Chapitre 43

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Alec

Un tambour résonne dans ma tête. Non… plusieurs. Et quelqu’un gueule mon prénom par-dessus. Parfait. Je grogne en me retournant, manque de basculer du canapé et me rattrape de justesse. Attends. Canapé ? J’ouvre un œil. Mauvaise idée. La lumière m’explose la rétine, je referme aussitôt.

— Maman… qu’est-ce que tu fous là… ?

— Je suis chez moi, répond-elle, parfaitement calme. Toi, qu’est-ce que tu fais là ?

Ah. Putain. Je me redresse lentement, comme si mon cerveau allait se décrocher de mon crâne à chaque mouvement.

— J’en sais rien… marmonné-je en me frottant le visage.

J’ai la bouche pâteuse, le goût de la veille encore collé au palais, et un mal de tête qui me donne envie de me fracasser contre le mur pour que ça s’arrête.

— T’as fait quoi avec Tony cette nuit ? continue ma mère. Il dort encore, mais il a quand même une meilleure tête que toi.

Elle ricane. Super. Très drôle. Je me lève à moitié, lui pique sa tasse de café sans demander et me laisse retomber dans le canapé. Le café brûlant me réveille autant qu’il me démonte l’estomac.

— Il est quelle heure ?

— Onze heures. T’es en repos ?

Onze heures.… Putain. Kiara. On avait dit dix. Je me redresse d’un coup, trop vite. Mauvaise idée numéro deux. La pièce tourne, mon estomac fait un salto.

— Merde…

Je récupère mes baskets à l’arrache et les enfile sans même lasser correctement. Je fouille mes poches. Rien.

— Comment je suis arrivé là ? Mes clés, elles sont où ?

— Aucune idée. Ta voiture est pas devant. T’es sûr que ça va ? demande ma mère, un peu plus sérieuse.

Je vide la tasse d’un trait, lui rends, puis dépose un baiser rapide sur sa joue.

— Je suis en retard. Tout va bien.

Je me dirige déjà vers la porte.

— Je prends ta voiture, je te la ramène plus tard !

Je choppe ses clés sans lui laisser le temps de répondre et je sors presque en courant. Kiara va croire que je l’ai plantée. Et vu comment elle est… elle va pas juste le croire. Elle va m’enterrer pour ça. Faut que j’arrive avant qu’elle décide de me rayer définitivement de sa vie.

________

Je souffle quand je vois sa voiture dans la cour. Elle est là. Bordel, merci. Je coupe le moteur, sors rapidement et monte les marches. J’essaie de remettre mes cheveux en place avec mes doigts, mais j’ai une gueule de déterré. J’ai trop picolé, ça se sent. Je frappe. Rien. Je frappe encore, plus fort.

— Kiara ?

Toujours rien. Putain… elle va me faire la gueule, c’est sûr. Je tente la poignée, c'est ouvert.bJ’entre, referme derrière moi, le regard qui balaie la pièce. Anita revient quand ? Nan parce que là... y a un putain de bordel.

— C’est Alec. Je sais, je suis en retard mais...

Je m’arrête net. Mon cœur chute dans mon ventre. Kiara est au sol. Immobile. Tout s’emballe d’un coup. Le bruit dans mes oreilles devient assourdissant, mes mains deviennent moites.

— Putain ! Kiara !

Je me précipite vers elle, tombe presque à genoux à côté de son corps. Elle est étendue près du canapé, blanche. Trop blanche. Non. Non, non, non. Pas encore. Je la retourne sur le dos avec précaution, mais mes gestes sont tremblants, maladroits.

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