Chapitre 12

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Le silence se fait dans l'arène, les minutes s'écoulent et je n'arrive à rien. J'ai l'impression d'être là depuis une éternité. Des chuchotements commencent à parcourir l'assemblée. Les spectateurs se demandent sûrement, à juste titre, ce que je fiche planté là les bras ballants. Mais j'ai beau me concentrer, essayer de toutes mes forces, rien ne viens. Le moment commence à être sérieusement embarrassant. Je sens tout le monde qui me dévisage comme si j'étais une sorte d'attardé. Je peux voir de la pitié et du mépris dans leurs yeux. Chez certains, je perçois même de l'amusement. Ma détresse est visiblement divertissante à leurs yeux. L'humiliation me submerge. Je suis complétement démunie, je ne sais pas quoi faire à part rester là comme une stupide plante verte. J'essaye de faire abstraction des gens et de me concentrer sur mon objectif, mais c'est peine perdue. Le silence pesant se transforme rapidement en brouhaha face à mon échec et je peux entendre leur commentaire moqueur d'ici. Chacun y va de sa petite remarque. Ça fait plus mal que ce que je pensais. Je croyais avoir surmonté tout ça, mais les humiliations publiques restes toujours aussi dur à vivre, nouveau caractère ou pas. Je me recroqueville légèrement sur moi-même essayant de me protéger comme je peux de leur méchanceté. Soudain, je ne suis plus à Lacia mais dans mon ancien lycée en train de me faire humilié par Clara et sa clique. La vision et si clair qu'elle me parait réelle et je sens les larmes me monter aux yeux. Tout à coup, un cri s'élève au-dessus du bruit ambiant.

- Ça, ça va en F-1 direct !

Je tressaille comme si on venait de me gifler. Je relève la tête rouge de honte cherchant a trouvé qui a dit ça, mais ma vision et brouillé par les larmes et il y a trop de monde. Je n'arrive pas à identifier la personne qui a parlé. Le silence se fait suite à cette intervention et les gens commencent à rire. Puis comme si ça ne suffisait pas, ils commencent tous à crier en cœur, ils scandent « F-1 » inlassablement. Et ce qui au début n'était qu'une phrase prononcée au loin, deviens bientôt une litanie reprise par toutes les personnes de l'arène. Je suis mortifié. Au début, le choc me paralyse puis je sens la colère montée. Mais pour qui se prennent-ils ? Ça les amuse de voir une personne en difficulté. Je vais leur en montrer moi du F-1, ils vont voir. Je me retourne vers la borne et me concentre de toute mes forces. Je ne veux pas finir avec les plus faibles, je ne veux pas être discriminé et rabaissé ! Et surtout, je veux leur faire ravaler leurs paroles tous autant qu'ils sont. Je sens mes mains me démanger et je sais. Je sais que ce coup si je vais y arriver. Je lève la main et je crie rageusement :

-Aller marche bordel !!

Sur ce une petite boule de feu jaillis de mes mains et vient percuter la borne devant moi en crépitant doucement. Je ne sais pas comment réagir. Ça me parait tellement bizarre de pouvoir faire ça. J'ai encore du mal à y croire, mais j'avoue que je suis fière de moi, j'ai au moins réussi à sortir quelque chose. C'est toujours mieux que rien. Et pour quelqu'un comme moi qui se considère comme une humaine, faire jaillir ne serais ce qu'une étincelle de sa main est déjà extraordinaire. Tout d'un coup, le silence se fait dans l'arène. Tous les élève ont l'air d'attendre quelque chose. Je comprends ce que c'est quelques secondes plus tard quand la borne s'allume et affiche en grosse lettre majuscule « RANG E-2 ». 

Voilà, on est fixé, je connais enfin mon rang. Je ne suis pas dans les plus faibles, mais je suis loin d'être dans les plus forts. Je me retourne et vois monsieur Gill. Il a la tête de quelqu'un qui vient d'avaler du fil barbelé de force. C'est à mourir de rire. Il s'était visiblement trompé, je ne suis pas si puissante que ça au final. Rien que pour l'expression qu'il a sur le visage à cet instant je suis heureuse de ne pas faire partie des haut rangs. Ça doit faire mal de voir qu'on s'est trompé à ce point surtout après avoir affirmé de nombreuses fois qu'il était sûr de ma force. Si j'étais son collègue, je le ferais chier avec ça jusqu'à la fin de sa vie. La pression et le stress retombent et je sens une envie de rire irrépressible monté. Il est tellement dépité que s'en est comique. Je me mords les lèvres pour réprimer mon fou rire du mieux que je peux et me dépêche de gagner la sortie. Une fois seule, je me laisse aller. Je me marre comme une baleine en repensant à sa tête. Je crois que ça va me faire la journée. J'en ai les larmes aux yeux. Sacré monsieur Gill, il ne s'en remettra pas. Le pauvre, lui qui a un tel orgueil. Admettre qu'il avait tort vas sacrément lui faire mal au cul. Je pouffe de plus belle à cette idée. Finalement, je me calme et décide d'attendre la fin de l'évaluation à l'extérieur de l'arène. Je n'ai aucune envie de rester ici plus longtemps que nécessaire. Au bout d'un certain temps d'autre nouveaux me rejoignent, le groupe de départ se reforme petit à petit au fur et à mesures que les autres sortent. Une fois, tout le monde réunit deux femmes et un homme (sûrement des profs) vinrent nous indiquer nos classes et nous donner notre emploi du temps. Je me retrouve avec Jacqui le gars de tout à l'heure qui m'a traité de je site « pas banale ». Lui aussi est rang E-2 et de fait on est dans la même classe. D'ailleurs à l'occasion, il faudrait que je lui demande son vrai nom par ce que Jacqui c'est bien joli mais bon. Je m'avance donc vers lui pour faire connaissance et aussi un peu pour trouver mon chemin, j'avoue.

A-3Où les histoires vivent. Découvrez maintenant