Chapitre 16

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Alec

Je suis réveillé depuis un moment. J’ai pas vraiment dormi, en réalité. La nuit a été… courte. Avec Kiara, on a fini par se perdre l’un dans l’autre, et putain c'était incroyable, mais dès qu’elle s’endormait, quelque chose venait la hanter. Des cauchemars. Violents. Bruyants. Elle se réveillait en sursaut, en larmes, sans même comprendre où elle était. Et à chaque fois, elle tremblait contre moi. Je sais pas ce qu’elle voit dans sa tête. Mais ça me plaît pas. Pas du tout. Je la regarde maintenant. Elle dort. Brune, peau pâle, visage tourné vers moi, ses cheveux un peu en désordre sur l’oreiller. Et bordel… Elle est belle. C’est pas normal. Ça me tape dedans comme un coup net. Je la regarde tout le temps depuis la première fois. Incapable de décrocher mes yeux d'elle. Ses traits sont doux quand elle dort. Trop doux pour quelqu’un qui fait semblant d’être aussi dure en journée. Elle m’hypnotise. C’est le mot oui. Je passe mes doigts sur sa taille, lentement. Juste pour vérifier qu’elle est là. Réelle. Même avec ses cicatrices… rien ne change. Ça fait pas reculer mon regard. Ça le retient encore plus. Elle est pas cassée. Elle est marquée. C’est différent. Et ça me rend fou. Je me penche et je dépose un baiser sur son épaule. Juste un. Puis je me lève doucement, j’enfile mon boxer et mon jean sans faire de bruit.

Je descends. L’odeur du café me frappe direct. Chaleur. Gâteau. Maison. Anita est là, dans la cuisine. La mère de Noah. Elle tourne la tête vers moi. Et son regard change immédiatement. Elle comprend trop vite, trop bien, que j'étais dans sa chambre.

— Salut Anita.

Elle me fixe comme si j’avais déjà fait une connerie.

— Alec… mets un tee-shirt. J'ai pas envie que la reine de cette maison prenne feu en arrivant.

Je souris en attrapant une part de tarte aux pommes.

— J’adore tes gâteaux.

Anita me regarde comme si elle cherchait à lire derrière mes yeux. Elle a exactement le même regard que son fils : direct, intrusif, impossible à fuir.

— Merci… Alors toi et Kiara ?

— Ouais.

Réponse simple, clair, pas besoin de faire un exposé.

— Tu dois t’éloigner d’elle, Alec.

Je souffle par le nez, un rire sans humour. Ah. Voilà. On y vient.

— Sérieusement ? C’est une épidémie chez vous ou quoi ? Noah m’a déjà fait la morale, maintenant toi ?

Elle ne répond pas tout de suite. Elle me sert un verre de jus de fruit, comme si elle avait tout son temps pour me démonter.

— Tu peux pas sortir avec elle de cette façon.

— Pourquoi ? Elle me plaît.

Mais genre vraiment. Vraiment.

— Elle va s'attacher à toi. Je l'aime comme ma fille, je t'assure. Et je veux qu'elle soit heureuse. Mais elle et toi vous ne pouvez pas sortir ensemble.

— Attends… vous préférez quoi ? Que je la regarde de loin ou qu’elle tombe amoureuse de Noah à la place ? J’ai pas l’intention de la quitter. Donc vous allez vous y faire.

Je repose le verre un peu plus fort que nécessaire.

— Sérieux… c’est quoi votre problème avec elle ?

Anita soupire. Long. Fatigué. Résigné. Elle ouvre la bouche… puis la referme. Comme si les mots étaient trop lourds.

— Sois gentil avec elle. Elle n’a pas eu une vie facile.

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