Chapitre 13

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Kiara

Il veut que je danse avec lui ?  La phrase tourne dans ma tête comme un truc beaucoup trop simple pour provoquer un bordel pareil dans mon corps. Mon cœur accélère sans aucune logique, ma gorge se serre, et pendant une seconde j’ai presque envie de dire oui sans réfléchir. Juste… oui. Mais Alison débarque avant que j’aie le temps de respirer correctement. Elle lui saute dessus, l’attrape par le cou et l’embrasse.

— Alec, enfin ! Allez viens !

Je reste figée une demi-seconde de trop, puis je passe à côté d’eux sans ralentir. Je regarde droit devant moi, parce que si je regarde une seconde de plus, je vais exploser un truc. Il a une copine. Une vraie. Alors pourquoi il joue comme s’il était libre ? Je serre la mâchoire et je m’enfonce dans la foule. La plage est déjà vivante. Le soleil descend doucement, orange, lourd. Les rires couvrent la musique, le sable est chaud sous les pieds, et tout le monde a l’air trop heureux. Je repère Tony en plein débat profond avec trois filles en maillot de bain.

Je prends mon élan et je lui saute littéralement dans le dos.

— BOUM !

Il vacille, renverse son verre et explose direct.

— BORDEL KIARA !!!

Son jean est trempé. Je me penche sur le côté, hilare.

— Oups. Comment t’as su que c’était moi ?

Il me choppe par les cuisses pour me stabiliser.

— T’es lourde, franchement. Faudrait penser à faire régime.

— Je fais 56 kilos, mec. Toi t’as juste pas assez de muscles pour assumer ton ego.

— Je rigolais, espèce de folle. Je peux te porter des heures sans problème.

Je pointe un rocher au fond de la plage.

— Tu cours jusque là-bas. Si tu me fais tomber, t’as perdu.

— T’es morte.

— On verra.

Et il part. Comme une fusée. Le monde devient flou autour de moi tellement ça va vite, je ris à en perdre le souffle. Le vent, le sable, les gens qui s’écartent. Et moi, je m’accroche à lui comme une sangsue.  Sauf que je joue sale. Je le chatouille. Partout.

— Arrête ! sale garce !

Je rigole encore plus fort.

— JAMAIS !

Je lui tire les cheveux, il me pince les cuisses, mais il ne ralentit même pas. Je me penche et je lui mords la nuque.

— AÏE ! T’es malade !

Ensuite je mets mes mains sur ses yeux. Erreur fatale. On bascule. Et on s’écrase dans le sable dans un mélange de cris et de rires. On roule sur nous-mêmes, incapables de s’arrêter de rire. Je me redresse la première, fière comme une gagnante.

— J’ai gagné.

Il est debout en une demi-seconde, et il m’attrape la cheville et me tire d’un coup.

— Tricheuse. J’allais gagner.

Je glisse dans le sable en hurlant. J’en ai partout. Dans les cheveux. Dans le tee-shirt. Dans le jean. J’en vais en avaler pendant trois jours.

— Tony !

Il s’arrête, l’air satisfait. Et sans prévenir, il me soulève. Sur son épaule. Comme un sac.

— Eh ! Repose-moi !

Je me débats en riant malgré moi. Et là il me chatouille. Vraiment. Je hurle de rire, incapable de respirer correctement.

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