Alec
Je n’arrive pas à me concentrer plus de dix minutes sur mon dossier. Kiara n’arrête pas de bouger. Sa chaise grince, elle change de position toutes les trente secondes, passe une main dans ses cheveux, tape du pied, se frotte les bras comme si elle avait froid alors que la clim tourne à fond. L’interrogatoire n’a rien donné, on est revenus au bureau, et depuis… c’est l’enfer.
— J’arrive plus à réfléchir… murmure Kiara en se frottant violemment le visage. J’avais une idée… mais elle m’échappe.
Sa voix tremble. Elle est en débardeur, trempée de sueur. Des mèches collent à sa peau. Sa respiration est rapide, trop rapide, presque saccadée. Ses pupilles sont dilatées, ses traits tirés. Putain. Le manque.
— Par rapport à quoi ? demandé-je en gardant un ton calme. L’affaire ?
— Oui !
Elle se lève d’un coup. Mauvaise idée. Ses jambes lâchent presque immédiatement. Elle vacille, tente de se rattraper au bureau, rate, et finit par glisser contre le mur. Elle se replie sur elle-même, une main crispée sur son ventre.
— Laisse-moi partir, Alec… souffle-t-elle. J’ai trop mal…
Sa voix est cassée. Pas du cinéma. Du vrai.
— Pour aller voir un dealer ? Non.
— J’en ai besoin… putain… si tu m’aimes, donne-moi ma came !
— Du chantage ? Sérieux ? Trouve mieux.
Elle relève la tête d’un coup, les yeux brillants de rage.
— Je te déteste ! C’est de ta faute ! C’est à cause de toi que j’en suis là !
Elle se redresse en s’appuyant au mur, tremblante.
— Maintenant rends-moi mon sachet !
Je serre la mâchoire, et je respire. Je l’ai déjà vue comme ça. Chez son père. Le sevrage sauvage. La violence, les cris, les larmes, les insultes. C’était un putain de cauchemar autant pour elle que pour moi.
— Non, Kiara. Je suis peut-être parti, mais c’est toi qui as choisi de te droguer. Tu peux pas tout foutre sur moi. Trouve une autre façon d’encaisser. Tu comptes continuer toute ta vie ?
— J’ai pas besoin de toi ! hurle-t-elle. Dégage de ma vie ! Je t’aime pas ! J’aurais jamais dû te rencontrer !
Coup en plein cœur, mais je bronche pas. Je sais qu’elle ment. C’est le manque qui parle.
— Dommage, dis-je calmement. Parce que moi, je t’aime. Et je bougerai pas.
Elle fait à peine trois pas avant de se précipiter vers la poubelle. Elle tombe à genoux devant et vomit. Son corps entier se contracte. Ses épaules tremblent, ses mains s’agrippent au plastique comme si elle allait tomber dedans. Mais il n’y a presque rien qui sort. Juste de la bile. Son estomac est vide. Ça fait encore plus mal. Je me lève, récupère un mouchoir, et m’accroupis à côté d’elle. Elle pleure maintenant. Des larmes silencieuses qui coulent pendant qu’elle continue d’avoir des spasmes.
— J’ai trop mal… murmure-t-elle entre deux haut-le-cœur. Ma tête va exploser… laisse-moi juste un peu… je peux pas arrêter comme ça…
Je lui tends le mouchoir. Elle ne le prend pas. J’essaie de dégager ses cheveux collés à son visage. Elle me repousse faiblement, replonge vers la poubelle. Je la laisse. Son corps se vide de rien, et ça la détruit encore plus. Je vois les crampes passer dans son ventre, ses muscles se contracter. Elle tremble de partout.
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BRISÉE
RomantikUne entrée fracassante dans un couloir d'université, un choc contre un regard bleu océan impossible à oublier... et déjà, tout dérape. ✔️ Une rencontre explosive ✔️ Un capitaine charismatique qui ne laisse pas indifférente ✔️ Une grande gueule qui a...
