Il me reste encore une heure de cours avant la pause-déjeuner. Quand j'arrive enfin dans la salle, la plupart des élèves sont déjà installés, mais heureusement pour moi monsieur Taraka n'est pas encore arrivé.
- Oh les gars, on est en quel cours là, je suis un peu perdu ?
- Tien une revenante t'était passée où ?
- Oh rien d'important, j'étais avec monsieur Gill, j'avais quelque chose à régler avec lui. Tu t'es inquiété mon petit Alban ? Ricanais-je.
- Non bien sûr que non, je me demandais juste si, tête de linotte comme tu es, tu ne t'étais pas perdu en chemin. Ou alors peut-être que t'étais en train de commettre un meurtre, tu sais, on ne sait jamais avec les psychopathes...
- Moi me perdre, tu sous-estimes mon incommensurable sens de l'orientation mon cher Alban. Ça me vexe beaucoup de ta part, tu sais ! Et de plus, sache que je ne fais jamais de victime avant manger, ça me coupe l'appétit.
- Mouais bref, pour répondre à ta question initiale, on est en cours de maîtrise capacitaire là.
- Hein ?
- Cours de maîtrise capacitaire, en gros on apprend à gérer nos pouvoirs.
- Ahhh fallait le dire plus tôt aussi. La prochaine fois que je te demande en quel cours on est, épargne-moi le nom snob approprié à la matière. Explique-moi directement de quoi il s'agit, ça nous fera gagner du temps.
- Ouais pas de souci. Dit-il en riant.
À la fin de ce petit interlude, monsieur Taraka fait son apparition.
- Désolé du retard, je n'ai pas vu le temps passer. Bon, mettez-vous par groupe d'élément nous allons commencer.
Tous les élèves se répartissent par groupe et je me dirige vers celui du feu vu que c'est mon élément. Enfin un de mes éléments. Mais vu que je suis censé n'en avoir qu'un...Bref je me retrouve donc avec Harry qui lui aussi maîtrise le feu. Une fois répartis par groupe, nous sortons de la classe et nous dirigeons vers l'extérieur. Je ne comprends pas vraiment pourquoi, mais je suis le mouvement sans poser de questions. Nous finissons finalement par nous arrêter dans une clairière assez éloignée des bâtiments. Là monsieur Taraka nous donne ses consignes.
- Pour commencer vous allez chacun essayer de faire apparaître votre élément. Sous la forme que vous voulez. Ensuite, on passera à des exercices plus précis.
À mon grand étonnement, tous les élèves s'exécutent très rapidement et font apparaître leurs éléments à une vitesse folle. Comme si cela été aussi facile que de respirer. Je suis estomaquée ! Comment font-ils ça ?! Je me concentre à mon tour et essaye de reformer la boule de feu que j'avais fait apparaître lors du test. Malheureusement j'ai beau essayé de toutes mes forces rien ne se passe. Je ne comprends pas.
Monsieur Taraka s'approche de moi doucement. Sans doute a-t-il vu ma mine dépitée et l'absence flagrante de feu dans mes mains, comme tout le monde d'ailleurs.
- Tu n'y arrives pas ?
- Non désolé, je crois que je n'ai pas de grandes capacités niveau magie. Répondis-je platement.
- Ne t'inquiète pas, c'est normal au début. On met tous un certain temps à apprivoiser nos pouvoirs. Mais au fil des jours ça te viendra naturellement, tu verras. Je vais essayer de t'aider. Les autres, je veux que vous vous entraîniez avec vos éléments en attendant. Vous faites ce que vous voulez tant que ça reste sans danger pas de combat rapproché ni d'attaque directe, c'est compris.
Le groupe-classe acquiesce puis se met au travail. Des boules de feu jaillissent sur ma droite, des arbustes se mettent à pousser en face de moi, des flaques d'eau apparaissent à la surface de la terre plus loin et des mini tornades se forment à ma gauche. Juste impressionnant. Monsieur Taraka me tire de ma contemplation et m'entraîne à l'écart plus loin dans la forêt.
- Mais comment font-ils ça ? Demandais-je stupéfaite.
- C'est simple, ils manipulent leurs éléments et s'en servent pour créer ce qu'ils veulent. Il suffit juste d'imposer sa volonté à sa magie.
- Le problème avec moi, c'est que mes pouvoirs ne se manifestent que quand je suis en colère. Avouez que ce n'est pas très pratique.
- Je vais te dire une chose Iris tes pouvoirs comme tu viens de le dire son TES pouvoirs ce ne sont pas eux qui te contrôlent mais l'inverse. Il faut que tu apprennes à t'en servir même quand tu n'as pas d'émotions fortes. Évidemment la peur, la colère, l'excitation ou n'importe quelle sorte de sentiments, aide beaucoup à la manifestation de la magie. Mais il faut apprendre à t'en servir sans utiliser ces émotions. Je dirais même plus qu'il faut les brider, les contrôler. Sinon cela peut provoquer des accidents. Imagine-toi. Si à chaque fois que tu es en colère tu provoques un incendie, on est mal tu ne penses pas ?
- Oui, vous avez raison, je comprends.
- Très bien donc maintenant il faut que tu arrives à visualiser la magie qui coule en toi. Que tu ressentes le flux de pouvoirs qui te parcoure. Je te conseille de t'asseoir et de fermé les yeux. Moi, c'est comme ça que j'ai réussi quand j'étais jeune.
J'écoute attentivement tout ce que me dis monsieur Taraka et m'exécute sans rechigner. J'ai vraiment envie d'atteindre le même niveau que les autres. Je m'assois donc en tailleur contre un arbre en ferme les yeux essayant de créer une bulle de concentration autour de moi.
- Très bien Iris continu comme ça, maintenant ressent ton pouvoir, cherche-le, il est là quelque part. Trouve-le au fond de toi.
J'écoute mon professeur et me plonge dans la concentration, je fais abstraction du reste du monde, m'enferme dans ma bulle...
Au bout de quelques minutes ou il ne se passe rien, je ressens enfin quelque chose. Un léger picotement dans le bout de mes doigts attire mon attention. Je commence à me demander si ce n'est pas juste de l'engourdissement quand je sens une chaleur irradiait du haut de mon bras jusqu'au bout de mes ongles. Ça y est je le récent !! Ce flux que me décrivait monsieur Taraka, il est là, partout dans mon corps, il se déplace dans mes veines. C'est une sensation bizarre, c'est chaud et c'est comme ressentir d'un coup la présence de tous ses vaisseaux sanguins. J'ai l'impression de pouvoir en faire ce que je veux... C'est une sensation grisante, j'adore ça. Je me décide finalement à le concentré dans mes mains et visualise mentalement deux flammes. À ce moment, j'ai comme un déclic. Même sans ouvrir les yeux, je sais qu'elles sont là. Je le ressens, je les ressens. J'ouvre finalement un œil pour tomber sur deux magnifiques flammes de plus d'un mètre de haut et un monsieur Taraka ébahit. Il faudrait peut-être que j'arrête maintenant. À peine cette pensée m'a-t-elle effleuré l'esprit que mes deux brasiers se résorbent instantanément. Si j'avais un humour pourri, j'aurais dit comme par magie, mais vous me connaissez depuis le temps, mon humour surpasse de loin cette réflexion de bas niveau. Bref, c'est donc toute fier que je redresse la tête et m'exclame :
- Vous avez vu monsieur, j'ai réussi, j'ai réussi !
- Ça pour avoir vu, j'ai vu, comment a tu fais ?
- Ben comme vous me l'avais dit, j'ai tout fait comme vous m'avez dit et ça à marcher ! Répondis-je surexciter.
- Iris, tu as une puissance incroyable ce n'est pas normal pour un élève de rang E.
- Euh, je vous demande pardon ?
- Personne dans cette classe n'est capable de faire une flamme aussi grande et d'une telle intensité. Et quand je dis personne, je m'inclus dans le lot. Tu as un niveau bien plus élevé que la moyenne de cette classe. À vue de nez, tu es au moins de rang B, voir rang A.
- Mais je... Enfin, comment est-ce possible ?
- Je suppose qu'étant donné que tu n'avais jamais pratiqué, tu n'as pu sortir que le minimum lors de l'examen ce qui a faussé le résultat. Comme tu peux le constater, tous les élèves maîtrisent déjà leurs éléments en arrivant ici. Donc, au moment du test, ils donnent leur maximum ce qui fait qu'il n'y a jamais d'erreur dans le classement. Seulement, pour toi, ce n'est pas pareil.
- Je vois...
Monsieur Gill avait raison, je pensais qu'il était simplement têtu avec son histoire et qu'il refusait de voir les choses en face, mais au final, c'est moi qui me suis trompé.
- Iris, surtout, promet moi de ne jamais enlever ta pierre de puissance ! Maintenant, que tes pouvoirs sont réveillés ça te tuerait. Tu m'as bien compris ne l'enlève jamais, sous aucun prétexte. Tu as trop de puissance magique pour pouvoir la gérer sans l'aide de ton collier.
Je déglutis et involontairement ma main se porte à ma pierre comme pour vérifier qu'elle est bien à sa place.
- Oui monsieur, c'est promis, je ne l'enlèverais pas. De toute manière, je ne la quitte jamais.
- Bien et ne t'inquiète pas, je vais faire les démarches qui s'imposent dès demain tu intègreras la classe des rangs B.
À ces mots, je relève la tête immédiatement et m'exclame :
- Non surtout pas ! Je ne veux pas aller avec cette bande de snobinards coincés du c... Du, du, euh cumulo-nimbus. Enfin, vous m'avez compris. Je suis très bien ici moi !!
- Du cumulo-nimbus sérieusement Iris ?!
- Oui, je ne veux pas y aller. Pleurnichais-je.
- Je ne sais pas trop Iris. Selon-moi, ton potentiel serait mieux exploité là-bas. Tu vas manquer d'entraînement ici, ce n'est pas bon pour toi.
- Je peux travailler le soir si vous voulez. Tous les soirs même !
- Tu en es sûr ?
- Oui oui, je vous le promets. Si vous ne dites rien et que vous me garder avec vous je m'entraînerais plus dur que n'importe qui.
- Très bien si tu respectes cette condition, je veux bien me taire. Tu travailleras une heure tous les soirs avec moi, en plus de celle que je t'avais déjà promis pour rattraper ton retard. Donc deux heures en tout. En fonction de ton évolution, on en rajoutera peut-être une troisième. Puis tu travailleras autant que tu le voudras toute seule. On est d'accord ?
- Oui monsieur ! Et euh... Au fait... Je maîtrise aussi le vent pour info.
Là, je crois que je l'ai achevé le pauvre. Sur le coup, j'ai cru qu'il allait s'étouffer avec sa salive. Je ne l'ai pas ménagé !
- Et tu m'annonces ça comme ça ! S'étrangla-t-il.
- Oui, je n'ai pas trop réfléchi désolé pour la forme.
- Bon viens, on va rejoindre les autres, une chance qu'on se soit mis à l'écart.
- Oui comme vous dites, moi qui voulais rester discrète.
- En parlant de ça qui est au courant à part moi pour tes pouvoirs ?
- Monsieur Gill, enfin, il sait que je maîtrise le vent. Pour ce qui est de mon niveau par contre, je pense qu'il me suspecte, mais n'est sûr de rien. Ne vous inquiétez pas, je me suis déjà occupé de lui, il m'a promis de ne rien dire.
- Très bien, si c'est possible, j'aimerais que ça reste comme ça. N'en parle à personne d'autre s'il te plaît. J'ai de la sympathie pour toi, c'est pour ça que je veux bien t'aider, mais si cela s'apprend, je risque de me faire viré de mon travail. À Lacia, il est strictement interdit au professeur d'enseigner à des élèves qui ne sont pas de leur rang. Et non seulement, je vais t'enseigner, mais je vais aussi cacher tes véritables capacités ce qui est une autre infraction au règlement. Donc s'il te plaît, essaye d'être discrète.
J'acquiesce solennellement. Il est prêt à perdre son travail pour m'aider alors qu'il ne me connaît même pas. Il est bien évident que je vais faire très attention de ne pas lui attirer d'ennui. L'émotion me prend à la gorge et je sens que si je ne me retiens pas, je vais pleurer. Je suis tellement soulagé d'avoir pu parler de tout ça à quelqu'un. Je ne m'en rendais pas compte mais ça me pesait énormément. Le fait d'avoir perdu monsieur Gill et de m'être retrouvé sans guide et sans repère dans ce monde a été plus dur que je ne veux bien me l'admettre. Savoir que je peux me reposer sur quelqu'un et que je ne suis plus seule fait vraiment du bien.
- Merci de faire tout ça pour moi. Je ne comprends pas vraiment pourquoi d'ailleurs, mais merci. Dis-je d'une voix hachée essayant de retenir mes larmes.
Monsieur Taraka semble comprendre dans quel état je suis et se contente de me sourire avec bienveillance.
- Aider les élèves c'est mon métier, voilà pourquoi. Et je ne vais certainement pas t'abandonner sous prétexte que tu es une haut rang. J'ai bien compris que tu avais du mal avec le système de cette école et je n'ai pas non plus envie de te forcer à changer de classe si cela doit te rendre malheureuse. Alors je t'aiderais du mieux que je peux. Finit-il en souriant.
Une larme dévale ma joue sans que je ne puisse l'arrêter et je renifle de manière très peu élégante.
- Merci. Dis-je une fois de plus avec toute la gratitude donc je suis capable.
Il me fait un clin d'œil et nous rejoignons finalement les autres qui continu à s'entraîner. Monsieur Taraka me lance discrètement que je peux m'entraîner avec eux si je me sens capable de modérer ma puissance. Ce qui est le cas. Je rejoins donc mon groupe et me positionne à côté d'Harry.
- Alors Iris, tu as réussi ? Me questionne-t-il.
- Oui, ça y est, j'ai chopé le truc, enfin je crois. Il me faut un peu plus de temps que vous, mais j'y arrive.
- Et bien montre-moi ça ! Qu'est-ce que tu attends ! Que je vois tes progrès.
- Oui oui, d'accord, je m'y mets. Prépare tes mirettes ça va faire mal !
- Ha, ha, ha, je n'attends que ça. Se moque-t-il.
- Vas-y rigole espèce d'ami indigne. Pff tous les mêmes !
Je me concentre et ferme les yeux. Ce coup si je ressens mon flux beaucoup plus rapidement et visualise une toute petite flammèche à peine plus grosse que le pousse. Quand je réouvre les yeux ma flammèche ondule doucement dans le creux de ma main.
- Alors impressionné monsieur le dubitatif de service.
- Franchement oui ! Pour une première fois, c'est top. Moi, j'ai mis trois semaines avant d'arrivé a créé une petite flamme comme celle-là. Toi il ne t'a fallu qu'une séance avec monsieur Taraka c'est remarquable.
- Que veux-tu, c'est le talent ça ! Tu ne peux pas rivaliser avec moi. Rigolais-je.
- Hum ne crie pas victoire trop vite miss et regarde plutôt ça !
Il ferme les yeux et quelques secondes plus tard une flamme de quinze centimètres s'élève dans ça paume.
- Oh, ça va monsieur le frimeur, je ne suis qu'une débutante moi !
- Aller t'énerve pas chaton ce n'est pas ta faute. Ajouta-t-il en me tirant la langue.
Non mais, je rêve, il me cherche ma parole !!
- Cour !
- Euh quoi ?
- Trop tard, je t'avais dit de courir.
Sur ce, je me jette sur lui et le bombarde de guilis. Il se débat au début, mais il abandonne vite, trop occuper a essayé de respirer. Il me supplie d'arrêter, mais je continue. Ça lui fera les pieds tiens. Non mais ! Moi un chaton !! Il croit quoi celui-là, on n'insulte pas Iris Wheeler sans représailles mouhahaha.
- Dis que je suis la meilleure d'entre nous et je réfléchirais peut-être au fait d'arrêter ton supplice. Car croit le ou non, je suis une personne magnanime.
- Tout... ce que... tu voudras. Mais... S'il te plaît... arr...ête. Dit-il tout en se tortillant. Ses phrases entrecoupées d'éclats de rire.
- Alors, j'attends...
- Iris...tu es...la...meilleur d'entre...nous.
- Ça n'avait pas l'air très convaincant mais bon, j'ai pitié de toi, aller lève-toi avant que je ne change d'avis esclave. Ricanais-je.
Je lui tends la main et l'aide à se relever.
- Iris ?
- Oui, c'est moi.
- Rappelle-moi de ne plus jamais te mettre en colère d'accord. Dit-il en reprenant son souffle.
- Je me souviendrais. Répliquais-je en lui faisant un clin d'œil.
Finalement, nous nous remettons au travail et je m'entraîne discrètement à augmenter puis à réduire la taille de mes flammes selon mes envies. J'essaye aussi de mettre le moins de temps possible à les faire apparaître et au bout de quelques essais, je sens que je m'améliore. Je mets beaucoup moins de temps à trouver mon flux et je maîtrise la puissance et la hauteur de mes flammes. Autant vous dire que je suis vachement fière de moi !
Une fois l'heure terminée, nous nous rassemblons tous et repartons vers la classe. Je dois avouer que je suis épuisée, j'ai l'impression d'avoir loupé trois nuits de sommeil et d'être passé sous un rouleau compresseur. Ça doit être le contrecoup de l'entraînement. J'ai peut-être un peu trop forcé pour une première fois. Je vois le seul tangué et j'ai la tête qui tourne.
- Jean, je vais m'évanouir.
- Quoi maintenant !!
- Oui mainte...
- Mason rattrape la vite !! Iris ouhou Iris reste avec nous !
J'entends vaguement qu'on me parle, mais je n'arrive pas à répondre et finalement je sombre dans l'inconscience.
J'ouvre un œil péniblement, éblouis par la lumière qui semble omniprésente dans le lieu où je me trouve. Où suis-je d'ailleurs ? Tout est blanc.
- Oh oh les gars, elle est réveillée !
- Ça va, Iris ?
Je vois six têtes se pencher au-dessus de moi. Dans le tas, je reconnais Jean, Mason, Harry, Clarisse, Sacha et Alban.
-Ben dit donc quel réveil ! Vous ne pouvez plus vous passer de moi, c'est ça ? Non ne répondez pas, je sais que c'est ça.
- Oui, c'est ça Iris tu nous manquais. Répond Clarisse en rigolant.
- Ah, je le savais ! Bon et bien chers invités bienvenus dans mon humble demeure... Et euh, au fait elle se trouve où ma demeure ?
- Elle se trouve à l'infirmerie de Lacia Madame. Se moque Mason. Très chic la déco d'ailleurs.
- N'est-ce pas ? On me dit souvent que j'ai de très bons goûts. Enfin bref quelqu'un peut-il me dire depuis combien de temps je comate.
- À peu près deux heures, histoire de loupé la pause-déjeuner. Tu te réveilles pile avant la reprise des cours. Me répond Sacha.
- Mon corps est un traître. Gémis-je.
- Bon ce n'est pas tout ça, mais nous, il faut qu'on y aille. Louise est partie te chercher de quoi grignoter, elle ne va pas tarder à arriver, bisous.
- Et mais attendez, je viens avec vous moi ! Je suis réveillée là, je vais très bien.
- Non, tu restes là ! Il faut que tu te reposes ! Monsieur Taraka nous a donné la permission de t'attacher au lit si besoin, alors tient toi tranquille !
Eh ben la petite Sacha toute timide elle n'aura pas fait long feu.
- À croire qu'il a déjà cerné le personnage. Pouffèrent les autres.
- Mouais, c'est ça riez. Grommelais-je. Moi, je vais m'ennuyer ici toute seule.
- Allez, boude pas, on viendra te chercher après les cours. Et si t'es sage t'aura un câlin. Ajouta t'elle en me faisant un clin d'œil.
- Super merci Sacha, ça me motive vachement (notez l'ironie). Aller partez laisser moi souffrir en paix.
- À quel moment elle s'est mise à souffrir ?
- Je ne sais pas trop Jean... Je pense que c'est dans sa tête tout ça en fait.
- Vous savez que je vous entends là. Aller oust, sortez d'ici avant que je ne m'énerve. Et toi mon petit Jean, fait attention ! Je te signale que j'ai surpris une conversation des plus intéressante ce matin, ça serait dommage que je la répète par mégarde à la mauvaise personne... Ce qui serait bien évidemment un accident. Ma bouche agis indépendamment de ma volonté par fois...
Il blêmit légèrement. Visiblement mon allusion à son Crush sur Clarisse à fait son effet.
- T'es vraiment super flippante comme fille !
- Merci.
- Ce n'était pas un compliment espèce d'alien ! Aller vite sortons d'ici, avant qu'elle n'aspire notre âme...
Je me marre en les voyant décamper à la vitesse de l'éclaire.
Quelques minutes après leur départ Louise viens me déposer de quoi manger et repart comme une fusée, déjà en retard pour le cours.
Cela fait maintenant un peu plus d'une heure et demie que j'ai terminé mon repas, et je commence à m'ennuyer fortement. Je me sens en pleine forme et ne vois donc pas l'intérêt de rester ici plus longtemps. Je décide donc de me lever et d'aller prendre l'air. Je laisse un mot à mes amis pour leur dire que je suis partie au cas où ils reviendraient me chercher ici. Une fois sorti de l'infirmerie, je mets un petit moment avant de me retrouver dans les couloirs de l'école, mais finalement, j'arrive dehors. À partir de là, je décide d'aller vers ma chambre en attendant la fin des cours. Je me pose sur mon lit et réfléchis un instant. J'ai vraiment envie de tester mes pouvoirs du vent mais je ne sais pas si c'est très raisonnable vu dans quel état d'épuisement je me retrouve après. De plus, ma chambre n'est sans doute pas l'endroit le plus approprié pour m'exercer. Je décide finalement de prendre une douche rapide et de me préparer pour mon cours particulier avec monsieur Taraka. Je profite du temps qu'il me reste pour faire les quelques devoirs que je n'ai pas finis, puis sors de ma petite chambre pour me rendre dans le gymnase. Je me demande un peu pourquoi il m'a proposé de faire nos cours ici, une salle de classe aurait sûrement était plus approprié mais bon...Enfin, mon cher professeur fait son apparition :
- Tu vas mieux Iris ? Pas trop fatigué ?
- Non, ça va, je vous remercie. J'ai vite récupéré, je me sens très bien.
- Parfait, on va pouvoir commencer alors.
- Oui !!
- Pour éviter que l'incident d'aujourd'hui ne se répète il va falloir que tu renforce ton corps. Plus il sera résistant plus tu pourras utiliser ta magie sans te fatiguer. Dans ton cas, on a du boulot... Dit-il en me détaillant de la tête aux pieds.
Je me renfrogne. Je sais que je ne suis pas un mannequin et que j'ai quelques formes par-ci par-là mais quand même. Et puis je les aime bien moi mes poignets d'amour et mon petit bidou. Non mais ! Et puis c'est quoi ce prof qui fait sous-entendre à son élève qu'elle est grosse.
- Ah ben merci bien ça fait plaisir !! Vous savez monsieur, d'après un sondage les femmes avec un petit excès de poids vivent plus longtemps que les hommes qui le leur font remarquer.
Il s'empourpre et s'étouffe à moitié avec sa salive.
- Je... Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire Iris. Bafouille-t-il. C'est juste que tu n'es pas très musclé même pour une fille. Je ne sous entendais pas que tu étais grosse.
- Ah, d'accord...
Un silence gênant s'installe. Il y a un petit moment de flottement avant que monsieur Taraka ne se reprenne.
- Enfin bref, pour le moment, ton entraînement consistera à te muscler. Je t'ai donc préparé un enchaînement spécial. Une fois que tu arriveras à le faire sans difficulté, on passera à un autre stade. Tu es prête ?
- Oui monsieur ! Dis-je enthousiaste.
- Très bien alors je te montre.
Il installe le matériel nécessaire à l'enchaînement puis me montre certains exercices. À la fin, il me tend une feuille de papier où figure tout l'entraînement détaillé :
• Dix tours de gymnase pour s'échauffer.
• Cinquante abdos et cinquante pompes.
• Escalade de cordes pendant vingt minutes sans arrêt.
• Vingt tractions.
• Dix minutes de gainage, vingt minutes aux sacs de frappe.
• Dix tours de gymnase en accélérant à chaque tour.
• Et pour finir trois cents squats.
Je le regarde les yeux écarquillés.
- Vous voulez me tuer, c'est ça !!
- Non Iris, je ne veux pas te tuer, mais te muscler, nuance.
- Très bien allons-y alors. Dis-je résigné.
Je commence à faire les tours de gymnase sans trop d'effort ; je courais régulièrement chez moi. Mais quand on passe aux abdos et aux pompes, c'est la cata. Je fais à peine sept abdos et cinq pompes, on ne peut pas dire que les cinquante soient proches. Je ne vous parle même pas des tractions ou du gainage, c'est un fiasco total. J'arrive à peu près à monter les cordes, ce n'est pas bien difficile, mais le faire pendant vingt minutes non-stop, c'est impossible pour moi. Je ne vous parle pas non plus du sac de frappe, vous connaissez déjà mon talent dans ce domaine. Je ne fais que quarante-cinq squats sur trois cents et quand enfin arrive le moment de refaire des tours de gymnase, je suis tellement crevé que je m'arrête au bout de quatre. Enfin bref, vous l'aurez compris, j'ai du boulot...
Tout ce temps monsieur Taraka m'a regardé et soutenu ainsi que donner quelques conseils pour réguler mon souffle ou pour mon positionnement lors des différents exercices. À la fin de ce petit cours qui a finalement duré deux heures, nous nous séparons et partons chacun de notre côté. Je suis épuisé. Je n'ai pas la moindre idée de combien de temps il va me falloir pour réussir cet enchaînement. C'est irréaliste, je suis totalement découragé. J'ai beau être motivé ça m'a l'air insurmontable. Je me repasse rapidement l'enchaînement dans la tête... C'est vraiment de la torture. Dépitée, je me dépêche de rentrer pour prendre une bonne douche et me coucher le plus rapidement possible.
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A-3
ParanormalIris Weeler, une ado antisociale et marginale s'efforce de vivre une vie normale au sein de sa famille et de son lycée. A l'aube de ses 18 ans d'étranges évènements lui arrive. Du jour au lendemain elle se retrouve avec des pouvoirs sans savoir ce q...
