Kiara
Je coupe le moteur avec un sourire qui me fend le visage, un vrai cette fois, pas un de façade. Le salon est là, juste devant moi, et bordel… il en impose. La façade est entièrement noire, mate, presque agressive, comme si elle te disait clairement ici, on ne fait pas dans le mignon. Les grandes vitrines sont recouvertes de portraits hyper détaillés, des pièces incroyables : des crânes, des femmes, des animaux, des compositions sombres avec des ombres parfaitement maîtrisées. Même de l’extérieur, je vois déjà la précision, la profondeur… le genre de travail qui te donne envie de t’asseoir et de fermer ta gueule.
— J’adore…, soufflé-je, les yeux brillants comme une gamine devant un magasin de bonbons.
Mais là, c’est pire. C’est pas du sucre. C’est de l’encre, de la douleur, et de l’art. Je claque la portière et je contourne la voiture, incapable de rester en place. J’ai déjà mon carnet dans les mains comme si c’était un putain de passeport pour entrer dans ce monde.
— Je lui ai dit que je passerais avec toi, tu verras il est cool, dit Amanda en ouvrant la porte.
Dès que je mets un pied à l’intérieur, ça me frappe. L’odeur. L’encre. Le désinfectant. Le métal. Un mélange propre, presque clinique, mais avec ce fond brut qui te rappelle que là-dedans, on marque les corps à vie. Je ferme une seconde les yeux, inspirant profondément. Putain… j’aime ça. Le salon est grand, ouvert, avec plusieurs postes de travail séparés par des paravents noirs. Les murs sont couverts de flashs, de dessins encadrés, de croquis punaisés à l’arrache, et de photos de tatouages cicatrisés. Y a de tout : du old school, du réalisme, du blackwork… un vrai terrain de jeu.
Je remarque direct les machines posées sur une table, alignées comme des armes. Les grips, les aiguilles emballées, les encres rangées par teinte. Je reconnais tout. J’ai déjà passé des heures à regarder des vidéos, à apprendre les bases, à comprendre les profondeurs de peau, les lignes, les ombrages… Je suis pas une touriste. Amanda m’attrape par le bras et me tire vers un mec blond, grand, avec des bras couverts d’encre. Pas juste quelques tatouages… non. Une vraie fresque vivante. Je le détaille sans aucune gêne. Ses bras, ses épaules, les lignes, les dégradés… je penche même la tête pour suivre un motif qui disparaît sous sa manche.
— Tu veux peut-être que j’enlève mon tee-shirt, tu pourras mieux me mater.
Je relève les yeux, prise en flagrant délit.
— Désolée… mais ouais, carrément, j’aimerais bien voir le reste.
Zéro filtre. J’assume. Il éclate de rire, amusé, pendant qu’Amanda lève les yeux au ciel.
— Tu nous ramènes qui ? demande-t-il en la regardant.
— C’est Kiara. Elle est à la fac avec moi… et elle dessine mieux que toi Lucas.
Il siffle, outré, en croisant les bras.
— Personne ne dessine mieux que moi.
Je souris, déjà piquée. On va vérifier ça.
— J’ai dessiné celui que je veux dans le dos.
— Montre-moi.
Mon cœur tape fort. Pas de peur. Juste… cette putain d’envie. Je lui tends mon carnet sans hésiter. Il l’ouvre, feuillette, et je vois son expression changer. Il ne rigole plus. Ses yeux suivent les traits, s’arrêtent, reviennent en arrière. Bingo.
— Ok… murmure-t-il. T’es pas venue pour rigoler toi.
— Jamais.
La porte du fond s’ouvre à ce moment-là, et là… putain. Un mec immense entre. Brun, barbe longue, épaisse, des piercings, nez, lèvre, et le corps recouvert de tatouages. Pas juste des petits motifs… non, des pièces lourdes, travaillées, qui racontent quelque chose. Il dégage un truc brut. Pas menaçant… mais faut pas le faire chier non plus.
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BRISÉE
RomanceUne rencontre épique dans un couloir le premier jour des cours, check ✔️ ! Foncer dans un beau gosse aux yeux océan qui est aussi le capitaine de l'équipe du bahut, check ✔️! Manquer de se faire virer à cause de sa grande gueule, check✔️ ! Se fa...
