Chapitre 14

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Kiara

Je me réveille vers treize heures, complètement éclatée. Ça faisait une éternité que j’avais pas dormi comme ça. Heureusement qu’Al m’a dit de pas venir, sinon j’aurais ressemblé à un cadavre ambulant. Par contre… qu’est-ce qui m’a pris de me droguer hier ?  Je grimace rien que d’y penser. Je descends en traînant les pieds… et là, vision d’horreur : Angélica et sa putain de cour de poules installées dans le salon. Le genre de scène qui te donne envie de faire demi-tour et de te rendormir pendant trois jours. Évidemment, elle me voit. Et évidemment, elle se lève avec son sourire faux-cul.

— Les filles, je vous présente Kiara. Kiara, je te présente Anastasia, Florence…

— Je m’en tape t'imagines pas. J'en ai tellement rien à foutre.

Je la coupe net, sans même ralentir. J’ai besoin d’un café avant de supporter cette journée de merde. Et d’une clope. Beaucoup de clopes. Je passe au milieu d’elles comme si c’étaient des meubles. Y en a une qui me dévisage comme si j’avais insulté sa mère. Franchement, j’ai peut-être envie de le faire. J’entre dans la cuisine en bâillant comme une sauvage.

— Anita, sors-moi de là avant que je devienne violente.

Elle rigole doucement en continuant de préparer je sais pas quel truc pour ce soir.

— Noah a dit qu’il t’avait appelée plein de fois. Ça va ?

Je lève le pouce en buvant une grosse gorgée de café brûlant.

— Impeccable. Enfin… ça ira mieux quand cette journée de merde sera terminée.

— Ton père revient demain soir.

Je souffle en allumant une cigarette.

— J’avais deviné. Les essayages vont devenir son pire cauchemar. Elle va regretter jusqu’à son idée de mariage.

Et moi ? Moi, je vais me faire un putain de plaisir.

— Kiara, pas dans la cuisine ! gronde Anita en me voyant fumer.

— Ouais t’as raison, je vais aller dans le salon.

— Non, je voulais dire dehors.

— J’avais compris. Mais j’ai pas envie de rater leur passionnante conversation.

Je trace jusqu’au salon, je m’affale dans le canapé comme chez moi, normal, c’est chez moi, et j’allume la télé en mode je m’en bats les couilles de votre existence.

— Kiara, tu ne fumes pas à l’intérieur.

Je tourne la tête vers elle, lentement, et je prends une énorme taffe bien lente, bien visible. Je souffle la fumée en plein milieu de la pièce, provocante.

— Sinon quoi ?

Ses yeux bleus me fusillent, mais elle garde son sourire de façade. Putain, elle joue bien la comédie devant ses copines.

— Attends que ton père rentre.

Je lâche un petit rire sec.

— Oh non, pitié, pas ça. J’ai trop peur.

Elle serre la mâchoire, puis retourne s’asseoir en faisant genre quelle gère. Elles reprennent leur discussion à la con. J’écoute à moitié… jusqu’à ce que j’entende l’info. QUOI ??!! Ils vont passer deux semaines en Europe, pour le voyage de noces. Deux putain de semaines. Je sens la colère monter direct, brutale, sans filtre. Mon père a jamais le temps pour moi, jamais. Même pas une journée normale sans boulot, sans téléphone, sans dossiers… mais pour elle ? Oh là, monsieur trouve le temps de partir en Europe. Putain. Ok. Stop. Je sors mon téléphone, je tape vite fait une recherche de détective privé. Y en a un pas loin. Parfait. J’envoie un mail direct, sans réfléchir, en expliquant juste assez pour qu’il comprenne que j’ai du fric et une bonne raison. Je relève à peine la tête quand la sonnette retentit. Angélica se lève direct, toute droite, toute parfaite. Petite épouse modèle devant son public. Ça me donne envie de vomir.

BRISÉE Où les histoires vivent. Découvrez maintenant