Chapitre 36

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Alec

Je retourne dans mon bureau, retirant mon équipement d’un geste mécanique. Mon polo est taché de sang. Je le change rapidement, garde ma ceinture avec mon arme et ma plaque, mais je range la radio et le gilet pare-balles. J’attrape un tee-shirt pour Kiara avant de ressortir. Trop de questions s’entrechoquent dans ma tête. Quelqu’un savait qu’elles s’étaient parlé hier. Fiona savait quelque chose. Quelque chose d’assez grave pour qu’on la tue. Et tout ça ramène forcément à Fanny. Spencer… Spencer n’est sûrement pas coupable de son meurtre. Je frappe à la porte de la salle d'eau. Aucune réponse. Je colle mon oreille contre le bois. Pas de bruit. Pas d’eau.

Putain… si elle s’est barrée...

J’ouvre d’un coup, déjà prêt à alerter tout le commissariat. Elle est là. Immobile. Comme figée dans le temps.

— Kiara… qu’est-ce que tu fais ?

— Il l’a trouvée ?

— Non, soupiré-je en entrant. Il est encore en route. Je te le dirai.

Je referme la porte et pose le tee-shirt près des serviettes.

— Prends une douche. Je reste devant.

Elle ne bouge toujours pas.

— C’était un piège… murmure-t-elle. Maintenant il y a mes empreintes partout. Sur elle. Sur la voiture… Comme avec Spencer.

— Tu penses que c’est la même personne ?

Ses yeux verts se plongent dans les miens. Cette putain de douleur dans son regard me percute en plein cœur.

— C’est de ma faute Alec. J’aurais pas dû insister. Elle voulait pas parler.

Je sais exactement ce qui se passe dans sa tête. Et ce qui me terrifie, c’est qu’elle n’a peut-être pas tort. Elle était surveillée. Et Kiara… Kiara pourrait être la prochaine. Je m’approche d’elle, doucement, et repousse quelques mèches collées à son visage. Son visage… celui qui m’a hanté pendant des années. Celui que j’ai essayé d’oublier sans jamais y parvenir.

— Tu es plus forte que tu ne le crois, Kiara.

Je glisse mes mains le long de ses joues et relève doucement son menton vers moi.

— Je ne sais pas comment mon cœur tient encore… Tu devrais sortir, Alec.

Mais elle ne recule pas. Moi non plus. Au contraire. Je m’approche encore. Trop près. Son regard me brûle. Le désir, brut, incontrôlable, passe dans ses yeux comme une décharge. Et je cède. Je capture ses lèvres dans un baiser brutal, presque désespéré. Comme si tout pouvait s’arrêter là. Elle répond immédiatement. Ses mains s’agrippent à moi, sa langue glisse contre la mienne avec urgence. C’est un baiser chargé de manque, de colère, de tout ce qu’on n’a jamais réglé.

— Alec… je te déteste.

Je n’écoute pas. Ou plutôt, je comprends trop bien. Mes doigts glissent sous son tee-shirt que je lui enlève sans la quitter des yeux. Ma ceinture suit, abandonnée dans un coin. Je la dévore du regard, incapable de m’arrêter. Mes mains parcourent son ventre, remontent lentement. Sa respiration se bloque.
Je passe derrière elle, défais son soutien-gorge qui tombe au sol. Je reviens face à elle. Elle est magnifique. Trop. Je l’embrasse encore, descends dans son cou, m’attarde sur sa peau chaude. Son corps réagit immédiatement, se cambre contre le mien. Je la sens frissonner sous mes mains. Je la sens contre moi. Entièrement. Je la rends folle. Et elle me rend pire.

— Continue… souffle-t-elle.

— Je ne compte pas m’arrêter.

Mes mains glissent le long de ses hanches, plus bas, ouvrent son jean avec lenteur. Je la sens trembler sous mes doigts. Chaque geste est une torture. Chaque seconde nous rapproche du point de non-retour. Je m’arrête net. Mon regard vient de capter quelque chose. Sur sa hanche. Le tatouage, à peine caché par son jean que je viens de baisser. Maintenant visible. Impossible à ignorer.

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