Kiara
Tony hausse un sourcil, tranquille, en avalant une gorgée de bière comme si on parlait d'un truc simple.
— Carrément. Je me fais chier sans bouger. Tu sais que Alec est policier.
— Je sais. Ne me parle plus de lui. Si j’entends encore son prénom, je te jure que je te vire de chez moi. Et j’ai aucun problème à foutre un handicapé dehors.
Je ne plaisante pas. Pas sur ça. Tony me fixe une seconde, jauge ma limite.
— Tu l’aimes encore, pas vrai ?
Je redresse la tête, le regard noir.
— Tony. Barre-toi.
Il lève les mains en signe de reddition.
— Ok, ok… j’ai rien dit. On va faire comme s’il n’existait pas.
— Bonne idée.
— Ça va être compliqué vu la gueule que tu tires dès qu’on frôle le sujet.
Je lui lance un coussin.
— Ferme-la.
Il rigole. Moi, je m'allonge sur le ventre, ramène le dossier entre nous, l’ouvre d’un geste net. En mode analyse. Je cale mon menton dans ma main, les yeux déjà en train de scanner les pages.
Première photo, je le reconnais direct.
— Spencer Salvar.
Sa gueule passe en boucle aux infos depuis des semaines.
27 ans.
1m80.
80 kilos.
Cheveux châtain foncé.
Regard brun.
Visage banal.
— Il a pas une tête de tueur, me dit Tony en se penchant vers sa photo.
— Parce que les tueurs ont une tête ?
— J’ai déjà entendu son nom…
— T’as juste un programme ciblé. Sport, cul, bouffe. Le reste tu zappes.
— Hé !
— C’est bon, j’exagère à peine. Il est accusé de meurtre ce type.
Je tourne une page, mon doigt glisse sur les lignes, je lis vite. Très vite. Chaque détail s’imprime.
— Il est rentré chez lui vers 19h. Après le boulot. La voiture de sa copine était déjà là. Fanny. Il est passé par l’arrière, comme d’habitude. Sa maison était plongée dans le noir.
Je relève les yeux vers Tony.
— Déjà ça, c’est bizarre.
— Pourquoi ?
— Parce que si elle est là, elle allume. Personne rentre chez lui dans le noir complet.
— Ouais enfin, elle pouvait être malade, ou dormir, me dit Tony comme si c'était évident.
Je reprends.
— Il ouvre. Il entend des cris. Il court au salon.
Mon doigt s’arrête sur une ligne.
— Et là… il voit un homme agenouillé devant Fanny. Elle est allongée sur le dos.
Tony fronce les sourcils, soudainement plus intrigué.
— Ça pue.
— Grave.
— Le mec se relève direct en le voyant. Et là… blackout. Spencer se fait attaquer.
— Attends, me dit Tony en tapotant son doigt sur la suite. Il se réveille au moment où les flics sont arrivés. Fanny a été poignardée plusieurs fois.
VOUS LISEZ
BRISÉE
RomantikUne entrée fracassante dans un couloir d'université, un choc contre un regard bleu océan impossible à oublier... et déjà, tout dérape. ✔️ Une rencontre explosive ✔️ Un capitaine charismatique qui ne laisse pas indifférente ✔️ Une grande gueule qui a...
