémoire, il est actuellement occupé avec tes camarades de classe, mais quand il aura fini de s'occuper d'eux, il pourra se charger de tes parents.

A-3Où les histoires vivent. Découvrez maintenant