« Believe not in their clever words
Because faith inact(ed) are the loudest heard »
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La journée a été longue et mouvementée. Cela fait deux semaines que nous avons reçus les résultats d'analyse du tableau de Van Gogh et pour la troisième fois, l'oeuvre a été retournée avec des coordonnées GPS inscrites de manière faussement dissimulée. La routine désormais. Le seul point positif est le mail que monsieur Tomson m'a envoyé ce matin, un long remerciement pour mon travail fournis, saluant la qualité du dossier que je lui ai remis au sujet de la peinture.
Je suis ravie de récolter les fruits de mon travail et pour ce qui est du côté macabre de ces dossiers, ce n'est plus mon problème. Je me contente de faire mon travail, sans prêter attention à ce qu'il se passe dans cette entreprise en dehors de mon bureau. Le père d'Edgar a fini par traiter son cadavre découpé de la même manière qu'à son habitude. J'ai fini par me faire une raison et me mettre en tête que simplement faire mon travail serait plus simple. Être confrontée à un cadavre m'a assez traumatisée pour ne plus jamais vouloir le revivre, autant ne pas provoquer les choses. J'ai pensé à contacter les autorités, mais perdre ma place au sein de cette boite serait trop compliqué pour le moment, de ce fait, il est préférable de faire mon travail avec le sourire, comme si je ne savais rien.
Je n'ai pas eu de nouvelles d'Ofelia depuis mon déménagement. Je lui ai envoyé une multitude de message pour m'assurer qu'elle se portait bien, qu'elle ne m'en voulait pas, mais pas une seule réponse. Je culpabilise évidement, mais ma raison me permet d'être honnête envers moi même, ça ne pouvait plus continuer de la sorte j'ai pris la bonne décision. Mes soirées se ressemblent et sont beaucoup plus calmes. J'apprécies enfin de passer du temps dans mon salon sans avoir la crainte de voir mon amie débarquer dans un état lamentable accompagnée de son petit ami qui n'a aucun respect pour elle, et encore moins pour moi.
Quand à Edgar, nous ne nous voyons pas réellement ces temps ci, nous ne nous écrivons pas souvent non plus. Trois messages au total depuis plusieurs semaines. Selon ses dires il est très occupé avec son père, les décès sont plus récurants en ce moment. De plus, ils ont recueilli une jument blessée, victime de maltraitance et le corbeau emploi tout son temps libre à la soigner. Je ne peux pas lui en vouloir, je ferrais de même si j'en avais les moyens et les capacités. Cependant, ce matin en arrivant à mon bureau, j'ai trouvé une lettre m'étant destinée marqué du symbole de la maison Porter mélangée avec mon courrier habituel pour le travail. Il est cinq heures de l'après midi passé et je ne devrais pas trop tarder à rentrer chez moi. Je n'ai pas réussi à me résoudre à ouvrir cette lettre depuis ce matin. L'angoisse d'y voir une missive de rupture de je ne sais quelle pseudo relation ou quelque chose de la sorte m'envahit de plus en plus.
Le téléphone de mon bureau sonne et je m'empresse de le décrocher. En général, il est pour les urgences uniquement, mais Violet s'en sert parfois pour me demander de venir discuter. C'est quitte ou double.
« — Eleanor, je suis désolée de te déranger, quelqu'un est ici pour toi je peux le faire entrer ?
— Qui est-ce ?
— Il m'a dit qu'il s'appelait Edgar, il est déjà venu te voir il me semble.
— Fait le entrer... »
Qu'est ce qu'Edgar fait donc ici... À peine le téléphone raccroché, la porte s'ouvre sur le visage lumineux du corbeau. Il reste interdit sans oser avancer dans la pièce.
— Bonjour Eleanor.
— Bonjour Edgar, mes mains tremblent en agrippant la lettre qu'il m'a fait parvenir, j'allais justement l'ouvrir, dis-je en montrant l'enveloppe.
— Ah tu ne l'as pas encore lue ? La surprise se sent dans sa voix.
— Non je l'ai eu seulement ce matin et j'ai eu une journée chargée, je n'ai pas pris le temps de l'ouvrir, je suis navrée.
— Ce n'est rien. C'est juste assez surprenant qu'elle te soit parvenue uniquement ce matin. Je l'ai envoyée il y a presque une semaine. Enfin bon..., ses mains s'enfoncent dans les poches de son manteau et si je ne le connaissait pas je penserais qu'il est énervé alors qu'en réalité, il est gêné.
— Comment va ta jument ? je tente une distraction mais cela ne change pas son expression déconfite.
— Elle va bien, c'était pas facile de gagner sa confiance vu ce qu'elle a vécu mais ça arrive tout doucement. Elle me fait penser à toi, elle a ce regard..., ses yeux s'illuminent et se ternissent en une fraction de seconde. Bref, je suis là vis-à-vis de ma lettre. Je te laisse l'ouvrir ça sera plus simple que de t'expliquer cela en face.
J'entreprends de desceller sa missive en tentant de cacher au maximum le tremblement de mes mains. Ne sachant pas réellement à quoi m'attendre, milles possibilités me traversent l'esprit. Une fois le sceau fait de cire à cacheté enlevé, je déplie le papier vieillis qui se trouve à l'intérieur de l'enveloppe et la calligraphie d'Edgar apparait.
Ma chère Eleanor,
je suis navré de ne pas avoir eu plus de temps à t'accorder ces jours ci et j'espère que cela ne te blesses en aucun point. Si c'est malheureusement le cas, j'en suis profondément désolé. J'aimerais prendre le temps de passer une soirée avec toi pour une journée assez spéciale, libre à toi d'accepter ou non. Ce mardi, le vingt et un février, c'est mon anniversaire. Cela fait environ dix ans que je ne l'ai pas fêté, car je n'en avait ni l'envie ni la motivation et encore moins quelqu'un avec qui partager cette journée soi-disant spéciale. Mais cette année j'ai l'envie de partager ce moment avec toi. Ne te méprends pas, je n'attends aucun cadeau de ta part ou je ne sais quel autre démonstration matérielle de ta potentielle affection pour moi. Soit juste présente, si le coeur t'en dis et passe la journée avec moi, cela sera le plus beau cadeau que tu puisses me faire.
Tendrement,
Edgar.
Je replis la lettres et j'essaie tant bien que mal d'ignorer les larmes qui embuent ma vision. Nous somme le vingt et un février. C'est son anniversaire et je n'ai même pas pris le temps de lui envoyer un message alors qu'il désirait passer la journée à mes côtés. Le sentiment d'impuissance et de culpabilité que je ressens est comme un poignard en plein coeur.
— Je pensais que tu avais ignoré ma lettre délibérément et je suis venu parce que je ne supportais pas ton silence et ton absence. Je voulais une explication et je savais que je te trouverais ici vu l'heure. J'ai attendu toute la journée sans même penser à la possibilité que tu avais pu ne pas recevoir ma lettre. Je suis navré pour mon comportement. Je peux m'en aller si tu le souhaites, je ne veux pas te déranger plus que ça.
Cet homme est un ange, ce n'est pas possible. La tristesse dans ses yeux me donne le courage de me lever de mon fauteuil pour le retenir, je ne veux pas qu'il s'en aille. J'agrippe son poignet alors qu'il s'apprête à ouvrir la porte afin de quitter la pièce, et me blottit contre son pull. Ses bras se referment instantanément sur moi, et je l'entends relâcher un soupir. Sa cage thoracique se gonfle à nouveau et je sens son corps trembler légèrement. Mes mains passent sous son pull, à la recherche d'un contact avec sa peau.
Il m'a terriblement manqué.
Edgar sursaute en sentant ma paume se poser sur son dos mais son étreinte se resserre, laissant ses doigts se faufiler dans mes cheveux, les agrippant comme si je risquais de disparaitre.
— Je suis tellement désolée d'avoir gâché ta journée et de ne pas avoir pris de tes nouvelles. Je ne voulais pas te déranger avec ta jument et pour être franche, je passes mon temps ici à me creuser le crâne sur cette histoire de tableau alors que je me suis promis d'arrêter mes recherches. Je suis désolée.
Mes yeux rencontrent les siens et son regard me sourit. Sa prise dans mes cheveux s'amplifie et ses lèvres s'écrasent sur les miennes sans un mot. La délicatesse de son baiser me fait comprendre que peu importe mes explications, Je suis là et c'était tout ce dont il avait besoin.
— Je suis désolé, je sais que ce n'est pas polis de couper la parole des demoiselles, mais tu m'as beaucoup manqué.
Ses mots me font sourire et effacent le poids que je portais. Je n'ai pas tant que ça gâché sa journée.
— Qu'est ce que tu dirais si on essayait de sauver ton anniversaire en commandant des pizzas et allant faire une ballade à cheval ? Ça te ferrait plaisir ?
Mes doigts frôlent sa peau en les traits de son visage et son sourire s'agrandît.
— Tout ce que tu veux, du moment que tu es là.
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NEVERMORE
Novela JuvenilMais, le corbeau induisant encore toute ma triste âme à sourire, je roulai tout de suite un siège à coussins en face de l'oiseau et du buste et de la porte ; alors, m'enfonçant dans le velours, je m'appliquai à enchaîner les idées aux idées, chercha...
