Chapitre 50

3.9K 223 14
                                        

Kiara

— Alors ma belle… je t’ai attendue.

Sa voix me vrille les nerfs direct. Alec hurle encore dans le téléphone que je tiens, mais mes doigts lâchent. L’appareil glisse et s’écrase au sol. Putain. Je ferme les yeux une demi-seconde. Pas besoin de me retourner, je sais exactement qui est derrière moi. Son accent. Son souffle. Et surtout… son flingue collé à ma nuque.

— T’es pas mon genre, désolée, lâché-je, sèche.

Quitte à crever, autant rester moi-même.

— C’est ce qu’on va voir, répond-il calmement. En attendant, tu vas venir avec moi. Et crois-moi, j’hésiterai pas à te buter ici.

— Alors fais-le. Tire.

Une pression plus forte contre ma nuque me fait serrer les dents. Le métal s’enfonce un peu plus, comme pour me rappeler que c’est pas un jeu.

— Kiara… me pousse pas à bout. Tu vas me suivre bien gentiment.

Sa main passe devant moi, rapide. Je sursaute quand il m’arrache la clé USB de l'ordinateur.

— On se doutait que cette pétasse avait fait une copie… marmonne-t-il. Maintenant, plus personne la verra.

Connard. Je baisse légèrement les yeux vers le sol. Mon téléphone. Toujours en ligne. S’il n’a pas coupé… Alec entend tout.

— Ok, dis-je en relevant légèrement le menton. Je vais te suivre. On va où ?

— Quelque part. Avance.

Putain. La panique monte. Vraiment. Pas la petite montée d’adrénaline habituelle. Non. La vraie. Celle qui te dit que si tu montes dans cette voiture… t’es morte. Mon cœur cogne tellement fort que j’ai l’impression qu’il va sortir de ma poitrine. Réfléchis. Maintenant. Je bouge lentement… puis d’un coup, je me baisse, attrape mon ordinateur portable et me retourne violemment.

— Va te faire foutre !

Je lui balance en pleine gueule. L’écran explose contre son visage. Crac. Il gronde, sa mâchoire se crispe, et il tire. Le coup part à quelques centimètres de mon pied. Je recule de deux pas, le souffle coupé. Mes oreilles bourdonnent. Ma vision tremble. Putain… putain… Le canon revient. Direct. Cette fois sur mon front. Alec hurle quelque part, lointain, étouffé par le bordel dans ma tête. Je veux répondre. Lui dire de venir. Lui dire que je suis là, mais aucun son ne sort. Le regard du mec est glacé. Noir. Furieux. Clairement, il a pas apprécié l’ordi dans la gueule.

Il baisse les yeux une seconde… et écrase mon téléphone sous son talon. Crac.

— La prochaine, elle ira direct entre tes yeux, crache-t-il. C’est clair ?

Je ravale mes larmes. Lentement. Je hoche la tête. Putain. Il me fait signe d’avancer avec son arme. Je bouge. Une jambe. Puis l’autre. La voiture est juste derrière. Chaque pas me paraît irréel. Comme si j’étais plus dans mon corps. Comme si tout allait s’arrêter là. Je monte dans sa caisse, et pour la première fois depuis longtemps j’ai vraiment peur.

________

Je me gare devant le Platinium. À cette heure-là, l’endroit est méconnaissable. Plus de musique. Plus de lumière. Plus de monde. Juste un bâtiment immense, plongé dans un silence bizarre, presque malsain. Mon nouveau meilleur pote ne m’a pas lâchée une seule seconde pendant le trajet. Son arme toujours bien visible, bien prête. Comme si j’allais me téléporter à travers la portière.

— Pourquoi tu m’emmènes là ? demandé-je en coupant le moteur.

Aucune réponse. Évidemment. Il descend, fait le tour et m’ouvre la porte sans un mot. Sa main se referme immédiatement autour de mon bras, ferme, autoritaire. Je serre les dents mais je me laisse entraîner. C'est pas le moment de jouer les héroïnes. Mon ventre est complètement noué. J’ai la nausée. Mes jambes avancent mais j’ai l’impression qu’elles pourraient lâcher à tout moment. On contourne le bâtiment. À l’arrière, c’est une autre ambiance. Deux camions sont garés devant de grandes portes métalliques entrouvertes. Des types font des allers-retours en vitesse, chargés comme des mules. Des caisses énormes, des sacs, du matériel. Pas besoin d’être un génie pour comprendre.

BRISÉE Des histoires addictives. Découvrez maintenant