Chapitre 30

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Les jours passent et je fais des efforts. À force d'entrainement, j'arrive à enchainer les exercices de plus en plus facilement, mon endurance et ma force s'améliorent. Tous les soirs, je m'entraine avec acharnement. Toujours plus dur, toujours plus fort, jusqu'à l'épuisement. La journée, je vais en cour et m'entraine à la maitrise de mes pouvoirs et le soir, je renforce mon corps. De plus, comme je continue de suivre les cours de madame Bolgarov j'apprends les arts martiaux et le combat armée. Je me débrouille plutôt bien, il faut dire que mon entrainement quotidien m'a beaucoup aidé. Je crois que je n'ai jamais été aussi en forme. Ma condition physique est au top, ça aide beaucoup pour les sports de combat. Je suis devenu la meilleure de ma classe au lancer de couteaux, j'ai un talent naturel pour ça visiblement. J'ai complètement apprivoisé les éléments du feu et de l'air, je peux m'en servir à ma guise. L'eau me donne encore du fil à retordre, mais je m'améliore de jour en jour. Je vais nager au lac quotidiennement pour me familiariser avec. Monsieur Taraka continue à me donner des cours particuliers sur le monde magique et je me renseigne moi-même de mon côté quand j'ai un peu de temps libre. La bibliothèque est devenue ma meilleure amie, j'y passe un temps fou. Tout est tellement intéressant, je n'ai jamais assez d'information. Je dévore les livres sur Lacia et les mages à une vitesse folle. 

Sinon, le reste du temps, je traine avec ma bande d'amis, on est toujours aussi soudé et on s'amuse bien. On est devenu assez connu dans l'école. Si on fait abstraction de nos nombreuses infractions au règlement et autres conneries, c'est sans doute à cause de l'altercation assez impressionnante qui a eu lieu avec les rangs B et Jessica. Ça nous a rendu plutôt célèbres. En plus de nos bêtises habituelles, on est maintenant reconnu comme les rebelles anti haut rang de classe E. On a fait que se défendre, mais bien évidemment, c'est nous qui passons pour les fauteurs de troubles et les méchants. Je vous passe les détails, mais en gros, c'était les vacheries habituelles jusqu'à ce que ça prenne de plus en plus d'importance. Au début, c'était salir les vestiaires pour nous embêter puis c'est passé à un autre niveau. C'était des insultes quotidiennes, des croche-pieds, des vols d'affaires et ainsi de suite. Jusqu'à ce qu'un jour Clarisse retrouve un oiseau mort cloué sur son bureau. C'était une colombe et de loin, elle a cru que c'était son familier. Son cri de terreur résonne encore à mes oreilles. Je n'avais jamais entendu un son aussi déchirant. On a bien mis une heure à la calmer après ça, elle était complètement traumatisée. Même après avoir vu que Perle n'avait rien, on n'a pas pu lui décrocher un mot avant le lendemain. Après cet incident, on a décidé d'aller les confronter. On a débarqué dans leur réfectoire et j'ai littéralement détruit Jessica en public. Je l'ai humilié et insulté de toutes les façons possibles avec toute la haine et la rage dont j'étais capable. Sur le moment, elle était tellement choquée qu'elle n'a pas pu décrocher un mot. Ça m'a fait un bien fou et aux autres aussi d'ailleurs. Le lendemain, j'ai reçu une demande de duel de sa part. Bien sûr, j'ai refusé. Le truc chouette avec le système de duel, c'est que si tu refuses de participer la personne qui t'a défié n'a d'autre choix que de renoncer au combat. C'était son seul moyen de me confronter en utilisant ses pouvoirs, elle voulait surement me mettre une raclée pour se venger. Malheureusement pour elle, je ne suis pas rentré dans son jeu et l'usage de la magie pour régler ses comptes étant formellement interdit en dehors des arènes elle s'est retrouvé coincé. La seule possibilité qu'elle avait pour rétablir sa réputation était de me confronter à l'oral. C'est ce qu'elle a tenté de faire, mais ayant la répartie d'une moule cela s'est soldé par une nouvelle humiliation pour elle. C'était absolument jouissif. L'affaire ayant pris énormément d'ampleur les profs ont été avertie. Lorsqu'ils ont appris l'histoire de l'oiseau mort, ils n'ont pas eu d'autres choix que de se ranger de notre côté. Bien que cela leur arrache la bouche de donner raison à des bas rangs, ils n'ont pas eu d'autre choix. Toute l'école était au courant, ils n'ont pas pu étouffer l'affaire comme à leurs habitudes. De plus, ce genre d'acte barbare envers un animal est très mal vu chez les mages. Le respect des animaux et de la nature et une des règles fondamentales du monde magique. Le fait qu'elle ait choisi un oiseau en rapport avec le familier de Clarisse a encore plus aggravé son cas. Le lien entre un familier et un mage est considéré comme sacré. Le simple fait qu'elle est pu suggérer par son acte de tuer Perle lui à value le dégout d'un bon nombre d'élèves sans parler du corps enseignant. Au final, Jessica et sa bande se sont fait sévèrement réprimander et depuis ce jour, ils nous laissent tranquilles. L'école a quand même trouvé le moyen d'atténuer les fait en leur faveur et de nous mettre la responsabilité de la dispute sur le dos. Cela ne nous a pas vraiment surpris, on s'y attendait et ça ne nous a pas plus dérangé que ça. Tout ce qui nous importait, c'était que les hauts rangs arrêtent de nous harceler, une fois l'affaire résolue l'état de notre réputation ne nous intéressait pas... Voilà donc comment nous somme devenu « les rebelles de rang E » les plus connus de l'école.

Enfin bref, pour en revenir à un sujet plus intéressant, les vacances arrivent bientôt. Je ne sais pas encore ce que je vais faire, mais je sais qu'un peu de repos serait le bienvenu. Je ne me voile pas la face, je ne pense pas pouvoir échapper à l'entrainement, mais j'espère avoir un peu de temps libres la journée. Ça fait une éternité que je ne me suis pas fait de soin de beauté ou que je ne me suis posé pour bouquiner autre chose que des livres concernant les mages. Un bon roman à l'eau de rose ne me ferait pas de mal. De plus, j'aimerais demander l'autorisation de rentrer chez moi au moins pour quelques jours. Je n'ai pas vu mes parents depuis deux mois et demi et ils me manquent énormément. Je pense que si ce n'est que pour une courte durée monsieur Taraka n'y verra pas d'inconvénient. D'ailleurs, en parlant de lui, on s'est beaucoup rapproché. Le fait de se voir quotidiennement tous les jours à du aider, mais en dehors de ça, je pense qu'on été juste fait pour s'entendre. Il a la patiente et le calme nécessaire pour me canaliser et m'aider à progresser et de mon côté, je l'aide à se détendre après les cours et le fait beaucoup rire. On s'accorde parfaitement. Il m'a pris sous son aile et parfois, j'ai l'impression qu'il fait partie de ma famille. Lorsque nous sommes tous les deux il agit plus comme un vieil oncle bienveillant que comme un professeur. La barrière enseignant élève a complétement disparue. On s'entend à merveille et malgré le mal que je me donne aux entrainements, je passe de super bon moments. J'ai eu beaucoup de chance d'atterrir dans cette classe. Et maintenant que je me suis un peu habitué à l'école, je pense pouvoir dire que malgré le système de rang, j'aime être ici. J'aime apprendre la magie, j'aime ma classe et mes camarades et j'aime cette école en dépit de tout ce que je peux lui reprocher. J'espère de tout cœur que les choses vont rester comme ça. Je progresse à une vitesse folle et j'en suis fier, mais parfois, j'ai peur du moment où je devrais quitter tout ça. Plus je m'améliore plus je me rapproche de l'instant où je devrais changer de classe. Je sais que c'est inévitable et que c'est pour mon bien, mais je n'en ai aucune envie. J'essaye de ne pas y penser pour l'instant, mais cela reste dans un coin de ma tête et me travaille plus que je ne veux bien l'admettre.

Sinon par rapport à mon Stalker, je ne fais toujours aucun progrès. Ce couillon a dû se rendre compte que je l'avais repéré, car depuis l'autre jour, il est beaucoup plus discret. Je ne le sens quasiment plus. Pourtant, je sais qu'il est là. Je ressens sa présence, je n'ai aucun moyen de l'expliquer, mais je le sais, c'est tout. Je fais donc très attention quand je me rends à mes entrainements. Je fais plusieurs détours puis fait semblant de rentrer à l'internat avant de ressortir par la sortie de secours pour me rendre au gymnase. Pour l'instant, je ne crois pas qu'il s'en soit rendu compte. J'ai prévenu monsieur Taraka et nous avons mis des rideaux aux fenêtres par précaution, mais pour le moment rien à signaler. J'ai remarqué qu'il ne me suit qu'à certains moments de la journée, ce qui confirme que c'est bien un élève. Tout comme moi, il doit avoir des cours le reste du temps, je peux donc me détendre un peu lorsque je suis en classe. En-tout-cas, il est sacrément tenace. Je ne vois pas vraiment ce qu'il peut y avoir d'intéressant à me suivre, mais il ne lâche pas l'affaire. Il est au moins aussi têtu que moi et ce n'est pas un mince exploit croyait moi. J'avoue que ça me dérange un peu, mais tant qu'il garde ses distances, je fais comme si de rien n'était. De toute façon, tant que je ne sais pas qui c'est, je ne peux rien faire. Je prends mon mal en patience et me contente donc de l'ignorer en faisant ma vie comme d'habitude.


Pdv Sky :

J'étais en train de me casser la tête sur un devoir de biologie magique lorsque la porte de ma chambre s'est ouverte à la volée laissant passer William et Eurêka. Je relève la tête exaspéré, visiblement le fait de frapper avant d'entrer leur est toujours aussi inconnu. Ils ne font même pas attention à moi et vont s'installer sur le lit en se chamaillant comme à leur habitude. Je les ignore et essaye de me concentrer du mieux que je peux sur mon travail mais s'est mission impossible. Avec ces deux idiots à côté impossible de bosser. Je balance donc mon stylo sur mon bureau et me tourne vers eux.

- Qu'est-ce que vous voulez ? Demandais-je sèchement en les fusillant du regard.

- Oh tout doux bijou. Me lance Eurêka. On vient juste passer du temps avec notre pote pas vrai Will. Finit-elle le sourire en coin.

Je connais ce sourire, c'est le sourire de la connerie. Je me crispe immédiatement me demandant quel coup fourré ils ont encore préparé. Je la dévisage avec mon regard le plus froid lui faisant bien comprendre que ce n'est pas le moment de me faire chier. Elle n'est pas intimidée le moins du monde et me rend mon regard par un sourire radieux. Je déteste quand elle fait ça. Eurêka est bien l'une des seules personnes qui ne me craint pas et me tient tête, et même si ça a ses avantages, parfois, j'ai littéralement envie de lui tordre le cou.

- Et si tu nous parler de ta petite mission de surveillance. Comment ça avance ? Toujours rien d'intéressant ? Tu n'as rien à nous raconter ? Comment notre petite rang E se porte-t-elle ? Dit-elle de manière nonchalante comme si la réponse ne l'intéressait pas du tout.

Je me crispe subissant son interrogatoire de plus en plus énervé à mesure qu'elle parle. Je comprends très bien son petit manège, elle essaye de me soutirer des informations en faisant mine qu'elle s'en fiche. C'est bien essayé, mais ça ne marche pas avec moi, et ce n'est vraiment pas le moment de me prendre pour un con.

- Eurêka, je te promets que si tu n'arrêtes pas immédiatement de te foutre de moi, je vais vous mettre dehors à grand coup de pied au cul. Je ne suis pas d'humeur aujourd'hui. Dis-je les dents serrées.

Elle se renfrogne immédiatement et croise les bras me toisant comme si j'étais un vulgaire insecte.

- Excuse nous de vouloir passer un peu de temps avec toi, monsieur ronchon. Depuis que tu t'es mis à suivre cette fille, on ne te voit quasiment plus. On a bien le droit de savoir de quoi il retourne. On voulait juste en apprendre plus sur elle. On dirait qu'elle t'a complétement hypnotisé. Ça mérite que l'on s'y intéresse non ? Répond-elle sur la défensive.

- Ah, je vois, donc vous êtes venue pour un interrogatoire et tu as cru qu'avec ton petit sourire innocent j'allais tout te balancer sans me rendre compte de ton manège, c'est ça. Dis-je moi aussi sur la défensive.

Elle me fixe un instant puis se détourne en boudant m'ignorant royalement.

- Toi aussi Will, t'est venu à la pèche aux informations ? Demandais-je à mon ami étrangement silencieux.

- Ouais. Dit-il penaud. Écoute mec, on ne voulait pas paraitre indiscret, mais t'est bizarre en ce moment. On veut juste s'assurer que tout va bien ok ? Tu ne nous parles jamais si on ne te pousse pas un peu. Comprends qu'on s'inquiète aussi, on est tes amis...

Je me calme un peu devant son inquiétude visible, j'ai été un peu sec. La situation ne méritait pas une telle réaction de ma part. Je me suis emporté. Ce foutu devoir me les brise depuis une heure et je me suis défoulé sur eux. Je prends donc une grande inspiration afin de me calmer et essaye de répondre le plus gentiment possible.

- Je comprends, désolé, je suis un peu tendu ce soir. Quand je vous ai vu arrivé avec vos têtes de débile, je me suis dit que vous alliez encore faire une connerie pour me faire chier et je me suis braqué. Et comme tu l'as dit Will, vous êtes mes amis, pour ce genre de chose, vous pouvez me demander, vous n'êtes pas obligé de partir en mission commando espionnage pour me soutirer des informations. Ce n'est pas franchement agréable de subir un interrogatoire et ça ne donne pas du tout envie de vous répondre. Surtout que j'ai directement compris votre petit jeu et que j'ai juste eu l'impression d'être pris pour un con.

Mes amis ont l'intelligence de paraitre gêné et s'excuse rapidement pour leur comportement.

- Qu'est-ce que vous voulez savoir exactement. Demandais-je un peu radouci.

- Rien de particulier, on voudrait juste que tu nous racontes un peu. Elle a l'air de t'obséder complétement. C'est rare que tu t'intéresses à quelqu'un comme ça, on aimerait savoir pourquoi.

Je bug un instant, je ne suis pas obséder par elle. C'est quoi ces conneries.

- Mais qu'est-ce que vous racontez ? Demandais-je perdue.

- Mec, je te jure. T'es complétement accro. Tu passes plus de temps à l'espionner qu'a trainé avec nous. Dès que les cours sont finis, tu te précipites pour aller la voir, c'est à peine si on peut t'adresser un mot avant que tu ne disparaisses.

- Je... Je ne pensais pas que c'était à ce point-là. Dis-je complétement déconcerté. Je ne m'en étais pas rendu compte.

- Ouais, on sait, c'est pour ça qu'on t'en parle. Répond-il l'air un peu inquiet. On n'est pas là pour te juger ou quoi, mais t'es en train de virer psychopathe mec. Tu la suis toute la journée sans jamais lui parler. On dirait un vieux stalker de film d'horreur.

Je tressaille comme s'il venait de me frapper. Je suis complétement choqué. Je ne m'étais pas rendu compte de la situation. J'aime tellement l'observer que je me suis persuadé que je la surveiller sous prétexte qu'elle était soi-disant dangereuse. Mais William à raison, on dirait un psychopathe. J'ai pété un boulon qu'est ce qui ne va pas chez moi. Le pire, c'est que je ne m'en étais même pas rendu compte. J'ai un sérieux problème, cette fille me rend complétement fou.

- Je... Je... Bégayais-je essayant de me justifier auprès de mes amis.

- Mec calme toi, on ne te dit pas ça comme un reproche. On comprend que tu t'inquiètes pour Dean, mais peut-être que tu pourrais aller lui parler au lieu de la suivre tous les jours. Depuis tout le temps que tu l'observes je pense que si tu avais dû apprendre quelque chose d'intéressant ça serait déjà fait non ?

Je déglutis sans rien dire. Ça fait belle lurette que je ne m'inquiète plus pour Dean la seule raison pour laquelle je la suis, c'est que j'aime ça. J'aime l'observer et la voir évoluer au milieu de ses amis. Elle me fait rire et le seul fait de l'observer me rend heureux. En prendre conscience me bouleverse complétement. Mes amis ont raison, je ne peux pas continuer comme ça, on dirait un malade. J'ai honte, je ne comprends pas ce qui m'arrive.

- Sky ? M'appelle Eurêka. Ça va ?

Je déglutis de nouveau et me passe une main fébrile dans les cheveux.

- Non, ça va pas. Dis-je bouleversé. Je suis complétement largué.

Mes amis me dévisagent comme si une deuxième tête venait de me pousser. Ils sont complétement choqués. Je ne suis pas le genre de personne à parler de mes problèmes ou à avouer mes angoisses. Je garde toujours tout pour moi et ne me plains jamais. C'est simple, je crois bien que c'est la première fois de ma vie que je réponds par la négative à cette question. Mais là je me sens tellement mal que je n'ai pas eu le courage de mentir.

- Parle nous Sky. M'encourage Eurêka visiblement très angoissé par mon état.

Alors c'est ce que je fais, je leur raconte tout n'omettant aucun détail. À la fin de mes explications, je me sens un peu plus léger. Mes amis m'ont laissé parler sans m'interrompre une seule fois et j'ai pu vider mon sac intégralement.

- T'inquiètes pas, il n'y a rien de grave, elle t'attire c'est tout. Conclu William à la fin de mon récit.

- De quoi tu parles ? Demandais-je paumé.

- Bah cette fille, elle t'intéresse, c'est tout. Ce n'est pas la fin du monde Sky. J'avoue que ta méthode d'espionnage chelou fait un peu flipper, mais si j'ai bien compris ce que t'as dit, c'est juste que tu voulais la surveiller et puis t'as finis par te rendre compte que t'aimais bien l'observer. En gros, tu te sens bien en sa présence et t'aime la regarder. Y'a rien de sorcier la dedans. Seulement t'es tellement handicapée des sentiments que t'arrive pas à comprendre ce qui se passe. Et au lieu de faire comme tout le monde et de tenter un rapprochement, tu te contentes de rester caché dans les buissons comme un con parce que tu ne sais pas quoi faire d'autres.

Je suis bouche bée, je n'avais jamais pensé à ça. C'est tellement évident comme raison que s'en est presque risible. Je ricane comme un con, désabusé. Est-ce que je viens de stalker une fille pendant des semaines tout ça parce que je ne sais pas décrypter mes émotions ? Je ne comprenais pas ce qui m'intriguait chez elle est donc j'en ai déduit qu'elle était potentiellement dangereuse et donc à surveiller. Et à force de l'observer, j'ai complétement perdu de vue mon objectif. C'est complétement débile. En ce qui concerne les sentiments, j'ai autant de bon sens qu'un enfant de quatre ans. Je suis tellement matrixé par mon entrainement que le moindre truc qui sort de la norme m'apparait automatiquement comme une menace. Mon esprit s'est servi de ce prétexte pour rationaliser mon comportement et je ne me suis pas posé de questions.

- Mec, la vie n'est pas une mission faut vraiment que t'apprenne à décrocher. Continu William. Je sais que t'as été surentrainé depuis que t'es petit, mais là t'es complétement déconnecté de la réalité. C'est pas parce que tu la trouves à ton gout qu'elle doit te paraitre suspecte.

J'acquiesce automatiquement encore perturbé par ma prise de conscience.

- Enfin bon, tout ce que je retiens moi, c'est que notre petit Sky est amoureux. Chantonne Eureka le sourire jusqu'aux oreilles.

Je m'étrangle avec ma salive et avale de travers, ce qui me fait tousse comme un con.

- Mais t'es complétement malade ! M'exclamais-je une fois que ma toux c'est un peu calmé. Je ne suis pas amoureux, je lui ai parlé qu'une fois et elle m'a littéralement insulté les soixante-dix pour cent du temps.

- T'es peut-être maso. Réplique Eurêka en haussant les épaules. En attendant, tu n'es peut-être pas amoureux, mais t'as un bon gros crush mon pote, c'est moi qui te le dis.

Je ne réponds rien trop choqué pour répliquer quoi que ce soit. Je suis complétement paumé. Je crois qui vas me falloir du temps pour digérer la nouvelle. Moi le mec le moins romantique de la terre, je suis en kiff sur une fille. C'est complétement absurde, j'ai la capacité émotionnelle d'une huitre, je ne comprends pas comment ça a pu arriver. Je prends ma tête dans mes mains et me frotte vigoureusement les yeux comme pour me remettre les idées en place. Je fixe le sol sans un bruit pendant environ deux minutes avant de demander d'une petite voix.

- Et qu'est-ce que je dois faire au juste ?

Eurêka souris comme une psychopathe. J'ai un mouvement de recul regrettant déjà d'avoir posé la question.

- Y'a pas trente-six solutions, il va falloir que t'ailles lui parler mon pote. Tu ne vas pas y couper.

Je soupir découragé, laissez-moi vous dire les amis qu'on est sacrément mal barré...








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