Alec
Je me laisse tomber lourdement contre le dossier de mon siège, les ressorts grincent sous mon poids tandis que j’étire lentement mes bras derrière ma tête, les muscles encore tendus de la nuit trop courte. Un sourire fatigué étire mes lèvres.
— Putain… les gens sont cons.
La porte du bureau s’ouvre dans mon dos, accompagnée du bruit familier d’une veste qu’on balance sans ménagement.
— Tu parles encore tout seul, Alec.
Je tourne légèrement la tête, sans même me redresser.
— Et toi, t’es encore en retard, Brett. Depuis quand tu te maquilles ?
Je ricane en désignant sa bouche du menton. Il fronce les sourcils, passe immédiatement sa main sur ses lèvres, agacé.
— Fais chier… elle fait exprès cette chieuse.
Il laisse tomber son sac sur sa chaise avant de souffler, clairement à bout.
— Hier soir elle m’a fait la gueule sans raison, silence radio, ambiance de merde… et ce matin, au moment où je pars, elle me saute dessus comme si j’allais mourir dans la journée. Les femmes sont incompréhensibles, sérieux. Je l'ai demandé en mariage, ça devrait suffire à lui prouver que je vais pas aller voir ailleurs.
Je hausse une épaule, amusé malgré moi. Brett, ça fait cinq ans qu’il est dans la police. Moi, je suis tombé sur lui dès mon arrivée, et on s’est jamais lâchés. Binôme solide. Complémentaire sans même forcer. Il est du genre calme, réfléchi, posé. Le mec qui observe avant d’agir. Qui choisit ses mots. Moi, c’est l’inverse. Je fonce. Je cogne. Je parle après. Les interrogatoires ? Lui, c’est le gentil flic. Moi, celui qui fait comprendre que ça peut très vite mal tourner. Il a ce côté propre, maîtrisé : cheveux châtain clair coupés courts, regard brun tranquille. Le genre de type qu’on sous-estime. Grave erreur.
— Pendant que je couvrais ton retard, repris-je en attrapant la clé USB sur le bureau, j’ai récupéré les images des caméras en face de l’épicerie.
Il s’approche immédiatement, son attention captée.
— Et vu ta gueule, t’as trouvé quelque chose.
Je souris, cette fois franchement.
— Exactement. Ton génie du crime… c’est une merde. Ce petit con n'est même pas capable de voler correctement. Il n'a même pas penser aux caméras d'en face. On le voit clairement briser la vitre avec une pierre avant de rentrer. Cinq minutes après il ressort les poches pleines.
Brett laisse échapper un souffle entre ses dents.
— Putain, les gens sont cons.
Je souris, mais cette fois, y a rien de léger dedans. Dans ce métier, le problème… c’est pas le crime. C’est les mecs assez cons pour croire qu’ils vont s’en sortir.
— C’est exactement ce que je disais. Et devine quoi ? On l’a déjà interrogé.
— Non… attends… me dis pas que c’est ce petit crétin qui s’appelle Robin, lâche Brett en débarquant derrière moi.
Je lance la vidéo, juste pour le plaisir de voir sa réaction.
— Si, mon pote.
L’image tourne. Le type brise la vitre, entre comme chez lui, ressort tranquille, les poches pleines et zéro cerveau.
— Mais quel abruti… il rentre ensuite chez lui comme si c’était une balade digestive.
— Et ce petit sourire qu’il nous a sorti en salle d’interrogatoire…
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BRISÉE
RomanceUne entrée fracassante dans un couloir d'université, un choc contre un regard bleu océan impossible à oublier... et déjà, tout dérape. ✔️ Une rencontre explosive ✔️ Un capitaine charismatique qui ne laisse pas indifférente ✔️ Une grande gueule qui a...
